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Malick Sylla Chef du service suivi de la qualité de service à l’ARTP « Le Mobile Banking peut être la véritable colonne vertébrale du développement économique et social au Sénégal »

Malick Sylla est le Chef du Service Suivi de la qualité de services et des opérateurs à l’Agence de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP). Il a accordé une interview à l’équipe de socialnetlink en marge du Forum sur la régulation en Afrique qui s’est ouvert ce mardi à Dakar. Le gérant de la qualité de service à l’Artp fait l’état des lieux du Mobile Banking en Afrique et plus particulièrement au Sénégal. M. Sylla est convaincu et reste tout optimiste quant à l’avenir de ce secteur porteur et générateur d’emplois au Sénégal et sur le continent africain.

Comment expliquez-vous le terme ‘’Mobile Banking’’ ?

Le Mobile Banking peut-être expliqué comme un moyen d’utiliser les services financiers via un réseau télécom avec une terminaison mobile. Cela est la définition la plus basique et la plus compréhensible au niveau des consommateurs.

En Afrique, le taux de pénétration mobile est très élevé. Actuellement au Sénégal, quelle est la situation ? Est-ce que les Sénégalais utilisent ce mobile ?

Tout à fait ! Il y a un gros paradoxe lié au Mobile Banking par ce qu’il est soutenu par deux secteurs d’activités. Le premier secteur porte sur les télécoms où le taux de pénétration dépasse 100% et l’autre secteur qui est bancaire où le taux de pénétration ne dépasse même pas 20% au Sénégal et en Afrique de l’Ouest de façon générale. Maintenant, force est de reconnaître que le service financier à travers le mobile est largement utilisé en Afrique de l’Ouest et au Sénégal. Dans ce même secteur d’activités, l’Afrique de l’Ouest est toujours en traîne par rapport à l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe. Des pays comme le Kenya, la Tanzanie sont carrément en avance en Mobile Banking. Au Sénégal, on peut aussi noter des efforts. C’est le cas de Wari, Joni Joni, Tigo Clash, Orange Money. Donc, le Mobile Banking progresse et avance bien au Sénégal. Mais beaucoup d’autres efforts restent à fournir des côtés de la régulation et des opérateurs et mais aussi des services financiers.

Qu’est-ce qui bloque au Sénégal l’avancée réelle du Mobile Banking contrairement au Kenya et en Tanzanie ?

J’ai fait le Kenya, la Tanzanie. Le problème majeur au Sénégal est la concertation. Il y a les compétences, les technologies de la même manière qu’au Kenya et en Tanzanie. Dans ces pays où il y a un Mobile Banking efficace, il y a une concertation continuelle à la base de manière permanente entre les différents services qui font progresser et avancer le secteur. Il y a une concertation très étroite entre la banque centrale, les opérateurs et le régulateur.

En Afrique de l’Ouest, le Mobile Banking pourrait être un facteur d’intégration parce que les gens parlent toujours de l’intégration. On a eu la chance d’avoir un opérateur sous-régional, la BCEAO qui regroupe une dizaine de pays.S’ Il y avait la concertation à la base entre les opérateurs, le régulateur et la banque centrale, le Mobile Banking pourrait faire de grands pas de géant en Afrique de l’Ouest.

N’existe-il pas une concurrence déloyale entre les opérateurs au Sénégal?

Il y a concurrence parce qu’effectivement la banque considère que les opérateurs n’ont rien à faire dans tout ce qui est Mobile Banking. Chose que l’on ne peut pas comprendre parce que les opérateurs ne posent que le support. Le vrai problème est le manque de dialogue et de concertations. Si tous les opérateurs de l’écosystème se réunissent autour d’une table, on pourrait savoir qui fait quoi, définir les rôles et les objectifs et faire des projections sur deux ou trois ans pour voir ce que cela va donner.

Ne pensez-vous pas que la qualité du Mobile Banking ne participe pas aussi à son développement ?

La qualité du service est l’un des principaux freins au développement du mobile banking au Sénégal. Avec la qualité du service, on peut capter ces genres de problèmes. La qualité est la première couche de tout développement de l’écosystème des télécoms. Avec la nouvelle dynamique de l’ARTP, la qualité des services sera davantage améliorée. Ce qui reste à faire, c’est de se réunir autour d’une table, d’impliquer tous les acteurs du secteur, de dresser un bilan objectif et sans complaisance pour voir ce qui marche et voir ce qui ne marche pas pour essayer de faire un autre design. Ce qui est vrai et certain est qu’aucune des parties de l’écosystème n’a vraiment su prendre le legs au bon moment de Mobile Banking au Sénégal. C’est un secteur porteur, générateur d’emplois. Il peut aussi booster l’économie de l’Afrique de l’Ouest.

Etes-vous optimiste pour le même déclic kenyan au Sénégal ?

Je suis très optimiste parce que à l’ARTP, on a eu la chance d’avoir un Directeur général du milieu qui s’y connaît bien, qui a de la vision et de l’ambition. Bientôt, on se mettra autour de la table pour essayer de parler, de designer ce nouveau secteur d’activité. Aujourd’hui, c’est le seul secteur d’activités où les pays en voie développement dominent les pays de l’OCDE. C’est un atout pour ces pays en voie de développement, pour le Sénégal en particulier de développer le Mobile Banking qui peut être la véritable colonne vertébrale du développement économique et social tant souhaité et tant préconisé par le Président avec le Plan Sénégal Emergent.

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