« Le Pr Iba Der Thiam est décédé ce soir à l’hôpital Principal de Dakar des suites d’une courte maladie. Une information confirmée par une source au sein de sa famille.Né en 1937 à Kaffrine, au Centre du pays, l’ancien fondateur de la Cdp/Garab-Gui a continué à servir à l’université même après sa retraite en 2003 et des années durant. Il a été ministre de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur.« 

Socialnetlink partage avec vous ce portrait sur ce grand enseignant, historien.

Le parcours professionnel «élogieux» du professeur Iba Der Thiam, 82 ans, est aujourd’hui entaché par la polémique née à la suite de la publication des premiers tomes de l’Histoire générale du Sénégal, des origines à nos jours.

Ça devrait être la der de ses recherches, mais le Pr Iba Der Thiam est au cœur d’une controverse. L’homme est pourtant un intellectuel pondéré, conciliant, qui n’aurait pas voulu se retrouver à la Une de l’actu. Quel coup du destin, car il est connu comme l’un des meilleurs historiens du Sénégal. Son nom est contenu dans un nouveau chapitre des annales de l’Histoire général du Sénégal, dont il assure la coordination de la rédaction.
La polémique née de la parution de l’ouvrage Histoire générale des origines à nos jours le ramène au centre des débats.

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En effet, l’universitaire de 82 ans est accusé par des descendants d’érudits de l’islam et rois d’avoir falsifié l’histoire de leurs aïeux. En 2017 déjà, comme un signe prémonitoire, le politicien Ousmane Faye de la coalition Mankoo wattu Senegaal critiquait la nomination de l’historien à ce poste. «Nous réitérons que Iba Der Thiam n’est pas un exemple. La preuve, malgré tout ce que Me Wade a fait pour lui, il a été le premier à le quitter dès qu’il a perdu le pouvoir. Tout en gardant son mandat de député  de Wade et ses avantages avant de retourner au finish quelques litres de carburant. En vain. C’est la raison pour laquelle, nous pensons qu’une telle personne ne peut pas écrire l’Histoire du Sénégal. Nous demandons à l’Etat de lui retirer le projet dans lequel il est en train d’injecter beaucoup d’argent. Car, les livres n’auront aucune crédibilité», soutenait-il deux ans en arrière.


Jusqu’ici, Pr Iba Der Thiam a prouvé qu’il est un homme très réactif, un pédagogue. Après la famille Niassène, il a tenu aussi à apporter des précisions pour rassurer celle Ndiéguène, qui s’était plainte qu’elle soit citée parmi «les disciples d’El Hadji Malick Sy».

Dans sa note, le coordonnateur de l’Histoire générale du Sénégal des origines à nos jours (Hgs) a dit que l’ouvrage «n’a jamais rien dit de tout cela dans aucune des pages du Volume 1/A Tome III. Ceux qui ont lu le livre, sans se contenter de certains commentaires de certains réseaux sociaux, peuvent en témoigner». Hgs ajoute qu’il n’a jamais interprété l’appartenance à l’école de Maodo comme voulant dire que les gens cités ont été formés par Maodo où qu’ils auraient été ses élèves. Explicatif, il relève : «Nous savons tous que El Hadji Amadou Sakhir Ndiéguène a été initié à la Tarikha Tidianiya par Serigne Mourtada Tall, fils de El Hadji Oumar Foutiyou Tall, de ce fait, il ne peut être le disciple de El Hadji Maodo Sy. Après une formation poussée auprès de son père, il continua principalement ses études dans la région de Diourbel (village de Thiakh), auprès de Serigne Birane Niang.»

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Ouvert, il entonne en révélant que l’Hgs «réitère ce que son communiqué du 10 septembre avait déjà dit : si telle formulation a été mal comprise et mérite d’être précisée, l’Histoire Générale du Sénégal est ouverte à toutes propositions visant à modifier le texte, donc, le volume concerné, et regrette le malentendu qui a donné naissance à ce communiqué». En tout cas, l’homme est quelqu’un de très connu et respecté dans le milieu universitaire. Iba Der Thiam est un enseignant émérite dont la science a fait toujours foi.

Enseignant, homme politique,…
Né en 1937 à Kaffrine, au Centre du pays, l’ancien fondateur de la Cdp/Garab-Gui a continué à servir à l’université même après sa retraite en 2003 et des années durant. En plus des cours qu’il dispensait, il encadrait également des travaux de recherches. «Personne dans ce pays, je dis bien personne, ne maîtrise l’histoire contemporaine du Sénégal mieux que Iba Der Thiam. J’ai eu le privilège d’avoir été son étudiant en année de maîtrise, je puis témoigner de son savoir encyclopédique. J’ai beaucoup de respect pour l’enseignant qu’il est.» C’est le témoignage apporté par le journaliste El Hadji Ibrahima Thiam du Soleil sur sa page facebook suite aux nombreuses critiques à l’encontre de son ancien prof. Et l’anecdote racontait par M. Thiam montre que Der fut un enseignant engagé, dévoué, attaché à la réussite via les études. Il se remémore : «Un jour, il s’est fracturé le bras chez lui et il devait avoir cours avec nous. Mais il a tenu à venir jusqu’au Département d’histoire, accompagné de son épouse, pour nous informer. Le prochain cours, il était en classe avec le bras plâtré. Cela m’a beaucoup marqué.» Relative­ment à la polémique, le journaliste invite les Sénégalais à la tolérance. Pour lui, «le Pr Iba Der n’a aucun intérêt à falsifier notre histoire. Il se trouve seulement que dans ce pays où la susceptibilité est le sentiment le mieux partagé, chacun voudra que l’histoire de son grand père soit embellie à outrance».

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Dans une contribution publiée dans le Quotidien en 2018, l’ancien ministre de l’Education nationale sous Abdoulaye Wade, Kalidou Diallo, a dressé le portrait physique et moral de l’homme. «Iba Der, c’est le sourire éclatant, l’éthique, la loyauté, la sincérité dans l’amitié, la générosité, le sens du partage, de l’engagement citoyen et patriotique. C’est un monument du savoir, un génie du verbe, une encyclopédie, un modèle pour toutes les générations d’intellectuels», peint cet ancien collègue de Iba Der, maitre de conférences titulaire en histoire moderne et contemporaine. Professeur titulaire honoraire d’Histoire moderne et contemporaine, Iba Der Thiam fut ministre de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur de 1983 à 1988 sous le magistère de Abdou Diouf. Ce dernier d’ailleurs dans ses Mémoires raconte qu’«au moment  où il (Abdoulaye Bathily) devait passer Maître de conférences à l’Université, Iba Der Thiam a voulu s’y opposer en (lui) disant qu’il n’était pas au niveau requis». «Bathily, ayant fait ses études en Angleterre, n’a pas eu son 3e cycle comme dans le système français, mais sa thèse d’Etat a quand même été soutenue à Dakar. Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais Iba Der a demandé à ses agents de ne pas me transférer le projet de décret pour le nommer Maître de conférences. Finalement, c’est quand j’ai demandé au recteur, Madani Sy, de trouver une solution, que Iba Der Thiam a compris qu’il ne pouvait pas aller contre la volonté du président de la République. Et Bathily a donc été nommé».
Dans sa carrière politique, il a été député à l’Assemblée nationale. Cependant son parcours politique pour certains est loin d’être propre. Car pour Ousmane Faye, leader du Parti social-démocrate- rénovation/ Jant bi (Psdr/ Jant bi), Iba Der est responsable de la prolifération des partis au Sénégal. Parce que, disait-il, Iba Der Thiam encourageait certains plénipotentiaires à se rebeller et à créer une scission pour ensuite aller dire à Wade qu’il y avait de nouveaux partis et l’objectif était de gonflé le nombre des partis de la Cap 21.

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Avant de devenir professeur d’université, Iba Der Thiam a été Inspecteur général de l’éducation et de la formation. Il a été également professeur d’enseignement moyen et secondaire. Mais l’homme au cœur de la polémique avait une autre casquette, celle d’un syndicaliste. Il a dirigé le Syndicat unique de l’enseignement laïc du Sénégal (Suel), puis il a été le patron du Syndicat des enseignants du Sénégal (Ses) après la fusion entre le Suel et Syndicat des professeurs africains au Sénégal (Spas) en 1969. Il fut aussi membre du Bureau national de l’Union nationale des travailleurs du Sénégal (Unts). Parrain de l’édition 2018 du Concours général, Iba Der Thiam a été élevé au grade de commandeur de l’Ordre national du Lion par le président de la République. «Professeur, votre parcours exemplaire d’enseignant et de chercheur, d’éducateur et d’homme politique engagé, force le respect. Je décide de vous élever au rang de commandeur de l’Ordre national du Lion ! Professeur, vous êtes un savant, un patriote, un panafricaniste, un homme sincère, entier, fidèle en amitié et d’une grande piété. Vous avez su mettre toutes ces qualités au service du Sénégal et de l’Afrique», disait Macky Sall. Son Cv est riche d’autres titres comme les Palmes académiques sénégalaises et françaises, officier de l’Ordre national du Lion, commandeur de l’Ordre français du mérite, commandeur de l’Ordre de la Francophonie et docteur Honoris causa de l’Université Besançon à Paris.

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