La sixième édition du Cyber Africa Forum se tiendra les 16 et 17 novembre 2026 à Cotonou, au Bénin. Placé sous le thème « Construire la confiance numérique de demain », l’événement intervient dans un contexte où le Sénégal accélère sa transformation digitale à travers le New Deal Technologique Horizon 2034, tout en faisant face à une montée des cybermenaces.
Un enjeu qui parle directement au Sénégal
Le Cyber Africa Forum tiendra sa sixième édition les 16 et 17 novembre 2026 au Sofitel Cotonou Marina Hotel & Spa. Plus de 1 500 participants sont attendus, parmi lesquels des ministres africains, des dirigeants d’entreprises, des investisseurs, des entrepreneurs, des agences nationales du numérique et des experts internationaux.
Le thème retenu, « Construire la confiance numérique de demain », trouve un écho particulier au Sénégal. Le pays a lancé le New Deal Technologique Horizon 2034, une stratégie qui vise à faire du numérique un moteur de souveraineté, d’emploi et de croissance. Le plan prévoit notamment 12 programmes, 50 projets prioritaires sur dix ans, une contribution du numérique portée à 15 % du PIB, 150 000 emplois directs, 200 000 emplois indirects, plus de 500 start-up tech labellisées et 100 % des données sensibles hébergées au Sénégal à l’horizon 2034.
A Cotonou, un débat continental sur la souveraineté numérique
Pour Franck Kié, fondateur et Commissaire général du Cyber Africa Forum, le retour du forum au Bénin traduit une continuité stratégique : « Revenir au Bénin pour une deuxième année consécutive en dit long sur la confiance que nous accordons à ce pays. »
Le choix de Cotonou s’inscrit aussi dans la continuité de l’édition 2025, organisée en juin dans la capitale économique béninoise autour de la résilience des écosystèmes numériques africains. Cette précédente édition avait vu la participation de plusieurs responsables publics africains, parmi lesquels Romuald Wadagni, alors ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances du Bénin, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre béninoise du Numérique et de la Digitalisation, Ibrahim Kalil Konaté, ministre ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation, ou encore Léon Juste Ibombo, ministre congolais des Postes, Télécommunications et de l’Économie numérique.
L’édition 2026 entend élargir le débat au-delà de la seule cybercriminalité. Le programme abordera notamment l’intelligence artificielle, la souveraineté algorithmique, la cyberdiplomatie, la désinformation, la protection des données, l’identité numérique, les infrastructures satellitaires, l’interopérabilité panafricaine et le financement de l’économie numérique africaine.
Plusieurs nouveautés sont également annoncées : un Collège d’experts réunissant des profils issus du monde académique, des institutions publiques, des entreprises et des organisations internationales ; Tech 4 Creatives, consacré aux usages de l’IA dans les industries créatives africaines ; et un HackerLab organisé avec l’Agence des Systèmes d’Information et du Numérique du Bénin autour de la cybersécurité et de la lutte contre la cybercriminalité.
« Le niveau des décideurs attendus, l’ambition de notre programmation et les nouvelles initiatives que nous dévoilerons cette année annoncent une édition encore plus marquante que la précédente », souligne Franck Kié.
Des usages numériques en forte progression
Au Sénégal, la confiance numérique n’est plus un sujet abstrait. Elle concerne les services publics en ligne, les banques, les télécoms, les paiements digitaux, les plateformes administratives, les données personnelles et les entreprises.
Selon le rapport de l’ARTP sur le marché des communications électroniques au quatrième trimestre 2024, le taux de pénétration de l’Internet fixe et mobile au Sénégal s’établissait à 116,55 %. Cette progression montre l’ampleur des usages numériques dans le pays, mais elle accroît aussi les besoins de protection, de sécurité et de gouvernance des données.
Cette réalité est d’autant plus importante que les menaces progressent. Selon des données présentées par Kaspersky lors du KNext Dakar 2025, plus de 10 millions de cybermenaces auraient été détectées au Sénégal en 2024. Les attaques par vol de mots de passe auraient presque doublé en un an, passant de plus de 35 000 en 2023 à plus de 71 000 en 2024.
La confiance, condition du Sénégal numérique
Pour le Sénégal, le CAF 2026 aura une résonance particulière. Dakar veut renforcer ses capacités dans le cloud souverain, les data centers, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et la formation aux métiers du numérique. Mais cette ambition ne peut produire pleinement ses effets que si les citoyens, les entreprises et les investisseurs ont confiance dans les services digitaux, la protection des données et la résilience des infrastructures.
En cinq éditions, le Cyber Africa Forum revendique plus de 6 000 participants, plus de 100 partenaires et sponsors, des représentants venus de plus de 50 pays et plus de 500 rendez-vous d’affaires organisés. Pour le Sénégal, l’enjeu est clair : faire de la confiance numérique non seulement une exigence de sécurité, mais aussi un levier d’attractivité, de souveraineté et de compétitivité.