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Smartphones, tablettes, armes secrètes de la drague au Sénégal

Tous les moyens sont bons pour atteindre son but, comme le disait l’autre. La couche juvénile africaine particulièrement celle sénégalaise, pour ne citer que celle-là, est plus que jamais obnubilée par la quête de la nouveauté.

Du coup, elle se voit prise en tenaille par le monde du capitalisme accentué qui respire et vit que de l’éternelle chasse au profit. Outre cette situation socio-économique, les jeunes « mélomanes » jouissent actuellement d’une nouvelle stratégie pour dominer ou désarmer leur proie, tant du côté des garçons que des jeunes filles. Le procédé est simple : il suffit juste de peaufiner et mettre en place la politique du « m’as-tu vu ».

Le « m’as-tu vu » n’est rien d’autre que la mise en œuvre de tous les moyens pour se faire remarquer dans la rue, à l’école, les quartiers, bref dans sa sphère géographique. A une certaine époque, le port vestimentaire était le moyen le plus efficace pour bien paraître. Mais, de nos jours avec l’avènement des TIC (Technologie de l’Information et de la Communication), les jeunes dakarois s’arrachent les cheveux pour avoir un téléphone portable de dernier cri, une tablette, Galaxie S6 ou Iphone 6, que sais-je encore.

Ces jeunes « branchés » ont donné une certaine connotation à ces moyens de communication. D’abord, avec les multiples services qui sont offerts, émettre et recevoir un appel n’est plus l’objectif premier de ces téléphones portables et autres. Désormais, pour tout simplement écouter de la musique, la radio, se faire des photos, se connecter à l’Internet ou faire des jeux, on n’hésite pas de positionner cet outil de communication à presque un mètre de la poitrine et un peu au-dessus de la tête. Une manière de montrer la qualité, la puissance, la marque ou même la couleur à tous ceux qui sont dans la circonférence. Et ce surtout quand il y a une cible (jeune fille ou garçon) à influencer.

Un nouvel instrument efficace pour « berner » sa proie

L’une des scènes s’est déroulée dans un but de transport en commun. La jeune fille, assise juste à côté du conducteur et faisant presque face au restant des passagers, détient un téléphone portable de marque Nokia de dernière génération. Et comme c’est devenu une manie pour la couche juvénile sénégalaise qui raffole la nouveauté, elle n’a pas cessé de manipuler son téléphone portable en le brandissant devant tout le monde comme si elle se mirait dans un mini-miroir (compagnon fidèle de nos sœurs). Du coup, son opération séduction fut bien payante. Car, tous les regards y compris le mien, étaient braqués sur la demoiselle.

Cependant, un autre jeune, juste assis à côté d’elle, fut piqué par la même mouche. Après avoir bien assisté à la scène, il décide de marquer son territoire. Le jeune garçon qui avait deux téléphones dans sa paume, ouvre son petit sac et dégaine une tablette. Illico, notre première actrice saisit le message et décide de redescendre sur terre.

Une opportunité pour le détenteur de la tablette d’attirer le regard des passagers et même celui de notre demoiselle. Mais hélas ! Elle doit bientôt descendre. C’est raté mon vieux. Une prochaine fois peut-être.

Laissez-moi vous dire que cette scène de notre bus se déroule à longueur de journée dans les coins et recoins de Dakar. Inconvénient : une aubaine pour les gros bras et malfrats. Ma génération a-t-elle perdu de repère ? Il est temps et grand temps qu’on revient à l’essentiel : l’amour du travail et de la persévérance dans la vie. Bon entendeur. Salut !

Gata Doré

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