La RTS dans une nouvelle zone de turbulence. Les syndicats SYNPICS et SYNPAP ont dénoncé ce lundi la gestion du directeur général de l’entreprise publique, Pape Alé Niang, l’accusant de dérives managériales, de conflits d’intérêts et de décisions préjudiciables aux agents.
Des accusations que l’intéressé réfute, assurant agir dans le respect des textes et des contraintes budgétaires de l’État. Dans un communiqué très partagé, les deux syndicats jugent le directeur général « incapable de manager » et dénoncent un management « autoritaire », incompatible selon eux avec le service public.
Elles dénoncent entre autres l’interdiction d’un point de presse syndical prévu dans les locaux de la RTS, une mesure qualifiée d’« illégale » et révélatrice d’une volonté de faire taire les revendications internes.Les syndicats parlent aussi de « graves dérives de gestion », citant l’attribution présumée du marché du Village de la CAN à un proche du directeur général, son frère, et l’implication de ce dernier dans des activités relevant, selon eux, des prérogatives exclusives des agents de la RTS.
Ils fustigent également la désignation à la tête de la Direction de l’approvisionnement et de la logistique d’une personne étrangère à l’entreprise, y voyant un conflit d’intérêts et un contournement des organes de contrôle. Socialement, SYNPICS et SYNPAP reprochent à la direction d’avoir sanctionné les agents dès l’arrivée de Pape Alé Niang, en suspendant l’accord d’entreprise après deux mois d’application, en supprimant certaines avances sociales, en ne payant pas les indemnités des dernières élections législatives et en gérant mal le parc automobile. Accusé, le DG de la RTS a, dans un autre communiqué, fait des précisions.
Sur la suspension de l’accord d’entreprise de mars 2024, Pape Alé Niang explique qu’il était basé sur un décret d’application du Code de la presse, signé mais sans arrêté interministériel pour les modalités de versement.
Pour lui, son application était financièrement insoutenable, sans couverture budgétaire, avec un impact annuel de 1,8 milliard de francs CFA, d’où sa suspension. Le DG soutient aussi que son salaire et ses avantages sont régis par les décrets et qu’il n’a aucun pouvoir discrétionnaire.
Il ajoute que la RTS n’a plus de véhicules de fonction depuis les réformes de 2021 et qu’il utilise son véhicule personnel depuis sa prise de service. Sur les impayés sociaux, Pape Alé Niang affirme qu’il n’y a pas d’impayés sur les avances, fonds communs ou autres avantages réglementaires depuis son arrivée et qu’il peut le prouver. Il précise enfin que les démarches entreprises pour l’apurement du passif social seront soumises au prochain conseil d’administration.
Malgré ces éclaircissements, les syndicats restent mobilisés et invitent tous les agents de la RTS, y compris en région, à se mobiliser pour dénoncer ce qu’ils perçoivent comme des dérives récurrentes de la direction générale.
Ils ont maintenu leur point de presse, en dépit de l’interdiction évoquée, dans une escalade d’un bras de fer social qui intervient dans un contexte délicat pour l’audiovisuel public sénégalais.