Sans le numérique, aucun des 17 Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies ne pourrait être atteint. Les technologies de l’information et de la communication (TIC) bouleversent notre univers chaque jour davantage. Sur le continent africain, le plus jeune de la planète, il est crucial de veiller à ce que la première ressource de l’Afrique, la jeunesse, puisse s’adapter véritablement et efficacement alors que la quatrième révolution industrielle redéfinit les compétences d’avenir.

Voilà pourquoi l’alphabétisme numérique est une compétence de base impérative. Pour chaque pays africain, il faut que l’intégration de cours d’informatique dans les programmes scolaires nationaux devienne réalité.

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Certes, tout le monde n’a pas besoin de maîtriser tous les domaines et capacités des TIC, mais il est indispensable que chacun – quelle que soit son expérience – parvienne à être à l’aise avec les outils numériques. Nous avons besoin de davantage de plateformes d’apprentissage comme les cours en ligne ouverts et massifs (MOOC), portant sur des contenus pertinents, ainsi que de plateformes collaboratives, afin de pouvoir efficacement aider les jeunes à améliorer leur esprit de leadership, leur aptitude au réseautage mais aussi leur productivité, leur confiance en eux et leur compétitivité. Ces plateformes doivent être soigneusement conçues et mises en œuvre, en gardant à l’esprit les besoins et les attentes et en veillant à y répondre.

Par exemple, la pratique du design thinking, une méthodologie qui fournit une approche axée sur les solutions afin de résoudre des problèmes, peut faire la différence en matière de pensée analytique et critique, et être un atout majeur, utilisée lors de réunions de brainstorming, pour obtenir de meilleurs résultats. Si l’on veut obtenir des résultats plus significatifs, il est indispensable de veiller à ne laisser personne de côté et à donner la parole à ceux qu’on entend le moins.

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C’est là que les données, cette nouvelle monnaie de l’ère numérique, entrent en scène. Le défi est de disposer de puissants systèmes de collecte, d’analyse et de visualisation des données afin d’appuyer les États dans leurs prises de décisions stratégiques et leurs consultations avec les diverses parties prenantes.

Profitons-en pour braquer les projecteurs sur i4policy, un mouvement panafricain réunissant des pôles d’innovation et des catalyseurs de communautés, qui appuient les États afin de perfectionner leurs politiques en faveur de l’innovation, de l’entrepreneuriat et de l’emploi. Bien sûr, les États ne peuvent pas offrir un emploi à tout le monde, mais ils doivent créer les conditions permettant à chacun de trouver un emploi, et garantir une croissance économique inclusive. Il apparaît aujourd’hui clairement qu’ils doivent proposer des opportunités pour promouvoir la culture de l’entrepreneuriat et soutenir l’écosystème favorisant l’entreprise.

Libérer le potentiel de l’Afrique

On ne peut pas parler d’économie numérique sans mentionner le besoin de garantir une connectivité entre les différents pays africains, ce qui implique de déployer des infrastructures des TIC et d’étendre l’accès à Internet en créant des connexions aussi bien rurales qu’urbaines. Libérer le potentiel de l’Afrique ne sera possible que grâce à des leaders influents. Il est également indispensable de réduire le fossé numérique existant entre hommes et femmes. Les femmes ont démontré qu’elles n’excellaient pas seulement dans les tâches domestiques, mais qu’elles avaient un rôle évident à jouer dans le développement durable.

Nous, les jeunes, devons être conscients que nous constituons la plus précieuse ressource de notre magnifique continent. Nous devons tout faire pour devenir une main-d’œuvre énergique en épousant la philosophie Ubuntu : « Je suis parce que nous sommes, nous sommes parce que je suis. »

Comme le dit un vieux proverbe africain, « Si tu veux aller vite, marche seul. Mais si tu veux aller loin, marchons ensemble. » Nous avons du pain sur la planche. Mais si nous travaillons dur, si nous maintenons notre détermination, notre persévérance, notre engagement et notre passion, rien ne pourra nous arrêter pour bâtir l’Afrique que nous désirons, l’Afrique que nous méritons !

Rabiatou Harouna Moussa

Lauréate du concours régional Blog4Dev 2019 au Niger organisé par la Banque mondiale