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Rapport – Secteur des Tic : Le Sénégal «performe» moins bien

BM-Secteur-TIC

Selon la Banque mondiale, le Sénégal continue de faire face à des contraintes dans le secteur des Tic. son rapport 2016 sur le développement mondial consacré aux dividendes du numérique, en fait état.

Le secteur des Technologies de l’information et de la communication (Tic) est un des principaux moteurs de croissance du Pib au Sénégal aussi bien par sa contribution à la croissance du Pib que par sa part dans le Pib et c’est à ce titre qu’il tient une place importante dans le Plan Sénégal émergent (Pse).
Malgré tout, le Sénégal «performe» moins bien que d’autres leaders africains tels que le Ghana, le Kenya, l’Afrique du Sud, le Nigeria ou l’Ile Maurice où les taux d’usage de l’internet avoisinent les 50%. C’est du moins ce qu’a relevé hier Mme Louise Cord, directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Sénégal, à l’occasion de la présentation du rapport 2016 sur le développement mondial préparé par la Banque mondiale, consacré cette année aux dividendes du numérique.

Ce rapport met en évidence l’importance du secteur du numérique pour le développement d’une économie plus inclusive, plus efficace et plus innovante capable de générer des emplois et d’améliorer la fourniture des ser­vices aux citoyens et aux en­tre­prises.
Mais pour les fonctionnaires de la Banque mondiale, «le Sénégal est à la recherche de son second souffle». Nonobstant la volonté qu’affiche le gouvernement pour booster les Tic, le secteur demeure confronté à d’énormes difficultés. «Le mar­ché de l’internet reste essentiellement limité aux principaux centres urbains du pays, contribuant au creusement d’une fracture numérique entre zones rurales et urbaines et par conséquent un accroissement des inégalités économiques et so­ciales», note Mme Cord.

Avant d’ajouter : «Il n’y a pas assez de concurrence dans le secteur : le cadre légal et réglementaire ne favorise pas l’arrivée de nouveaux entrants, notamment pour la fourniture d’accès internet. Les infrastructures de connectivité existantes ne sont pas exploitées de façon optimale, soit parce que leur accès est limité, soit parce que leurs conditions d’exploitation et de gestion sont peu propices.» A ces faiblesses, la directrice des Opéra­tions ajoute, entre autres, que «les prix de l’internet freinent l’accès et l’usage de ce service par le plus grand nombre et la qualité des services internet. Le capital humain qualifié en Tic est insuffisant en quantité et en qualité. Enfin, il n’existe pas encore de cadre stratégique et institutionnel adapté au déve­loppement de l’économie numé­rique».
Pour redonner un second souffle au secteur des Tic, les fonctionnaires de l’institution de Bret­ton woods estiment que le Sénégal gagnerait à améliorer son cadre réglementaire. «La régulation a besoin d’un toilettage, notamment pour permettre l’arrivée de nouveaux ac­teurs, de nouveaux opérateurs, de fournisseurs d’accès à l’internet», recommande Isa­bel­le Hu­ynh, co-auteur du rapport. Sur le plan institutionnel, la banque demande à l’Etat sénégalais de mettre en place une vraie stra­tégie adoptée par le gouvernement qui donne une vision, des objectifs, des plans d’action in­clu­sifs.

«On voudrait un dialogue institutionnalisé ouvert au privé, aux consommateurs, aux citoyens. Pour nous, le numé­ri­que c’est aussi la possibilité pour les citoyens de mieux s’exprimer et d’être mieux entendus», soutient Mme Huynh. Ces partenai­res du Sénégal n’ont pas tout de même perdu de vue que le gouvernement sénégalais est train de préparer une nouvelle straté­gie du «Sénégal Numéri­que 20­20», en concertation avec l’en­sem­ble des acteurs publics et privés du secteur. La Banque mon­diale, selon Louise Cord, «se tient prête à l’accompagner dans sa mise en œuvre».

Contribution de 8,7% au Pib
La contribution du secteur des Tic au Produit intérieur brut (Pib) est actuellement estimée à 8,7% contre 7,8% en 2014. «Sur la période 2005-2014, il a représenté en moyenne 12% des recettes budgétaires de l’Etat. Cette croissance a été portée notamment par des investissements importants dans l’infrastructure publique et privée, et l’explosion du marché de la téléphonie mobile.

Pourtant depuis plusieurs années, la croissance s’essouffle sous l’effet de l’arrivée à maturité du secteur de la téléphonie mobile : le taux de pénétration de la téléphonie mobile était de 106% en 2014, mais le marché n’a augmenté que de 0,19% par trimestre cette année-là», précise le directeur de la banque. Aujourd’hui, «le secteur de l’internet, essentiellement mobile, constitue au Sénégal le principal potentiel de développement du secteur des Tic, avec une croissance trimestrielle de près de 3% en 2014 qui s’est néanmoins ralentie en 2015.

Tandis que l’Uit (Union internationale des télécommunications : Ndlr) indique un taux de pénétration du haut débit mobile de près de 15%, il est estimé que plus de 20% de la population utilisent internet».

dialigue@lequotidien.sn

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