Inaugurée en novembre 2023 à Diamniadio, la Maison des Nations Unies devait devenir un hub diplomatique majeur en Afrique de l’Ouest en regroupant les agences onusiennes présentes au Sénégal. Mais près de deux ans après son inauguration, le complexe est resté inoccupé en raison de divergences financières entre l’État sénégalais et l’ONU. Un compromis vient finalement d’être trouvé.
Construite sur 13 hectares dans le pôle urbain de Diamniadio, la Maison des Nations Unies est l’un des projets institutionnels les plus ambitieux réalisés au Sénégal ces dernières années. L’infrastructure a été conçue pour accueillir les 34 agences du système des Nations Unies présentes dans le pays, dans le cadre de l’initiative dite « One UN », qui vise à améliorer la coordination et l’efficacité des programmes de l’organisation.
Le complexe, inauguré le 23 novembre 2023, s’inscrit dans la stratégie de développement de Diamniadio, nouvelle ville administrative et économique appelée à désengorger Dakar et à accueillir de grandes institutions internationales.
Un investissement de 175 milliards FCFA
Le projet a été réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) entre l’État du Sénégal et le groupe Envol Immobilier, chargé de la conception et de la construction du complexe.
Selon plusieurs sources institutionnelles et médiatiques, le coût total du projet est estimé à 175 milliards de francs CFA, soit près de 267 millions d’euros, ce qui en fait l’un des investissements immobiliers publics les plus importants du pays.
À son inauguration, les autorités sénégalaises avaient présenté cette infrastructure comme un futur centre diplomatique régional, capable de renforcer le rôle du Sénégal dans les organisations internationales.
Des négociations tendues avec les Nations Unies
Malgré l’achèvement du bâtiment, la Maison des Nations Unies est restée longtemps sans occupants.
À partir de 2025, les nouvelles autorités sénégalaises ont engagé des renégociations avec l’Organisation des Nations Unies concernant les modalités financières d’occupation du complexe. L’État souhaitait notamment que l’ONU participe davantage à l’amortissement du coût de l’infrastructure, en versant un loyer pour l’utilisation des espaces.
Lors d’une conférence de presse tenue à Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé qu’un compromis avait été trouvé entre les deux parties.
Selon les termes évoqués : l’infrastructure sera partagée entre l’État du Sénégal et les Nations Unies ; l’ONU versera un montant forfaitaire pour l’occupation d’une partie du bâtiment ; l’organisation prendra également en charge certaines dépenses liées à l’exploitation du site.
Par ailleurs, plusieurs structures de l’administration sénégalaise devraient être transférées à Diamniadio, ce qui permettrait à l’État de réduire ses dépenses liées à la location de bureaux à Dakar.
La relance de la Maison des Nations Unies représente également un enjeu stratégique pour Diamniadio, présenté comme le futur pôle administratif et économique du Sénégal. Si l’accord entre Dakar et l’ONU se concrétise pleinement, le complexe pourrait enfin jouer le rôle pour lequel il a été conçu : un centre de coopération internationale et un symbole du positionnement diplomatique du Sénégal en Afrique de l’Ouest.