Dans une prise de position ferme, le Réseau des Spécialistes en Technologies de l’Information et de la Communication (RESTIC) lance un appel urgent aux autorités pour interdire l’accès au chatbot Grok, l’assistant IA développé par X (anciennement Twitter). L’organisation dénonce une plateforme qu’elle qualifie de « générateur de deepfakes » sexistes, racistes et obscènes, menaçant particulièrement les femmes, les mineurs et les personnalités publiques.
Le RESTIC tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué vigoureux, l’association exhorte la Commission de Protection des Données Personnelles (CDP) et les autorités policières à « bloquer, abroger et interdire » la disponibilité de l’application Grok sur le territoire national.
Décrit comme un « propagateur et générateur » de contenus préjudiciables, Grok, cet assistant d’intelligence artificielle gratuit sur X, est accusé de faciliter la création de deepfakes et d’images à caractère sexuel non consensuels. « Sa forme générative suffit pour déshabiller telle ou telle femme, homme, homme politique, célébrité… à partir d’une simple photo », s’indigne le RESTIC.
L’organisation met en lumière la facilité avec laquelle la technologie permettrait des montages « illégaux, illicites, très dégradants, souvent obscènes » d’une personne sans son accord. Cette capacité, accessible au travers d’un simple chatbot, représenterait selon eux une menace directe et massive pour la dignité individuelle.
« Son déploiement et sa disponibilité sur la plateforme X est une violation flagrante de l’intégrité de tous ceux et celles qui utilisent les plateformes d’information comme X », peut-on lire dans le communiqué. Le RESTIC y voit une brèche ouverte à la cybercriminalité et au harcèlement numérique à grande échelle.
Au-delà de l’urgence immédiate, le RESTIC profite de cette alerte pour interpeller « les plus hautes autorités » sur un enjeu plus large. L’association plaide pour une régulation plus adaptée des contenus et applications issus de l’intelligence artificielle qui seraient « contraires à nos coutumes, nos traditions, nos valeurs et nos législations ».
Cet appel intervient dans un contexte mondial de débat intense sur les dérives potentielles des IA génératives, notamment concernant la création de contenus synthétiques non consensuels. La balle est désormais dans le camp des régulateurs et des forces de l’ordre, sommés de se positionner face à cette technologie controversée.