Esplanade du Stade Léopold Sédar Senghor de Dakar, samedi 7 novembre 2025. Une foule immense est venue répondre à l’appel du tera‐ meeting de Pastef du Premier ministre Ousmane Sonko. Contraint de prendre des mesures d’apaisement pour éviter une dualité au sommet de l’État, le tonitruant leader des «Patriotes» en profite pour s’en prendre à l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Dr Abdourahmane Diouf et à Mme Aminata Touré sans les nommer. Tous les regards se tournent vers les deux alliés très influents au sein de la mouvance présidentielle. Et surtout le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr Abdourahmane Diouf, brutalement propulsé sur le devant de la scène politique.

Face aux accusations, à tort ou à raison, le président du parti Awalé, allié de la Coalition Diomaye‐Président, va‐t‐il réagir à chaud ? Ses moindres faits et gestes sont scrutés, analysés et interprétés. Comme tout bon leadership, Dr Abdourahmane Diouf recherche toujours de l’ordre et de la retenue dans le chaos des accusations et des invectives. Le sommet sur le cli‐ mat (7 et 8 novembre 2025) a été une heureuse coïncidence au profit du ministre Abdourahmane Diouf pour se soustraire à la polémique et représenter le chef de l’État à Belém (Brésil). La riposte se construit souvent dans le temps, privilégiant une défense structurée plutôt qu’une réaction immédiate, pour démontrer son innocence et sa constance dans la démarche « diomayenne ».
Juriste, communicant, financier, économiste et diplomate, Dr Abdourahmane Diouf ne pouvait avoir meilleure tribune que l’assemblée générale de la Coalition « Diomaye Président » pour répondre à ses détracteurs.
Prenant la parole, il s’est distingué par son éloquence et son courage, tout en s’inscrivant dans une logique d’unification et de massification de la famille « diomayenne ». Morceaux choisis : « Je le répète avec force détails, l’histoire politique de l’actuel pouvoir se lit à travers un seul prisme, la Coalition Diomaye Président, depuis ses origines carcérales jusqu’à la conquête de l’Assemblée nationale. Et cette majorité parlementaire ne saurait être dissociée de l’homme qui lui a donné son nom. Cet homme là, c’est Bassirou Diomaye Faye élu président de la République par l’ensemble des alliés et membres de la Coalition Diomaye Président avec la volonté du peuple sénégalais d’ici et d’ailleurs », a tranché Dr Abdourahmane Diouf au cours de cette assemblée générale dont la cérémonie de clôture a été présidée par le Chef de l’État Bassirou Diomaye Faye.
La constance dans la ténacité
Portant sa toge d’universitaire, le ministre de l’Environnement a évoqué la question des responsabilités institutionnelles, l’autorité de l’État et le rôle des dirigeants dans un État de droit comme le Sénégal. « Le pays a actuellement beaucoup de gardiens. Il y a les gardiens de but, les gardiens de portes, les gardiens de voitures mais nous ne reconnaissons qu’un seul et unique gardien, le Gardien de la Constitution, Bassirou Diomaye Faye, président de la République, Chef suprême des armées », a‐t‐il indiqué sous des applaudissements appuyés. Cette sortie à la sauce ironique est largement interprétée comme un recadrage au Premier ministre Ousmane Sonko, qui s’était récemment autoproclamé « Gardien de la Révolution » lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale.
Sans sommation, Dr Abdourahmane Diouf a fait entretenir l’espoir visant à maintenir une dynamique électorale pour élargir la Coalition « Diomaye Président » aux autres maires, députés et militants qui doutent, va‐ cillent et hésitent à monter dans un train sans certitude de départ vers une seconde « gare ». En évoquant la perspective d’une réélection du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, il a appelé les sympathisants, alliés et militants à se mobiliser dès maintenant en vue de cette échéance. « Président Diomaye, en votre qualité de chef de l’État, restez concentré sur vos responsabilités institutionnelles, tout en laissant la coalition se charger du travail politique sur le terrain. Nous visons au-delà de la Présidentielle 2029. Cela ne vous concerne pas, Monsieur le Président de la République. Nous allons nous en charger ! Nous allons faire le travail pour votre réélection. Concentrez-vous sur vos charges et nous investirons le terrain dans ce sens », a rassuré le ministre de l’Environne‐ ment, toujours constant dans la ténacité politique. Pourtant, c’est le Chef de l’État, président de la coalition « Diomaye » qui au‐ rait dû trancher le débat d’un second mandat. Mais il est resté imperturbable. Qui ne dit rien consent. Ce qui conforte Dr Abdourahmane Diouf dans sa posture de précurseur, voire de boussole au sein de la coalition « Diomaye Président » à élargir.
Un homme polyvalent
Au sortir de cette assemblée générale, tous les observateurs et analystes politiques s’accordent à reconnaitre la naissance d’un bouclier au service du président Bassirou Diomaye Faye. Il a pour nom Dr Abdourahmane Diouf ! Un leadership politique confirmé dont l’incarnation d’une vision claire, la capacité à inspirer confiance et le courage politique ne sont plus à démontrer. La preuve par le Club des investisseurs Sénégalais (CIS) regroupant les industriels et les poids lourds du monde des Affaires. En moins de deux ans à la tête du CIS, Abdourahmane Diouf s’est efforcé d’atteindre les objectifs fixés par les champions nationaux.
Un industriel‐membre du CIS se souvient : « En peu de temps, Abdourahmane Diouf a réussi à mettre en place un secteur privé national fort et ambitieux visant à contraindre l’État à favoriser la souveraineté économique et la préférence nationale dans les marchés publics. Réputé pour sa ténacité et sa rigueur intellectuelle, Abdourahmane Diouf a un seul défaut à corriger : ne jamais reculer devant une contradiction ou une confrontation d’idées, même s’il est doté d’une grande capacité d’écoute et de partage. A cet effet, il est toujours prêt à se mettre en retrait au profit des autres. En affaires, il nous apprenait à juger et à jauger les dangers potentiels et les incertitudes qui pourraient affecter nos investissements tout en indiquant la façon de les affronter courageusement. On note en lui, un leadership aux qualités professionnelles et humaines avérées les plus recherchées : l’adaptabilité, la rigueur, le sens de l’organisation, le travail, l’éloquence, la communication claire, l’esprit d’équipe etc. Malheureusement, il a démissionné pour aller en politique. Et même en politique, j’ai constaté que Dr Diouf ne regarde personne de haut. Il est toujours capable d’établir des relations d’égal à égal avec des gens beaucoup plus jeunes que lui », témoigne cet industriel agro‐alimentaire joint par « Le Témoin ».
Qu’on l’aime ou pas, Dr Abdourahmane Diouf est un exemple rare de ministre polyvalent à l’aise aussi bien dans la politique, la Diplomatie, l’Économie, l’Environnement, que l’Éducation etc. Son background atteste de sa capacité à allier communication, expertise et action concrète.
« Rakhou », l’éternel étudiant !
Après sa Maitrise en Droit des collectivités locales à l›Université Gaston Berger de Saint‐ Louis, Abdourahmane Diouf a poursuivi ses études à l›Université de Genève en Droit inter‐ national où il a obtenu son Master en Communication. Puis, il est retourné boucler son doctorat en Droit international économique à Berne en Suisse ; sans oublier d’autres diplômes universitaires obtenus dans différentes écoles et instituts de formation dans le monde. D’où le surnom « Rakhou ou l’éternel étudiant ! Car il ne cessait d’étudier pour accumuler des connaissances et des diplômes », selon ses anciens camarades.
Après son parcours universitaire à Genève, Dr Abdourahmane Diouf a travaillé dans plu‐ sieurs ambassades et organisations internationales. Doté d’une compétence et d’une expérience sans commune mesure, il est nommé Directeur général de la SONES. Consul‐ tant international, Dr Diouf créa l’Agence Africaine pour le Commerce et le Développement avant d’aller faire valoir son expertise à l’UEMOA, CEMAC, CEDEAO, PNUD, OMC, UNECA, USAID, GIZ, UNITAR et plusieurs pays ou Agences de pays à travers le monde.
En analysant la trajectoire professionnelle, académique et politique de Dr Abdourahamne Diouf, force est de constater qu’il est un homme déterminé à servir avec fidélité et loyauté le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye. Et surtout dans un régime « bicéphale » où il est en passe d’être le bouclier, voire le fusible du président de la République face aux critiques et à la montée des périls. D’où l’ascension fulgurante d’un « diomayen » qui n’a pas fini de faire parler de lui.
Par Pape Ndiaye, Le Témoin