L’entrepreneuriat comme un virus  vit dans le sang de beaucoup de jeunes africains. C’est en quelque sorte le résumé de l’entretien avec Elisabetta Demartis, experte internationale en Digitalisation.

Ayant vécue au Sénégal et dans plusieurs pays africains, Elisabetta travaille avec Enabel, une agence de Coopération au développement du gouvernement belge, qui développe beaucoup de projets et initiatives de pointe dans différents pays d’Afrique.

Dans un entretien avec le service Com de l’Agence, elle explique  et donne quelques idées relatives aux défis liés à la promotion de l’entrepreneuriat  numérique en Afrique de l’Ouest.

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« Je travaille en Afrique de l’Ouest depuis 2013, toujours dans des projets liés au développement et à l’accompagnement des jeunes à l’entrepreneuriat agricole. J’ai pu constater au fil de mes expériences que beaucoup de jeunes ont cette envie de contribuer à résoudre des problèmes de la société, et qu’ils rêvent d’entreprendre de transformer cette volonté en opportunité de trouver leur place dans la société en créant leur boîte » a -t-elle dit avant de souligner que  ce potentiel a du mal à trouver sa place.

En effet, un des défis est le manque de soutien du secteur public. « Même si la législation de certains pays africains permet aujourd’hui de créer rapidement une entreprise, il y a peu de politiques d’aide aux jeunes entreprises, par exemple par des financements et des réductions de charges fiscales ou sociales » se désole -t-elle.

Elisabetta Demartis précise également qu’il y a un manque cruel d’accompagnement focalisé sur le marché. « Les programmes existants sont centrés sur le renforcement des capacités, sur la confiance en soi, sur la création d’un business plan, mais tout cela reste très théorique. Il faut plus d’initiatives pour aider les entrepreneurs à chercher des débouchés pour leurs produits ou leurs services. Car ce manque de soutien fait que peu de startups arrivent à pérenniser leur modèle: elles arrivent à peine à couvrir leurs coûts de fonctionnement, et survivent grâce aux financements venus des programmes de coopération au développement et d’autres acteurs similaires. Avec comme conséquence paradoxale que la startup se concentre plus sur la recherche de financement que sur la consolidation de son business.« 

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Pour l’experte, le plus grand défi est de changer cela. ‘C’est un défi d’autant plus grand que le pouvoir d’achat local est faible, ce qui rend évidemment plus difficile de convaincre les populations locales d’acheter les produits. D’où la nécessité d’une réflexion approfondie sur les business modèles. ‘

Pour rappel, Elisabeth s’occupe de développer des solutions et des stratégies numériques pour accompagner les différents projets dans le domaine de l’entrepreneuriat agricole, de la santé et de la formation, dans la réalisation de leurs objectifs respectifs, en impliquant mieux les partenaires et en capitalisant les innovations numériques déjà développées par des entrepreneurs africains et non.

D’ailleurs elle travaille sur un projet avec l’Etat du Sénégal qui  comporte trois volets principaux dont  la mise en place d’un agropôle – un pôle industriel pour l’agroalimentaire – dans la région de Sine Saloum, un appui à l’accès aux soins de santé de qualité pour les femmes, les enfants et les adolescents, et enfin un renforcement de la formation des jeunes, surtout en matière d’entrepreneuriat. 

Avec Enabel.be  / Credit photo

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