Gestion des droits d’auteur : la SODAV a collecté 677 millions FCFA en 2025 

Gestion des droits d'auteur : la SODAV a collecté 677 millions FCFA en 2025 

La Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (SODAV) a enregistré des avancées notables en 2025, avec une collecte estimée à 677 millions de francs CFA et une répartition de 429 millions de francs CFA au profit des ayants droit, a indiqué mercredi son directeur gérant, Aly Bathily, dans des propos rapportés par l’APS.

« En termes de collecte pour l’année 2025, on est à 677 millions FCFA. En termes de répartition, on est à 429 millions FCFA », a-t-il déclaré lors d’un point de presse consacré à la présentation du rapport annuel d’activités de la structure, selon l’agence de presse sénégalaise. Il a souligné que ces performances permettent à la SODAV de maintenir ses frais de gestion à un niveau proche de la limite fixée par l’Assemblée générale, soit 35 %.

Selon le directeur gérant, ces résultats traduisent « une trajectoire ascendante » de la société depuis sa mise en activité en 2016, avec des progrès enregistrés aussi bien dans la collecte, la redistribution des droits que dans la modernisation des outils de gestion. Il a toutefois relevé que la « baisse quantitative » observée dans certains indicateurs doit être analysée à la lumière de « l’évolution qualitative de la répartition », insistant sur la diversification des bénéficiaires et une meilleure prise en compte de plusieurs secteurs artistiques.

« On voit qu’il y a beaucoup plus de diversification dans la masse et les catégories de bénéficiaires qui reçoivent des répartitions », a-t-il expliqué, citant notamment l’intégration progressive de l’audiovisuel et des arts visuels. Pour lui, cette évolution confirme l’ambition de la SODAV de s’imposer comme « une société véritablement pluridisciplinaire », conformément aux missions définies par la loi 2008-09 relative au droit d’auteur et aux droits voisins.

Le directeur gérant a également évoqué les « efforts de modernisation » engagés par la société, notamment avec le développement d’outils numériques destinés à améliorer la traçabilité des œuvres et des usages. Parmi ces innovations figure une plateforme digitale en cours de finalisation, qui permettra aux membres d’effectuer plusieurs démarches à distance – adhésion, déclaration d’œuvres, consultation des répartitions ou suivi de leurs catalogues.

M. Bathily a annoncé la mise en place d’outils basés sur l’intelligence artificielle pour le suivi des programmes diffusés par les médias audiovisuels, afin d’améliorer l’identification des œuvres utilisées. « Nous sommes dans un monde digitalisé et tout se fait à travers les réseaux numériques. Le suivi et le traçage des droits dans les plateformes numériques se fait grâce à des codes d’identification », a-t-il rappelé.

Dans cette dynamique d’alignement aux standards internationaux, il a précisé que les auteurs membres disposent désormais d’identifiants internationaux, notamment l’IPI pour les créateurs et l’ISWC pour les œuvres musicales. Il a annoncé que les artistes-interprètes devraient également bénéficier d’un identifiant international IPN avant la fin de l’année 2026.

La SODAV a par ailleurs enregistré une forte progression du nombre de ses adhérents, avec plus de 13.000 membres recensés, un chiffre qui pourrait atteindre entre 14.000 et 15.000 selon les dernières tendances d’adhésion, toujours selon l’APS.

Concernant les actions sociales, la présidente du Conseil d’administration de la SODAV, Ngoné Ndour, a indiqué que plus de 24 millions de francs CFA ont été mobilisés en 2025 pour accompagner les membres à travers des aides médicales, sociales et diverses contributions. Elle a toutefois estimé que ce fonds reste encore limité et devrait connaître un renforcement avec la mise en œuvre effective de la rémunération pour copie privée, dont une partie sera consacrée à l’action culturelle.

Mme Ndour a également annoncé l’achèvement prochain du nouveau siège de la SODAV, dont l’inauguration est prévue en octobre prochain. Cet immeuble, présenté comme un espace ouvert à la communauté artistique, comprendra notamment des salles modulables, un restaurant ainsi qu’un espace destiné à la production de contenus comme les podcasts. « C’est un espace qui va servir également, au-delà des agents, à la communauté », a-t-elle souligné.

par Socialnetlink

Retrouvez toute l'actu Tech et des Nouveaux Médias en Afrique  sur Socialnetlink.