Sénégal : L’Escouade Ndam (Dakar) et Neo Genesis (Diourbel) se qualifient pour la finale mondiale de robotique à Genève

À Somone, sur la Petite Côte sénégalaise, des élèves ont transformé des semaines d’apprentissage intensif en performance technologique. L’Escouade Ndam, basée à Dakar, et Neo Genesis, venue de Diourbel, ont remporté la finale nationale du Robotics for Good Youth Challenge et décroché leur qualification pour la finale mondiale de robotique prévue en juillet à Genève.

Dans une salle du Royal Horizon Baobab, transformée pour l’occasion en terrain d’expérimentation, de petits robots avancent entre des semences symbolisées par des cubes de bois et des circuits d’irrigation matérialisés par des billes bleues. À Somone, la robotique prend corps entre les mains d’adolescents venus de plusieurs régions du pays.

Cette scène marque l’aboutissement de la finale nationale du Robotics for Good Youth Challenge, une compétition mondiale dédiée à l’innovation technologique au service de problématiques concrètes, organisée au Sénégal par le Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, en partenariat avec FORCE-N, un programme de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane soutenu par la Fondation Mastercard.

Sur les 371 jeunes inscrits, répartis en 94 équipes, quinze ont accédé à cette phase finale. Deux formations se sont distinguées : L’Escouade Ndam, du CEM Liberté 6 de Dakar, en catégorie junior (10-15 ans), et Neo Genesis, du Lycée scientifique d’excellence de Diourbel, en catégorie senior (15-18 ans). Elles représenteront le Sénégal à la finale mondiale prévue en juillet à Genève.

Pour certains participants, le chemin parcouru en quelques semaines est saisissant. Il y a deux mois, Fatoumata Touré découvrait à peine la programmation. « C’était vraiment compliqué au début », confie-t-elle, observant désormais avec assurance son robot exécuter un parcours inspiré des défis agricoles. Entre les premières lignes de code hésitantes et la performance du jour, des heures d’apprentissage, d’erreurs et d’ajustements.

Avec ses coéquipières, elle a appris à programmer en Python, corriger des bugs et recommencer jusqu’à obtenir un résultat fonctionnel. Leur victoire en catégorie junior vient consacrer cet apprentissage accéléré.

La compétition a réuni des équipes issues de sept régions ( Dakar, Thiès, Kaffrine, Diourbel, Kolda, Sédhiou et Ziguinchor avec sept équipes en junior et huit en senior. Dans cette dernière catégorie, Neo Genesis s’est imposée face à ses concurrents.

Le processus de sélection s’est déroulé sur deux mois. Après une phase d’inscription ouverte en janvier, les participants ont bénéficié de formations en programmation Python et en programmation visuelle. Une présélection en ligne, organisée mi-février, a permis de retenir les quinze équipes finalistes. Dans les jours précédant la finale, des sessions intensives de coaching ont été assurées par des formateurs et des bénévoles de la communauté Senebot.

Sur le podium junior, l’équipe LYNAQKAFF03 (LYNAQE, Kaffrine) s’est classée deuxième, suivie de Kankuran STEM (CEM Boughary, Sédhiou). En senior, Diambar Tech (CEM Liberté 6/C, Dakar) et Essamay (Lycée Djignabo, Ziguinchor) ont respectivement terminé deuxième et troisième.

Pour les autorités, l’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large. Représentant le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, la directrice des TIC, Aïssatou Jeanne Ndiaye, a souligné que cette compétition illustre les ambitions du New Deal technologique du Sénégal, notamment en matière de formation et d’employabilité des jeunes dans les métiers du numérique. Elle y voit un signal encourageant quant à la capacité des élèves à mobiliser la technologie pour répondre à des défis concrets.

Même lecture du côté des encadreurs. Le professeur Oumar Mbodj, responsable du service STEMD de FORCE-N, insiste sur le rôle de la science et de la technologie comme leviers face aux enjeux contemporains, notamment la sécurité alimentaire et la résilience agricole.

Le représentant du ministère de l’Éducation nationale, Malick Gueye, a pour sa part mis en avant le Réseau national des Blocs scientifiques et technologiques (BST), dont le nombre est passé de cinq à vingt-huit en une décennie. Il a évoqué la possibilité de créer des passerelles entre ce réseau et ce type de compétition afin d’orienter les élèves les plus performants vers les filières d’excellence.

L’organisation de cette première édition nationale s’est appuyée sur un partenariat élargi, incluant notamment la Dakar American University of Science and Technology et l’association ACCEENT, qui ont contribué à l’encadrement des participants.

Pour les deux équipes lauréates, la prochaine étape se joue désormais à l’échelle internationale. À quelques mois de la finale mondiale, une phase de préparation spécifique s’ouvre.

Fatoumata Touré, elle, voit déjà plus loin. Elle souhaite devenir enseignante en sciences et transmettre à son tour ce qu’elle vient d’apprendre. Deux mois après avoir découvert la programmation, elle se prépare à représenter le Sénégal en Suisse — avec, désormais, une idée précise de son avenir.

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