Le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et Quest Ghana Limited ont signé lundi à Accra un accord de coentreprise pour créer un corridor numérique destiné à faciliter les échanges commerciaux entre les pays africains.
Baptisé AfCFTA Digital Trade Corridor, le projet doit intégrer une place de marché numérique panafricaine, des paiements transfrontaliers interopérables, des services de logistique et de traçabilité ainsi qu’une infrastructure consacrée au commerce et au règlement des transactions sur les minerais et les matières premières. Quest Ghana évalue le projet à 5,17 milliards de dollars.
La République des Seychelles apportera son soutien souverain à la coentreprise, dont le siège sera établi à Victoria. L’accord intervient après un protocole d’entente signé en mars et l’approbation du projet par le gouvernement seychellois en juillet.
Pour la ZLECAf, l’objectif est de donner une traduction opérationnelle au Protocole sur le commerce numérique, adopté par l’Union africaine en 2024. L’organisation cherche notamment à réduire les obstacles qui compliquent encore les transactions entre entreprises africaines : paiements, circulation des marchandises, accès aux marchés et règlement des opérations.
« Le commerce est le moteur de la prospérité de l’Afrique », a déclaré le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, lors de la cérémonie. Il a présenté l’infrastructure numérique comme un élément essentiel pour accélérer le commerce intra-africain et permettre aux petites et moyennes entreprises de mieux accéder aux marchés du continent.
Le projet prévoit également une bourse numérique africaine des minerais et des produits de base. Elle doit permettre de structurer davantage le négoce, la traçabilité et le règlement des transactions sur les matières premières.
Cette dimension intervient alors que plusieurs initiatives cherchent à réduire le coût et la complexité des paiements entre économies africaines. Le système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) constitue déjà l’une des principales infrastructures continentales dans ce domaine. La ZLECAf précise que le nouveau corridor doit compléter les systèmes existants et ne modifie pas la compétence des banques centrales en matière de taux de change.
La ZLECAf réunit les 55 États membres de l’Union africaine autour d’un marché d’environ 1,4 milliard de personnes, représentant un PIB cumulé estimé à 3.400 milliards de dollars. L’organisation ambitionne de faire passer le commerce intra-africain d’environ 200 milliards à 500 milliards de dollars et au-delà.
Le chiffre de 5,17 milliards de dollars mérite toutefois une précision. Il correspond à la valorisation annoncée par Quest Ghana Limited. Il ne signifie pas que cette somme a déjà été entièrement versée ou investie dans l’infrastructure. Le Secrétariat de la ZLECAf évoque, de son côté, plus de 5,1 milliards de dollars d’investissements privés mobilisés avec l’appui d’organismes publics et souligne que des financements supplémentaires seront nécessaires pour développer les infrastructures numériques africaines.
Le véritable enjeu sera désormais celui de l’exécution : connecter les systèmes de paiement, attirer les entreprises sur la plateforme, sécuriser les données et faire fonctionner la logistique transfrontalière à grande échelle.
Pour les PME africaines, l’intérêt sera surtout de pouvoir identifier un client dans un autre pays, effectuer une transaction, recevoir son paiement et suivre sa marchandise dans un environnement numérique intégré.
Avec cet accord, la ZLECAf passe ainsi d’une nouvelle étape réglementaire à la construction d’une infrastructure destinée à faire fonctionner, dans la pratique, son marché continental
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