Portrait

Cheikh Gueye, lauréat du Grand prix du chef de l’Etat pour les inventions en 2008 : Un inventeur qui automatise le ramassage des déchets plastiques

La chasse-plastique de Cheikh Guèye est une arme contre le péril plastique. Ce lauréat du Grand prix du chef de l’Etat pour les inventions édition 2008 a conçu une baguette en bois équipée d’une machette,

d’une gâchette et d’un dispositif pour capter et extirper les sachets en plastique. L’invention répond aux préoccupations de préservation de l’environnement. La dimension écologique est une marque des travaux de cet homme né à Thiès.
Lauréat du Grand prix du chef de l’Etat pour les inventions, Cheikh Guèye reste fidèle à sa philosophie. Cet homme de teint noir aux épaules larges ne croule pas sous le poids de l’âge. Ce n’est surtout pas les jours de repos qui le pousseront à prendre un répit. Sur la route qui part du rond-point Cambérène et séparant les luxueuses villas de la Cité Fayçal de quelques habitats perdus entre les dénivellations arborées, se trouve l’atelier de Cheikh Guèye qui donne sur une rue passante. L’endroit est particulièrement calme. C’est un endroit propice à la réflexion. Des machines et des grattoirs attendent le dernier coup de lime ou de pinceau. A l’inverse, la chasse-plastique, une nouvelle invention que l’inventeur vient d’ajouter sur son compte, est déjà réceptionné. Son processus de protection est engagé. L’instrument à la forme d’une canne. Une manchette est insérée à l’une des extrémités, le milieu muni d’une gâchette. Et, sur l’autre extrémité, est incorporé un dispositif servant à la fois à piquer et à extirper les plastiques.

 

« C’est une invention simple. Elle permet de ramasser les sachets plastiques sans se courber et de les jeter dans des poubelles sans les toucher. Nous pensons que c’est une nouvelle invention qui vient à point nommé », estime l’autodidacte. En réalité, il s’agit deux sortes de chasse-plastique. L’autre est spécialisée pour le ramassage des déchets plastiques sur les plages. Il est conçu spécifiquement pour des zones inter-dunaires. Les dangers que constituent les sachets plastiques embarrassent l’inventeur. Dans son milieu professionnel, aux abords du rond-point Cambérène, comme dans sa ville natale de Thiès et dans les rues de certaines villes, Cheikh Guèye a mesuré la défiguration de ces endroits par ces rejets plastiques. Il se mit à réfléchir, puis passe vite à la conception d’un outil à la portée de tous. « Je suis prêt à mettre à la disposition des autorités autant de chasse-plastique si nous avons l’accompagnement des ministères, notamment celui de l’Environnement et du Développement durable », soutient l’inventeur.

Simplicité dans la créativité
Cheikh Guèye qui a reçu, au fil des années, des formations dans plusieurs pays, comme l’Espagne et le Burkina Faso, compte se servir de cette invention pour combattre la mendicité. Le phénomène est un sujet de préoccupation des autorités et des organisations de la société civile. L’inventeur ne croit pas à une réduction de la prévalence de la mendicité en se limitant à des discours d’intention. Il propose des alternatives à la mendicité. « Je pense à la formation des talibés sur la fabrication de ces chasses-plastiques. C’est une technologie simple dont l’utilité publique ne fait l’objet d’aucun doute. J’estime aussi que nous ne pouvons pas lutter contre la mendicité par les discours. Il faut des actes et des actions », déclare M. Guèye qui a opté pour des inventions simples. Il dit avoir été fortement influencé par son univers durant sa phase d’apprentissage.
La protection de l’environnement a motivé, durant des années, ses inventions. C’est pourquoi ses créations sont particulièrement orientées vers la promotion du développement durable. Dans cette perspective, il a mis au point la décortiqueuse à karité en 1997. Il est aussi l’inventeur du fourneau alimenté par le « jatropha curcas » ou « tabanani ». Quelques années plus tard, en 1999, il fabrique le réchaud à pression à pétrole. Il enchaînera avec l’aspirateur à criquets, le lave-main mobile, le réchaud à pression à éthanol et le réchaud à pression au gel-éthanol en 2009. Le grand défi, c’est le passage à l’étape industrielle de la fabrication. Cheikh, comme beaucoup d’inventeurs, ne comprend pas pourquoi plusieurs inventions des Sénégalais retombent dans l’anonymat alors qu’elles peuvent apporter des solutions aux problèmes de développement à la base. Et à son avis, le brouillement de l’univers des inventions mérite plus l’attention de la part des autorités. « Les choses bougent avec la nouvelle équipe de l’Agence sénégalaise pour la propriété et l’innovation technologique (Aspit). Mais, depuis longtemps, les inventeurs étaient laissés à eux-mêmes. La nouvelle équipe apporte son soutien aux inventeurs », témoigne-t-il.

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