La Banque pour le commerce et l’industrie (BCI), en partenariat avec le Fonds de développement des transports terrestres (FDTT) et l’Office national de formation professionnelle (ONFP), a officiellement lancé jeudi à Dakar son programme de renouvellement du parc de taxis. Les 100 premiers véhicules électriques ont été présentés au CICES, avec l’ambition de déployer 1 000 unités à l’horizon du premier trimestre 2027.
Le secteur du transport urbain sénégalais amorce une nouvelle étape dans sa transition vers une mobilité plus propre. À Dakar, le Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES) a accueilli, jeudi 24 septembre 2026, la cérémonie de présentation des premiers taxis électriques issus du partenariat entre la BCI, le FDTT et l’ONFP.
Cette première livraison porte sur 100 véhicules électriques et constitue le lancement opérationnel d’un programme conçu par la BCI pour accompagner le renouvellement du parc automobile des taxis.
L’ambition affichée est de mettre progressivement 1 000 véhicules en circulation d’ici le premier trimestre 2027, dont 500 devraient être livrés avant la fin de l’année 2026. Le programme vise également, à plus long terme, un objectif de 10 000 véhicules à l’horizon 2030.
Des taxis électriques pour renouveler le parc
Les véhicules retenus sont des EX2 Pro de la marque chinoise Geely. Entièrement électriques, ils sont présentés comme une alternative aux véhicules thermiques actuellement utilisés dans le transport urbain.
Climatisés et équipés de dispositifs de sécurité ainsi que de systèmes de géolocalisation GPS, ces véhicules disposent d’une autonomie annoncée de plus de 400 kilomètres, soit une capacité correspondant à une journée de travail selon les promoteurs du programme.

Le dispositif prévoit également la mise en place d’un réseau de recharge rapide dédié, destiné à accompagner le déploiement progressif de la flotte.
Au-delà du renouvellement des véhicules, le programme entend répondre aux enjeux environnementaux liés au transport urbain. Les véhicules électriques n’émettent pas directement de gaz d’échappement ni de particules et devraient contribuer à réduire à la fois la pollution atmosphérique et les nuisances sonores.
Un modèle de financement basé sur le leasing
L’un des principaux volets du programme concerne son modèle économique. La BCI mise sur un système de crédit-bail (leasing) permettant aux chauffeurs d’acquérir progressivement leur véhicule et d’en devenir propriétaires au terme de quatre années.
La banque prévoit de financer l’acquisition des véhicules et de mettre en place l’écosystème financier nécessaire au déploiement du programme, notamment les infrastructures de recharge rapide.
Pour les chauffeurs et les entrepreneurs exploitant des flottes, le dispositif vise également à favoriser une transition vers un cadre professionnel et structuré.
Selon les données communiquées par les promoteurs, le passage à l’électrique permettrait de réduire significativement les coûts d’exploitation. L’électricité serait notamment trois à cinq fois moins coûteuse au kilomètre que les carburants, tandis que les dépenses de maintenance pourraient diminuer de plus de 50 %.
Plus de 150 chauffeurs déjà évalués
Le programme est actuellement entré dans sa phase de recrutement et de sélection des chauffeurs. Plus de 150 candidats ont déjà été évalués, selon la BCI.
Les candidats doivent notamment être âgés de 25 à 55 ans et justifier d’au moins deux années d’expérience professionnelle continue en tant que chauffeur. Ils doivent également fournir un historique de conduite, être titulaires d’un permis B répondant aux conditions fixées par le programme et présenter un casier judiciaire vierge datant de moins de trois mois.
Une évaluation de leur aptitude à la conduite est également prévue, notamment sur les aspects liés à la vision, aux réflexes et aux antécédents médicaux mentionnés dans les critères de sélection.
Les chauffeurs retenus devront par ailleurs suivre trois modules de formation, pour une durée totale de dix jours, et réussir les tests permettant d’obtenir les certificats d’aptitude délivrés dans le cadre du programme.
Une couverture sociale intégrée
Au-delà du véhicule et du financement, le programme prévoit un dispositif social destiné aux chauffeurs sélectionnés. Celui-ci comprend notamment une couverture retraite, une assurance maladie pour les chauffeurs et leurs familles, une assurance tous risques ainsi que la prise en charge de la maintenance des véhicules par la BCI.
Le dispositif prévoit également un salaire fixe présenté comme supérieur à la moyenne du secteur.
Pour la BCI, cette approche doit permettre de faire du renouvellement du parc automobile un levier de professionnalisation du métier de chauffeur de taxi, tout en offrant aux bénéficiaires un cadre de travail davantage structuré.
La BCI revendique un programme aligné sur les priorités nationales
« Nous sommes fiers de contribuer à la vision de l’État sénégalais pour une mobilité moderne, propre et accessible, en parfaite cohérence avec la Stratégie nationale de développement 2025-2029 », a déclaré Mbassor Sarr, conseiller technique du directeur général de la BCI.
Selon lui, le programme développé avec le FDTT s’inscrit également dans les valeurs revendiquées par la banque, notamment l’intégrité, l’innovation technologique, la responsabilité sociale, le développement du capital humain et la création de valeur à long terme.
Avec la livraison de ces 100 premiers taxis, la BCI et ses partenaires franchissent ainsi une première étape dans le déploiement d’une flotte électrique destinée à accompagner la transformation du transport urbain sénégalais.
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