La fintech africaine Nomba construit des rails de paiement transfrontaliers et s’ouvre au marché nord-américain

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Suite à l’acquisition d’un fournisseur canadien de services de paiement détenant les statuts de Payment Service Provider (PSP) et de Money Services Business (MSB), la société de technologie financière africaine Nomba a annoncé le déploiement d’une infrastructure régulée de paiements transfrontaliers connectant l’Afrique et l’Amérique du Nord.

D’après la société, cette opération a pour objectif de faciliter l’accès direct des entreprises africaines aux flux commerciaux nord-américains, en s’affranchissant des réseaux bancaires correspondants traditionnels. Nomba, exploitant une plateforme de paiements et de services bancaires destinée aux entreprises, déclare traiter annuellement des volumes se chiffrant en plusieurs milliers de milliards de nairas par le biais des paiements nationaux, des services bancaires et des flux transfrontaliers en Afrique.

Le déploiement en République démocratique du Congo.

Dans le cadre de sa stratégie d’expansion, Nomba a entamé ses opérations en République démocratique du Congo en novembre 2025, suite à une année de préparation opérationnelle et réglementaire à Kinshasa. L’entreprise a obtenu de la Banque centrale du Congo (BCC) deux autorisations essentielles, à savoir une licence de Messenger Financier et une licence d’agrégateur, lui permettant ainsi de réaliser des transferts de fonds entrants et sortants sur le marché congolais.

Ces accréditations permettent désormais à la plateforme de proposer des règlements bancaires directs par l’intermédiaire de Rawbank, Equity BCDC et Trust Merchant Bank, ainsi que des paiements par argent mobile via M-Pesa, Airtel Money et Orange Money. Selon l’entreprise, l’ensemble est accessible par le biais d’une intégration unique via une interface de programmation d’applications (API), avec un règlement en temps réel et une conformité réglementaire intégrée.

Nomba souligne que son implantation en République démocratique du Congo ne se fonde pas exclusivement sur des critères de volume du marché, malgré le fait que le pays enregistre des transferts annuels supérieurs à 1,2 milliard de dollars, mais plutôt sur une ambition de contrôler l’infrastructure de paiement au sein d’une économie jugée stratégique pour le commerce africain.

Acquisition au Canada et surveillance des flux transfrontaliers.

Parallèlement à son expansion en Afrique, Nomba a finalisé, au cours du deuxième trimestre de l’année 2025, l’acquisition d’une infrastructure de paiement réglementée au Canada, ce qui lui permet d’exercer ses activités localement et de connecter directement les flux en dollars canadiens (CAD) aux marchés africains.

D’après la société, cette double assise réglementaire, établie en Afrique et en Amérique du Nord, lui octroie un avantage stratégique pour la supervision des transactions financières transfrontalières interentreprises (B2B), notamment entre l’Afrique francophone, l’Afrique anglophone et l’Amérique du Nord.

« Les opérations relatives aux flux entre l’Afrique et le Canada sont désormais effectives. » « L’étape subséquente implique l’extension de cette infrastructure à d’autres marchés à l’échelle mondiale », a déclaré Yinka Adewale, directeur général de Nomba.

Cette acquisition habilite l’entreprise à offrir des comptes en dollars canadiens domiciliés au Canada, des règlements directs en devises africaines, ainsi que des délais de règlement le jour même. Nomba également précise avoir investi approximativement deux millions de dollars de capital dans l’entité acquise, dans le but de consolider l’infrastructure et de favoriser l’augmentation de la capacité opérationnelle.

Un positionnement axé sur les activités commerciales, à l’exclusion des transferts entre particuliers.

À la différence de nombreuses plateformes de paiement transfrontalier qui opèrent en Afrique, Nomba spécifie que son expansion au Canada est orientée exclusivement vers les flux commerciaux et professionnels, et non vers les transferts de fonds individuels. Sa clientèle cible englobe les exportateurs, les importateurs, les entreprises de services professionnels, les fournisseurs multinationaux et les sociétés exerçant leurs activités entre l’Afrique et l’Amérique du Nord dans des secteurs d’activité tels que l’énergie, les matières premières, les biens de consommation courante, les services et la technologie.

L’entreprise soutient que ses solutions contribuent à atténuer la dépendance à l’égard des institutions bancaires intermédiaires et à diminuer les coûts de change et de transaction de 40 à 60 %, comparativement aux circuits conventionnels. Nomba précise avoir traité un volume transactionnel de 3,4 millions de dollars américains par le biais de son infrastructure canadienne durant le seul mois de janvier 2026, démontrant une augmentation progressive depuis le début de l’année.

« Pour les organisations, la fiabilité se révèle être un facteur plus déterminant que l’innovation telle qu’elle est perçue. » Yinka Adewale a souligné l’attente de réglementations prévisibles et d’une disponibilité immédiate des fonds.

D’après la société, l’intégralité des opérations de change est effectuée par l’intermédiaire de son entité canadienne, offrant ainsi aux clients un accès à une infrastructure bancaire transfrontalière dûment autorisée et conforme aux exigences réglementaires.

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