Présent à Ziguinchor pour les besoins du 1er Forum des Petites et moyennes entreprises, le directeur du Bureau de mise à niveau des entreprises du Sénégal a accordé un entretien à ‘’EnQuête’’, au cours duquel il tire un bilan positif du processus de mise à niveau spécifique des entreprises de la Casamance. Il relève quelques contraintes d’ordre financier et estime qu’au moment où l’Afrique s’achemine vers la Zone de libre-échange, la mise à niveau doit s’étendre à l’ensemble du territoire national.

Le programme spécifique de mise à niveau des entreprises de la Casamance naturelle, entamé depuis quelques années, se poursuit-il ou est-il terminé ?

Le processus continue, pour de bonnes raisons, notamment celles relatives aux potentialités existantes dans cette région, en termes de ressource, mais aussi pour consolider les résultats obtenus et, surtout, pour ouvrir de nouvelles perspectives. J’estime que le potentiel dont regorge la Casamance naturelle n’a pas encore été entièrement exploité. Nous devons, aujourd’hui, aller vers l’approfondissement de l’exploitation de ces potentiels, au niveau agro-industriel, agro-forestier, halieutique, touristique, mais aussi au niveau de l’industrie culturelle et de la logistique.

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Par rapport à tout cela, nous devons poursuivre le travail. Sur la période 2015-2018, nous avons expérimenté un programme spécifique des entreprises des régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda, avec comme objectif d’accompagner, chaque année, 25 petites et moyennes entreprises (Pme) et 10 entreprises de taille plus importante.

A la fin de l’année 2018, le Bureau de mise à niveau a accompagné 82 entreprises dans la région naturelle de la Casamance. De la production maraichère à la transformation des produits laitiers, en passant par l’apiculture, l’hôtellerie, la restauration et l’hébergement surtout. Nombreux sont les campements qui ont bénéficié de l’accompagnement de la mise à niveau. En particulier ceux qui sont installés dans les îles et qui souffraient de l’enclavement. Même si ces structures offrent des produits touristiques intéressants, la contrainte demeurait.

Aujourd’hui, avec l’accompagnement de la mise à niveau, ces campements ont retrouvé le sourire, grâce aussi à l’amélioration de l’environnement des affaires. N’oublions pas qu’en 2013, le président de la République avait pris des mesures volontaristes et courageuses visant à exonérer de toutes taxes les entreprises installées ou les investisseurs qui souhaiteraient s’installer en Casamance, dans le domaine du tourisme. Ces mesures et l’accompagnement de la mise à niveau ont boosté le secteur du tourisme. Pendant la saison touristique, tous les hôtels affichent le plein, à Ziguinchor. Vous pouvez vous-même le constater. Le taux de remplissage s’est nettement amélioré. Ce sont des retombées économiques importantes pour la région et pour les populations.

C’est dire que la mise à niveau a obtenu les résultats escomptés ?

Absolument ! C’est ce qui, d’ailleurs, explique notre présence, aujourd’hui, à Ziguinchor, à l’occasion du lancement de la 1re édition du Forum des Pme. C’est pour montrer que la mise à niveau va continuer à accompagner les entreprises de la Casamance ; va continuer, aussi, bien entendu, avec l’appui des plus hautes autorités, à faire de sorte que le tissu économique de la Casamance qui, pendant longtemps, été déstructuré, reprenne toute sa place et contribue plus efficacement à l’effort de développement économique et social du pays.

Dans ce processus de mise à niveau des entreprises de la Casamance, vous avez certainement rencontré des difficultés ?

Oui ! Des difficultés, oui ! Notamment sur la question du financement. La mise à niveau n’est pas un programme de financement. La mise à niveau est un programme d’accompagnement de l’investissement. Et donc, pour investir, il faut du crédit, il faut avoir de l’argent. Et souvent, cet argent-là fait défaut. Mais nous avons senti des améliorations par rapport à cette question. Le Bureau de mise à niveau a noué des partenariats avec des banques de la place qui, aujourd’hui, sont plus sécurisées, plus enclines à donner les financements. C’est dire que la contrainte du financement est en train d’être levée.

L’autre difficulté réside dans la disponibilité des primes pour encourager l’investissement. Mais cela est du ressort de l’Etat. C’est à lui de jouer sa partition.

Heureusement, les autorités sont suffisamment sensibilisées, sont très conscientes des enjeux, surtout que nous allons vers une zone de libre-échange continentale où les produits des autres pays vont envahir le marché local. Si nos produits ne sont pas suffisamment compétitifs, si nos entreprises ne sont assez outillées et accompagnées, je pense qu’on perdra la bataille de la compétitivité de nos produits et services. Je n’en doute pas, les autorités vont jouer leur partition, en dotant le Programme de mise à niveau de ressources suffisantes pour que ce programme, qui est apprécié par les chefs d’entreprise bénéficiaires, puisse continuer et accompagner davantage et les entreprises de la Casamance, mais également les entreprises du Baol, du Saloum, du Walo, du Djéri, de tout le pays. C’est cela l’équité dont parle le président de la République. L’équité territoriale voudrait que toutes les entreprises soient accompagnées sur toute l’étendue du territoire national.

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