La Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a procédé, lundi 18 novembre, à l’ouverture de sa deuxième édition de la semaine de l’inclusion financière axée sur le thème central : «la digitalisation au service de l’inclusion financière : enjeux pour le secteur financier et les États membres de l’UEMOA».

L’objectif principal de cette rencontre est de réunir l’ensemble de l’écosystème financier afin de discuter des questions relatives au numérique notamment, à la digitalisation.

Pour cette deuxième édition, la BCEAO a décidé d’accélérer la cadence en s’appuyant sur 5 leviers essentiels pour la réussite de l’inclusion financière.

Il s’agit de mettre en place une réglementation proactive, de promouvoir l’éducation financière, d’adopter de nouvelles stratégies pour inciter les acteurs du secteur informel à se bancariser. D’accélérer le processus de la stratégie de l’inclusion financière des pays membres de l’union.

Et,enfin, de mettre en place de nouvelles réformes pour protéger les consommateurs face à l’évolution fulgurante de la digitalisation.

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Sur cette base, les acteurs regroupant banquiers, opérateurs, directeurs de services centraux, agents des ministères et établissements publics …vont se pencher, du 18 au 23 novembre, sur la problématique du numérique notamment la digitalisation.

À travers plusieurs panels, les cadres de haut niveau vont également aborder les enjeux, défis et opportunités de la digitalisation.

Les participants feront un état des lieux de la première édition. Et ensuite ils donneront d’autres pistes de solutions pour la réussite de l’inclusion financière, projetée à un taux de 75% d’ici 2020.

Le gouverneur de la BCEAO, Tiémoko Meyliet KONE, est formel: le processus d’inclusion financière doit s’inscrire dans une nouvelle phase d’accélération après les premières étapes de mise en œuvre.

Faisant l’état des lieux de la première édition, le patron de la BCEAO a constaté que les recommandations issues de celle-ci ont permis à certains pays de l’union d’engager des réformes d’envergure.

Ces règlementations ont permis aux Etats de concourir à la création d’un écosystème favorable à l’inclusion financière.

En guise d’exemple, le gouverneur a évoqué l’ouverture à tous les partenaires de services financiers dans certains pays de la technologie permettant de changer les données dans les régions de télécommunications, communément appelée canal USSD.

En outre, le gouverneur a informé que des avancés sont notées dans l’élaboration des stratégies nationales d’inclusion financières dans les 8 pays membres de l’UEMOA.

Les récents travaux de la banque centrale révèlent que la construction d’un indice synthétique d’inclusion financière pour les pays de l’UEMOA est primordiale.

Cet indice révèle d’ailleurs que les perspectives de l’amélioration financière résident dans l’exploitation des opportunités offertes par les nouvelles technologies.

Pour le ministre sénégalais des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo, cette nouvelle plate-forme d’échange entre les acteurs de l’écosystème économique et financier donne une nouvelle impulsion pour accélérer la dynamique de la transformation du marché.

La transformation digitale revêt une importance cruciale aussi bien pour les pays développés que pour les émergents, a rappelé l’argentier de l’Etat.

Selon les statistiques de la BCEAO, le taux d’inclusion financière s’est accru de 20 points de pourcentage entre 2014 et 2018, pour s’établir à 57,1%.

Les services financiers via le téléphone mobile ont contribué de manière significative à l’amélioration de ce taux avec un apport substantiel de 34% en 2018.

Concernant, l’indice synthétique d’inclusion financière, il s’est accru de 0,06 point entre 2017 et 2018 pour se situer à 0,443, sur une échelle comprise entre 0 et 1 (dernier rapport de la BCEAO sur l’inclusion financière).

Une performance liée aux efforts déployés dans l’Union par l’ensemble des acteurs pour rendre les services financiers plus accessibles aux populations.