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Hervé Yonkeu Red Chef de la BBC Afrique : ” Nous faisons maintenant de nouveaux programmes destinés aux jeunes”

BBC Afrique a fêté ses cinq annnées de délocalisation de ses programmes à Dakar le 21 juin dernier . Une occasion pour la radio d’ouvrir ses portes au site  Socialnetlink qui a reçu par la même occasion  Monsieur Hervé Yonkeu. De l’installation de la radio à Dakar en passant par la nouvelle grille des  programmes, Monsieur  le Red chef de la 105.6 FM  nous fait le bilan dans cette interview  exclusive.
Monsieur Hervé Yonkeu, peut-on dire que BBC Afrique a atteint l’âge de la maturité après son installation à Dakar  ?
 Le média, BBC a déjà atteint l’âge de la maturité. Nous célébrons simplement l’anniversaire de  la délocalisation de nos programmes radio à Dakar. Une délocalisation qui s’est faite de manière crescendo. En réalité les premières émissions ont commencé à être diffusées ici plus précisément le 21 juin 2010 et de manière crescendo on a pu délocaliser tous les  programmes radio jusqu’au premier julliet 2014, l’an dernier donc. L’ensemble de toute la production radio de BBC  Afrique est faite à partir de  Dakar. J’anticipe sur votre prochaine question. Vous me direz pourquoi Dakar?
A partir du Sénégal, il y a un grand Hub où on peut se pouvoir facilement dans la sous région; s’il s’agit  d’aller couvrir une activité, que ce soit au Cameroun, que ce soit au Gabon, ou au Togo, à partir du Sénégal on s’y rend plus facilement
Oui bien sûr ! pourquoi Dakar?
C’est tout simple, il faut dire que notre choix est porté sur le Sénégal, surtout parce que c’est un pays stable ! Il fallait qu’on soit dans notre zone de diffusion. Notre public cible c’est l’Afrique de l’Ouest et Centre francophone et le Magrheb. Il fallait donc qu’on s’installe dans un  pays où on est plus proche de notre auditoire. Il n’était pas indiqué de parler de l’Afrique en étant à des kilomètres.  On s’est dit qu’il était plus indiqué de parler à l’Afrique et de l’Afrique à partir du continent. C’est ce que nous avons fait depuis 2010 et nous avons porté notre choix sur le Sénégal, qui aussi,  en terme d’infrastructures quand même, est plus indiqué. A partir du Sénégal, il y a un grand Hub où on peut se pouvoir facilement dans la sous région; s’il s’agit  d’aller couvrir une activité, que ce soit au Cameroun, que ce soit au Gabon, ou au Togo, à partir du Sénégal on s’y rend plus facilement.
 Alors quels sont vos effectifs à Dakar et comment travaillez-vous ?
Je dois dire que c’est une très vaste question,  mais au Centre de production de Dakar, il y a une trentaine de journalistes dont dix huit nationalités et quelques Européens. Mais dix-huit nationalités issues de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Les programmes radio de Dakar vont de 4h à 19h tous les jours de la semaine. Donc ce qui donne à peu près quinze heures d’antenne. Et nous mettons l’accent sur les tranches d’information, c’est-à-dire qu’on a une grande Édition matinale, BBC Matin, qui  est quand-même le programme le plus suivi et qui va de 4 h à 8h. Il s’agit de  notre programme phare, qui est fait d’information et  de couverture de l’actualité.
Capture d’écran 2015-07-02 à 08.02.04Donc,  les gens qui travaillent à là radio  ne sont les même avec ceux qui travaillent  sur le site?
Voilà, je voulais en venir justement. Je vous  disais tantôt qu’on a délocalisé tous nos programmes  radio à Dakar. Maintenant la production digitale, c’est-à-dire le site internet, les réseaux sociaux et un petit bulletin de télévision qui s’appelle BBC Info, se font à partir de Londres. Il y a une équipe  dédiée au digital qui  est basée à Londres. Cela dit, nous faisons quand même un peu d’Internet à Dakar. Nous avons recruté une personne pour s’occuper uniquement du site web. Elle travaille en collaboration avec l’équipe de Londres. Donc il s’agit d’appuyer l’équipe de Londres mais à partir de Dakar. Tout ce que vous voyez en ligne est fait à partir d’ici.
Peut-on dire que vous donnez plus d’importance à l’actualité sénégalaise? 
Non, pas du tout car, nous sommes une radio internationale le public ciblé n’est pas uniquement sénégalais . C’est l’Afrique francophone. Donc s’il nécessite  que nous parlions d’une actualité du Sénégal, il faudrait qu’un auditeur camerounais  soit intéressé par cette information. Sinon  nous courons le risque de faire de l’actualité sénégalo-sénégalaise et d’être comme un collègue l’a souvent dit, une Radio Sénégal Internationale. (NDLR, RSI). Ce qui n’est pas le cas. Nous couvrons l’actualité d’ici comme toutes les autres actualités, et noter que sur le territoire sénégalais nous avons un correspondant comme nous en avons dans plusieurs pays. Nous jugeons ensuite de la pertinence de l’information, et il faudrait que cette information  comme je l’ai dit tantôt  intéresse notre auditoire, qui est large, et vaste.
 Nous recrutons les meilleurs et c’est un processus transparent? Il s’agit d’abord de faire un test écrit, ensuite, un entretien oral.
Alors comment faire pour intégrer la BBC, en tant que journaliste ?
Nous lançons toujours des campagnes de recrutement dont les annonces sont publiées dans les grands médias , les grands journaux comme le Soleil au Sénégal notamment, dans les grands quotidiens africains, sur Jeune Afrique et sur notre site internet. Là, je reviens d’une campagne de recrutement d’une journaliste ivoirienne qui était basée au Sénégal et d’une journaliste marocaine qui travaillait dans une chaîne marocaine. Nous  recrutons sur l’ensemble du continent. Nous recrutons les meilleurs et c’est un processus transparent? Il s’agit d’abord de faire un test écrit, ensuite, un entretien oral.
 Comment voyez-vous BBC Afrique d’ici quelques années ?Capture d’écran 2015-07-02 à 08.01.48
Oui je dois avouer que nous sommes un peu déçus. Le Sénégal où notre centre de diffusion est basé est malheureusement le pays où on nous écoute le moins. Ce qui l’explique, c’est le marché lié à ce que la plupart des médias sénégalais privilégient le wolof. Et puis il y a aussi cette espèce  d’influence psychologique par rapport à un média qu’on présente comme étant un concurrent mais qui ne  l’est pas en fait. Parce-que notre approche de l’information n’est pas le même. Je ne veux  pas citer de nom mais on se comprend. Il faut le dire, les gens ont tendance d’abord à aller vers la BBC Afrique pour l’information internationale. Mais cela dit nous ne nous laissons pas dominer par cette impression. Nous faisons de temps en temps des campagnes de marketing pour montrer que la BBC n’est pas RFI et que les gens ont également intérêt à écouter une autre approche du traitement de l’information qui est sur BBC.
Nous avons pensé rectifier notre tir et nous pensons que les résultats sont là. Parce-que dans un marché comme la Côte d’Ivoire, par exemple nos chiffres sont passés du simple au triple, en l’espace d’une année depuis que nous avons modifié notre grille de programme
Mais est ce que ce n’est pas au niveau du contenu de votre programme qui est trop sérieux ?
Absolument, c’est un reproche que l’on nous fait souvent en disant que ”La BBC est la radio de Papa” et que les jeunes ne s’y retrouvent pas aujourd’hui en écoutant BBC. C’est pourquoi justement, nous avons changé notre grille de programme radio pour la rendre plus dynamique, plus attractive et plus ciblée vers les jeunes. Aujourd’hui le personnel  en soi même  est jeune. Nous faisons maintenant de nouveaux programmes destinés aux jeunes, ce qui n’était  pas le cas par le passé. Nous avons pensé rectifier notre tir et nous pensons que les résultats sont là. Parce-que dans un marché comme la Côte d’Ivoire, par exemple nos chiffres sont passés du simple au triple, en l’espace d’une année depuis que nous avons modifié notre grille de programme

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