La Police nationale sénégalaise a lancé jeudi à Dakar une plateforme numérique dédiée au signalement des infractions cybercriminelles, une initiative développée en partenariat avec l’UNICEF visant à renforcer la lutte contre la criminalité en ligne et à améliorer la protection des usagers, en particulier des mineurs.
Présentée par la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (DSC), la plateforme permet aux citoyens de signaler de manière sécurisée et confidentielle différents types de délits numériques, notamment les escroqueries en ligne, le cyberharcèlement, l’usurpation d’identité, la diffusion de contenus illicites ou encore les atteintes aux données personnelles.
Selon la DSC, cet outil s’inscrit dans la stratégie de modernisation des services d’enquête et de digitalisation des procédures judiciaires, dans un contexte marqué par la progression rapide de l’usage d’Internet et des réseaux sociaux au Sénégal, qui s’accompagne d’une hausse des infractions liées au numérique.
Le dispositif offre aux victimes la possibilité d’effectuer un pré-signalement en ligne avant, le cas échéant, de formaliser une plainte auprès des services compétents, facilitant ainsi l’accès à la justice et la prise en charge rapide des dossiers.Développée en interne par des ingénieurs de la police nationale, la plateforme de signalement en ligne des infractions cybercriminelles constitue un levier majeur de la réforme du secteur public et du renforcement de la police de proximité”, a déclaré le directeur adjoint de la police judiciaire, Moustapha Diouf.
“Elle offre aux usagers un canal officiel sécurisé et confidentiel de signalement des infractions liées aux technologies de l’information et de la communication auprès de la division spéciale de lutte contre la cybercriminalité”, a-t-il ajouté.
Selon M. Diouf, cette plateforme ”vise la dématérialisation des procédures administratives, la digitalisation des services et l’interconnexion des bases de données de la direction générale de la Police nationale”.
Partenaire du projet, Evelyne Guèye, représentante de l’UNICEF, a souligné que la plateforme constitue un levier important pour la protection des enfants exposés aux violences numériques, notamment le cyberharcèlement, l’exploitation sexuelle en ligne et les abus via les réseaux sociaux.
Les autorités sénégalaises estiment que cet outil contribuera à améliorer la collecte de renseignements, accélérer les enquêtes et renforcer la coopération entre les citoyens et les forces de sécurité dans la lutte contre une cybercriminalité de plus en plus sophistiquée.
Le Sénégal dispose déjà d’un cadre juridique encadrant les infractions numériques ainsi que de structures spécialisées, mais les services de sécurité considèrent que la participation citoyenne à travers des mécanismes de signalement constitue désormais un maillon essentiel de la riposte nationale.
La plateforme est disponible sur ce lien