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Mossadeck Bally : « La digitalisation du secteur du tourisme est un enjeu crucial,face aux nouveaux Big Tech et OTA »

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Extrait :

Mossadeck Bally est à n’en pas douter un pionnier dans son domaine. Le jour où il a décidé d’investir dans le secteur de l’hôtellerie en Afrique de l’Ouest, beaucoup s’étaient montrés réticents à son idée. Vingt ans plus tard, son groupe Azalaï s’est imposé comme un des leaders du secteur dans la sous-région. Mais ce Malien natif de Niamey ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Dans cet entretien exclusif accordé à «La Tribune Afrique», Mossadeck Bally revient sur les principaux enjeux et défis d’un secteur aussi exigeant que prometteur pour tout le continent.

La Tribune AFRIQUE – Comment en êtes-vous venu à vous intéresser au secteur touristique et plus précisément l’hôtellerie ?

Mossadeck Bally – En fait, c’est un pur hasard. Issu d’une famille de commerçants, j’ai rejoint l’entreprise familiale après mon baccalauréat en France et un diplôme en finance à San Francisco. Nous importions des denrées alimentaires et nous étions parmi les leaders de l’Afrique de l’Ouest. J’ai beaucoup appris durant cette période auprès de mon père qui était un très grand chef d’entreprise et un grand négociant. Il m’a transmis son savoir-faire.

Cependant au fil du temps, j’ai commencé à ressentir le besoin d’apporter une vraie valeur ajoutée. J’ai cherché à diversifier mes activités. J’ai pensé au départ à une usine de jus de mangue au Mali. Puis des amis, notamment des fournisseurs, m’ont suggéré de regarder du côté du secteur de l’hôtellerie, parce que rien n’y était encore fait. J’ai alors profité d’un appel d’offres de l’Etat malien concernant la privatisation des deux plus grands hôtels de Bamako en 1993. J’ai créé à ce moment-là ma propre société et je me suis porté candidat pour acheter le Grand Hôtel. Grâce à un prêt de la SFI (la branche de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, NDLR), nous avons pu rénover l’hôtel et acheter notre second terrain pour la construction d’un deuxième hôtel, qui a vu le jour en 2000. Il s’agit de l’actuel Hôtel Salam.

En 2004, nous avons participé à un autre appel d’offres au Burkina, où nous avons repris l’Hôtel de l’Indépendance, puis en 2007 l’Hôtel du 24 septembre en Guinée Bissau, puis en 2008 l’Hôtel de la Plage au Bénin. Aujourd’hui, nous comptons aussi à notre actif, l’Hôtel Marhaba à Nouakchott ouvert en 2016 et notre dernier né en mars 2017, Azalaï Hôtel Abidjan.

Quelle place tiennent les nouvelles technologies au sein de votre groupe ?

-L’une des clés de développement de notre groupe repose justement sur les nouvelles technologies. La digitalisation du secteur du tourisme est un enjeu crucial pour les acteurs de l’hébergement. Face aux nouveaux Big Tech et OTAs (Online Tourism Agency, NDLR), il est nécessaire de répondre aux attentes d’une clientèle toujours plus connectée et de la fidéliser, en lui apportant des services personnalisés (WiFi, IpTv,…, NDLR). Les nouvelles technologies nous permettent également d’optimiser les temps de réservation, les procédures de check-in/check-out, de réduire les formalités administratives et d’améliorer de manière générale l’expérience client. Elles permettent aussi d’optimiser la récolte de données de façon plus précise et structurée pour le suivi et la fidélisation de la clientèle.

Quels sont vos principaux projets pour les années, voire les mois à venir ?

-Il s’agit des projets de développement et de construction que j’ai déjà évoqués, en plus du projet de création de nouvelles marques répondant à une demande actuelle de la clientèle, de la formation plus accrue de nos ressources humaines, grâce à la création d’écoles hôtelières d’application. Et surtout de renforcer nos actions sociales à l’endroit des communautés que nous côtoyons pour créer davantage d’emplois dans la sous-région et donc de la valeur ajoutée.

Propos recueillis par Aziz Saïdi

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