La Délégation générale à l’Entrepreneuriat des Femmes et des Jeunes (DR/FJ) poursuit sa visite auprès des acteurs de la filière anacarde de la Casamance. Après l’étape de Ziguinchor, le Délégué général a fait cap à Sédhiou ce vendredi 26 juin. Ce, pour visiter des unités de transformation et des sites de stockage de noix de cajou et rencontrer les acteurs de la région. Ici, Papa Amadou Sarr et sa délégation, après une visite de courtoisie au Gouverneur de la région, se sont rendus, tour à tour, à l’Unité de transformation de noix d’acajou de Moussa Diaité (Cajou Casamance), à l’entrepôt pilote de stockage de noix de cajou brutes et à l’Unité de transformation et de conditionnement de noix d’anacarde du GIE pépiniéristes agro-forestiers de Bacoum.
 
Le secteur de la transformation plombé par un manque de financement
 
Sur place, le Délégué général de la DER a constaté de visu que certaines de ces unités de transformation n’étaient pas opérationnelles par manque de financement. C’est le cas de l’usine de Moussa Diaité. Installée en 2011 avec l’appui d’un bailleur américain pour «combattre» les exportations du produit par des étrangers et accompagner les jeunes de la localité pour rester sur place, cette unité est à l’arrêt depuis 2017 à cause de la vétusté des machines et le manque de ressources financières.
 
500 millions pour redémarrer les activités
 
Selon le propriétaire de l’usine trouvé sur place, les machines ont atteint leur limite d’âge car aujourd’hui, elles n’arrivent plus à rentabiliser. Elles font une perte de 50% par rapport à la production. Une situation devenue insupportable pour lui. Il signale que son unité de transformation avait une main-d’œuvre estimée à 100 employés dont 50% de femmes.

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Pour changer les machines, acheter de la matière première et redémarrer les activités en toute quiétude, Moussa Diaité a demandé un financement de 500 millions à la DER. Cette dernière, pour sa part, s’est engagée à satisfaire sa requête.
 
Une ligne de crédit d’un million débloquée en faveur d’une dizaine de femmes
 
A l’entrepôt pilote de stockage de noix de cajou brutes, il n’y a qu’un seul magasin dont la capacité est estimée à près de 500 tonnes. Ici, le Délégué général de la DER a trouvé une équipe de femmes dévouées à la tâche. Ces mères de famille analphabètes s’activent dans le tri des noix de cajou à longueur de  journées pour survivre. Elles sont rémunérées à 150 francs Cfa le sac. Une somme dérisoire pour Papa Amadou Sarr, qui a tout de suite réagi en leur proposant, dans un premier temps, un crédit de 500 mille à 1 million par personne, pour être autonome économiquement. Mais, elles ont hésité en se regardant dans les yeux. Ainsi, il leur demandent de combien elles ont besoin en termes de financement. Après une petite hésitation car, surprises par cette réactivité du patron de la DER, elles ont demandé juste 50 mille francs Cfa pour un début. Ainsi, Papa Amadou Sarr a instruit son équipe de prendre leur contact pour leur accorder une ligne de crédit en revolving de 1 million de francs Cfa, à raison de 100 mille francs par personne avec un taux de 5%.
 
Très contentes, les femmes ont renseigné qu’avec ce crédit elles pourront s’activer désormais dans le commerce de poisson qui, selon elles, est beaucoup plus rapide et rentable dans la zone.
 
Un pont bascule et des magasins de stockage promis aux acteurs
 
Saliou Diouf, le gérant de l’entrepôt, après s’être réjoui de cette visite, a lui aussi exposé son problème au Délégué général. Ici, ils sont confrontés à un manque de pont bascule, de logistiques et d’entrepôts pour accélérer le travail et satisfaire la demande des petits producteurs d’anacarde. Une doléance qui a été bien entendue par Papa Amadou Sarr. Lequel s’est engagé avec le Gouverneur de Sédhiou à réaliser deux à trois autres entrepôts d’une capacité de 1000 à 2000 tonnes chacun. Ils ont aussi pris l’engagement d’investir sur un pont bascule avec toute la logistique qui l’accompagne.
 
Le Délégué général a également visité l’Unité de transformation et de conditionnement de noix d’anacarde du GIE pépiniéristes agro-forestiers de Bacoum. Il s’agit d’une unité dont le promoteur, Moussa Dramé, a été financé par la DER cette année à hauteur de 50 millions de francs Cfa. Installée cette année pour une phase de test, on y collecte et traite des noix d’anacarde pour l’exportation.   
 
Moussa Dramé renseigne que le financement de la DER lui a permis de créer des emplois et acheter des noix. C’est pourquoi d’ailleurs, il a profité de l’occasion pour demander à Papa Amadou Sarr d’élargir le financement à d’autres opérateurs de la région.
 
Enfin, le Délégué général de la DER s’est rendu à la Chambre de métiers de Sédhiou pour un échange fructueux avec les producteurs, transformateurs et commerçants d’anacarde de la région. A ce titre, les acteurs sont revenus sur les problèmes qui se posent au niveau de la filière. Il s’agit notamment de la problématique de la clôture des champs de production de noix de cajou. Ce qui fait que les animaux y divaguent et mangent les plantations, causant ainsi une perte qu’ils estiment à 20% de la production de chaque acteur.
 
Et face à cette problématique, le Délégué général s’est engagé à les appuyer pourvu qu’ils comprennent les enjeux et les coûts qui sont calculés.
 
«Un coup de maître»
 
Ibrahima Khalil Sagna est le président du cadre régional de concertation des opérateurs de la filière anacarde de Sédhiou. Pour sa part, il a exprimé un sentiment de satisfaction. «Pour une première, c’est un coup de maître. Vraiment nous remercions aujourd’hui la DER pour son initiative dont beaucoup d’acteurs ont bénéficié et qui en sont fiers», a-t-il lancé.
 
 
Seneweb

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