Technologie

Biotechnologies : Le Sénégal adapte ses textes au nouveau contexte des Ogm

Le Sénégal a pris l’option de revoir les textes régissant l’importation des produits génétiquement modifiés et la culture des plantes modifiées. C’est tout le sens de l’organisation d’un atelier ouvert à Dakar et qui porte sur les biotechnologies modernes.

Le directeur de cabinet du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Souleymane Diallo, qui a présidé l’ouverture de l’atelier a expliqué que cette rencontre a été organisée dans le cadre d’une gestion planifiée des risques liés à la mise en place du Plan Sénégal émergent. A ce titre, a-t-il indiqué, il est du devoir des autorités de travailler à renforcer les instruments juridiques sur l’introduction des Ogm dans notre pays en prenant les leçons apprises des autres pays ainsi que les résultats de recherche de l’expertise africaine et de la communauté internationale. En effet, selon le rapport 2013 de International service for the acquisition of agri-biotech applications (Isaaa), après 18 ans de commercialisation, la superficie des cultures génétiquement modifiées a augmenté de plus de 100 fois, passant de 1,7 million d’hectares en 1996 à  plus de 175 millions d’hectares en 2013 à l’échelle mondiale. Il faut reconnaître que les plantes génétiquement modifiées ont beaucoup contribué à la sécurité alimentaire, au développement durable et à l’adaptation aux changements climatiques.

Une contribution qui se traduit par une diminution de l’utilisation des pesticides de 497 millions de kg, une réduction, en 2012, de près de 26,7 milliards de kg dans les émissions de Co2 provenant de l’agriculture. Il y a aussi une économie d’environ 123 millions d’hectares de terre, protégeant ainsi les écosystèmes de pressions provenant de l’emblavement de terres agricoles. Le choix du Sénégal pour l’autorisation de toute introduction d’organismes génétiquement modifiés reposera, selon le directeur de cabinet du ministre de l’Environnement, sur une base de connaissances scientifiques qui ne souffriraient d’aucune contestation et délivrées par les experts chercheurs sénégalais. Au risque d’être « old fashion », nos textes doivent être revus et corrigés pour définitivement épouser ce qui se fait de mieux pour l’intérêt de nos communautés à travers une croissance forte soutenue par l’apport des biotechnologies modernes. Depuis avant-hier, les travaux en session ont démarré à travers plusieurs communications sur le statut de la biodiversité et de la biotechnologie dans le monde et l’Afrique, notamment avec les exposés des Pr Julian Adams de l’Université de Michigan et de Pape Maïssa Dieng de l’Université Gaston Berger.

Concernant le thème sur les cultures génétiquement modifiées en Afrique et expériences du Burkina Faso, les Pr Diram Makindé et Chantal Zoungrana et le producteur François Traoré ont expliqué les statuts et défis de la réglementation des cultures génétiquement modifiées en Afrique, avant de montrer l’expérience du Burkina Faso. Pour ce qui est de la deuxième journée des travaux, les discussions tourneront autour du plan d’action pour la mise en place d’un système de biosécurité fonctionnel au Sénégal et la sécurité des cultures génétiquement modifiées et leurs produits.

Babacar Bachir SANE 

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