Au pays de Mobutu, les entreprises font preuve de résilience en cette période troublée. C’est la raison pour laquelle, Kin’Innov multiplie les initiatives pour booster l’écosystème Tech congolais en cette période troublée. Shola Deen, fondateur de Kinstartup Academy et des Ishango Days en est le principal architecte. Plusieurs centaines de participants avaient répondu lors des Ishango Days. L’objectif était simple : booster l’écosystème entrepreneurial congolais durant cette pandémie et préparer l’après-COVID 19 

Compte-tenu du contexte, les Ishango Live Days ont été une réussite grâce à une diffusion sur Zoom, Youtube et Facebook. «Il nous a fallu une grande réactivité pour la proposer au plus grand nombre. Une vingtaine de structures nous ont apporté leur contribution pour faire de cet événement numérique,  une réussite», a réagi Shola Deen. A la tête de Kin’Innov, ce grand passionné de tech et fervent défenseur de l’innovation congolaise est fier de la réactivité de ses équipes.

«Elles ont été formidables car le COVID 19 a perturbé notre organisation mais nous avons réussi à opérer une mutation rapide tout en assurant un contenu de qualité pour les participants»,explique-t-il.Ce forum, d’une durée de six jours a beaucoup plu: «notre rôle était de donner beaucoup de conseils aux entreprises. En cette période de COVID-19, il était opportun de contribuer à l’essor du tissu entrepreneurial et accompagner la jeunesse vers l’autonomisation entrepreneuriale», explique Baya Balla, fondateur de Baziks. Un succès qui ne se dément pas avec des vidéos vues jusqu’à 25 000 reprises et plusieurs centaines de participants qui ont répondu à l’appel.

 A la tête de Kin’Innov et fondateur de la Kinstartup Academy, Shola Deen vise grand mais il se rappelle du jour où il a entrevu le potentiel de la scène tech congolaise et son apport à la société et au continent. «Tout est parti du constat des nombreuses innovations enfouies et cachées dans nos quartiers et dans nos communes et la nécessité de stimuler encore plus d’innovations dans le rang de la jeunesse congolaise», analyse-t-il. Puis il poursuit: « Nous avons mis en place pour les jeunes entrepreneurs congolais un incubateur aux standards internationaux pour leur permettre de bénéficier des meilleures conditions pour lancer leurs projets», indique-t-on au sein du Kinshasa Forum Innovation.  A l’heure actuelle, le Kinshasa Forum Innovation soutien une quarantaine d’entrepreneurs afin de les conduire sur le chemin de la croissance économique.

Sur la voie de Schoolap

En cette période de confinement mondialisé, KinnInov s’organise pour ré-orienter les business modèles des start-ups en les adaptant à la situation actuelle. «Nous avons mis le focus sur les projets d’e-commerce. L’objectif est d’inciter les entrepreneurs à vendre sur ces plateformes afin de faire perdurer leurs entreprises», indique-t-il. Depuis trois ans, nous avons accompagné une centaine d’entrepreneurs et de porteurs de projets. «Cette mission est une vocation. Nous sommes des réceptacles et des développeurs de talents en RD Congo. Lutter contre le chômage des jeunes signifie qu’il faut soutenir davantage les entrepreneurs en pérennisant leur projet afin qu’ils créent des emplois», explique-t-il.

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Alors qu’une start-up congolaise (Schoolap) a annoncé récemment avoir réalisé une levée de fonds à hauteur de 500 000 euros, Shola Deen espère que d’autres startups congolaises suivront la voie tracée. «Nous avons beaucoup de potentiel dans notre pays. En période de confinement, on n’exporte plus de matières premières. Il n’y a que le digital qui fonctionne. Une partie de l’économie de notre pays repose sur nos épaules», juge-t-il.

Vive le webinaire !

Les perturbations liées au fonctionnement durant la pandémie les obligent cependant à adapter complètement leur organisation. «On fonctionne avec des webinaires. Une trentaine de personnes sont connectées et assistent aux conférences que nous organisons avec plusieurs personnalités ou entrepreneurs, cela motive nos jeunes pousses durant cette période», affirme Shola Deen. «Mais ce qui les motive par-dessus tout, c’est regarder la situation du monde et comprendre que notre pays et l’Afrique ont besoin de leurs solutions pour continuer à faire tourner l’économie. Il y a une prise de conscience de nos responsabilités». Que ce message puisse être entendu sur tout le continent et au-delà.

Mais le combat de KinInnov dépasse le simple cadre des projets technologiques en cours. «L’objectif est de donner envie aux jeunes d’entreprendre. C’est pourquoi nous avons créé le Kinstartup Academy. A travers ce programme de télévision, nous donnons l’envie aux jeunes de créer leurs entreprises en diffusant le programme sur la TV nationale», dit-il. Un combat juste qui reprend la célèbre phrase de Confucius: «Si tu veux grandir un an, fais une plantation de riz. Si tu veux grandir 10 ans, plante un arbre. Si tu veux tracer ta route sur cent ans, éduque la jeunesse». Et KinInnov semble bien enraciné sur son territoire pour continuer sur sa lancée.

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