Le RESTIC exige une « transparence totale » sur la taxe Mobile Money

Le Rassemblement des Entreprises du Secteur des Technologies de l’Information et de la Communication (RESTIC) monte au créneau. Face à l’application de la nouvelle taxe de 0,5 % sur les transferts d’argent, l’organisation patronale appelle les régulateurs à une vigilance accrue et réclame une communication plus claire de la part des opérateurs.

Depuis septembre 2025, le paysage financier numérique sénégalais s’est adapté à une nouvelle donne fiscale : une taxe de 0,5 % appliquée sur les paiements, transferts et retraits électroniques. Pour le RESTIC, cette mutation ne doit pas se faire au détriment du consommateur.

L’organisation urge le Conseil National de la Consommation et les régulateurs publics à surveiller de près les pratiques tarifaires. L’exigence est claire : les opérateurs de Mobile Money doivent abandonner le jargon technique pour informer les usagers dans un « langage courant et compréhensible » sur les nouveaux prélèvements.

L’enjeu est colossal pour l’économie nationale. Le Mobile Money au Sénégal, c’est aujourd’hui :

  • 900 milliards de FCFA de transactions annuelles.

  • 10 % du Produit Intérieur Brut (PIB).

  • 2/3 des ménages sénégalais dépendants de ces services.

« C’est un outil puissant d’inclusion financière et de lutte contre la pauvreté qu’il faut protéger », rappelle le communiqué du RESTIC.

Souveraineté des données et cybersécurité

Au-delà de la fiscalité, le RESTIC pose la question de la sécurité nationale. L’organisation insiste sur l’obligation pour les plateformes de stocker les données des clients sur le territoire national. Dans un contexte de recrudescence des menaces numériques, l’étanchéité des systèmes face aux cyberattaques et aux intrusions malveillantes est jugée non négociable.

Tout en saluant la mise en place de l’Indice des Prix des Services Mobiles (IPSM) — une initiative conjointe de l’ARTP et de l’ANSD qui sert de baromètre scientifique — le RESTIC regarde vers l’avenir.

L’organisation invite les autorités à garantir un environnement fiscal et parafiscal stable. Pour le patronat des technologies, cette stabilité est la condition sine qua non pour favoriser l’éclosion de Fintechs innovantes et permettre au Sénégal de voir naître ses premières « licornes » (startups valorisées à plus d’un milliard de dollars).

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