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La nouvelle architecture de la puissance – Géopolitique numérique, intelligence artificielle et souveraineté : quels choix stratégiques pour l’Afrique ?

Pendant des siècles, la puissance s'est mesurée à l'étendue du territoire, à la population, aux ressources naturelles, à l'industrie et aux capacités militaires. Ces critères demeurent, mais ils ne suffisent plus. Une…

Illustration La nouvelle architecture de la puissance – Géopolitique numérique, intelligence artificielle et souveraineté : quels choix stratégiques pour l’Afrique ?
Christophe Ravel

Pendant des siècles, la puissance s’est mesurée à l’étendue du territoire, à la population, aux ressources naturelles, à l’industrie et aux capacités militaires. Ces critères demeurent, mais ils ne suffisent plus. Une nouvelle géographie se superpose désormais aux cartes traditionnelles : celle des câbles sous-marins, des réseaux électriques, des satellites, des centres de données, des semi-conducteurs et des flux d’information.

L’infrastructure invisible de la puissance mondiale

Dans Connectography, Parag Khanna montre que le monde s’organise désormais davantage autour des réseaux que des seules frontières. Les États ne cherchent plus seulement à protéger leur territoire ; ils s’efforcent aussi de maîtriser les infrastructures, les données et les technologies dont dépend leur puissance. Le numérique n’est plus un simple secteur économique, il est devenu une infrastructure stratégique. L’intelligence artificielle n’en constitue que la partie visible. Derrière les modèles se déploie une chaîne de valeur où chaque maillon conditionne le suivant : sans énergie, pas de puissance de calcul ; sans semi-conducteurs, pas de centres de données ; sans infrastructures numériques, pas de circulation des données ; sans données, pas de modèles performants. La souveraineté numérique repose ainsi sur cinq piliers étroitement liés : l’énergie, les semi-conducteurs, les infrastructures, les données et les modèles d’intelligence artificielle. Deux interventions récentes en France illustrent parfaitement cette mutation. Devant l’Assemblée nationale, Arthur Mensch, cofondateur de Mistral AI, en a exposé les fondements industriels. Devant l’Académie des sciences morales et politiques, Olivier Dellenbach, président de ChapsVision, en a éclairé la portée stratégique. Arthur Mensch résume l’intelligence artificielle comme la capacité à transformer de l’électricité en « tokens », soulignant qu’un pays dépendant de services numériques étrangers renonce aussi à une part de son autonomie stratégique. Olivier Dellenbach compare, lui, l’écosystème de l’IA à une immense usine : l’électricité en est l’énergie, les semi-conducteurs les machines, le cloud l’outil de production, les données la matière première et les modèles le produit fini. L’intelligence artificielle apparaît ainsi moins comme un logiciel que comme une nouvelle politique industrielle.

Mais la puissance industrielle ne suffit pas : à ces cinq premiers piliers s’ajoute une sixième dimension, plus discrète mais tout aussi décisive, la capacité à peser sur les règles qui gouverneront l’intelligence artificielle à l’échelle mondiale. L’Europe l’a démontré la première avec le RGPD, devenu de facto un standard mondial de protection des données bien au-delà de ses frontières : celui qui fixe la norme en premier oriente durablement les usages et les choix technologiques de ceux qui l’adoptent ensuite, qu’ils y aient été associés ou non. La gouvernance n’est donc pas un supplément diplomatique à la puissance numérique ; elle en est un levier à part entière, au même titre que l’énergie ou les semi-conducteurs.

Cette bataille des normes vient de connaître une accélération spectaculaire. Les 16 et 17 juillet 2026 à Shanghai, la Chine a fait signer à vingt-neuf pays la création de la World AI Cooperation Organization (Waico), une organisation intergouvernementale dont elle accueille le siège. Citant un proverbe chinois, « une seule corde ne fait pas de musique, un seul arbre n’est pas une forêt », Xi Jinping a appelé à faire de l’intelligence artificielle une « symphonie de coopération internationale » plutôt que « le solo d’un pays unique », invoquant les principes de la Charte des Nations unies, la concertation et une approche centrée sur l’humain. Dix pays africains figurent parmi les membres fondateurs : Algérie, Cameroun, Congo, Éthiopie, Kenya, Lesotho, Mozambique, Sénégal, Afrique du Sud, Zambie, aux côtés de la Russie, du Brésil et de plusieurs pays d’Asie centrale et du Sud-Est asiatique. Le texte fondateur ne fixe cependant ni seuil de puissance de calcul, ni régime de licence, ni mécanisme d’application contraignant : c’est une charte de principes, pas un corpus de règles. Cette absence de contrainte a sans doute facilité les ralliements, aucun État n’y perd de souveraineté immédiate, mais elle interroge d’autant sa portée réelle.

Washington a répliqué sans attendre Shanghai. Depuis le début de l’année 2026, l’initiative américaine Pax Silica a fait passer sa coalition de 24 à 35 pays, dont l’Union européenne, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, l’Inde, le Royaume-Uni et plusieurs pays du Golfe. Son registre diffère sensiblement de celui de la Waico : il ne s’agit pas d’un forum de gouvernance mais d’un club de sécurisation des chaînes d’approvisionnement stratégiques, semi-conducteurs, IA, terres rares, assumant une régulation légère et pro-innovation, financé par des projets concrets, d’une école de formation à la fonderie de semi-conducteurs montée avec Stanford à une plateforme logistique IA au Panama. Les deux initiatives ne se font donc pas face sur le même terrain : la Waico revendique le langage de la gouvernance et de l’inclusion, Pax Silica celui de la confiance industrielle et de la sécurité d’approvisionnement. Mais dans les deux cas, la logique reste la même, bâtir un bloc, y attirer des partenaires, et fixer de l’intérieur les termes de la coopération future.

L’Europe illustre à elle seule la complexité de ce moment : elle poursuit sa propre stratégie d’influence normative, on l’a vu avec l’exportation du RGPD en Afrique, tout en participant, via Pax Silica, au bloc piloté par Washington. Son attachement traditionnel au multilatéralisme la place dans une position inconfortable face à une Waico qui, sur le papier, en reprend une partie du vocabulaire sans que l’Union y ait été conviée. Il est peu probable que les États-Unis rejoignent la Waico dans un avenir proche. Le véritable test, comme nous l’évoquions dans « La bataille silencieuse pour la gouvernance mondiale de l’IA », ne sera d’ailleurs pas l’efficacité réglementaire de l’organisation, volontairement minimale à ce stade, mais sa capacité à exister comme un espace réellement multilatéral plutôt que comme un simple relais d’influence chinoise. Deux éléments méritent d’être suivis de près dans les prochains mois : la manière dont la Chine exercera ou non un droit de regard de fait sur le fonctionnement de cette nouvelle organisation, et le contenu concret que prendront ses règles de gouvernance, aujourd’hui à l’état de charte de principes. L’un des premiers signe sera l’emplacement de son siège, Shanghai ou un lieu plus neutre et capable de réunir ce qui est épars comme Genève ? C’est de cette autonomie réelle, ou de son absence, que dépendra si la Waico devient un cadre global crédible ou un simple totem diplomatique.

Quand la géopolitique s’invite au cœur des sociétés

Dans The Age of AI, Henry Kissinger rappelait que l’intelligence artificielle ne transforme pas seulement nos outils, mais notre manière de comprendre le monde et de prendre des décisions. Ainsi la géopolitique numérique ne se joue plus uniquement entre les États ; elle se joue désormais au sein même des sociétés du fait des impacts potentiels. Cette révolution est ainsi autant politique et civilisationnelle que technologique. La controverse opposant Elon Musk à OpenAI en offre une autre illustration. Au-delà de ses intérêts industriels, Musk soulève une question essentielle : peut-on faire confiance à une intelligence artificielle sans savoir qui la finance, qui la développe et selon quelles valeurs elle est gouvernée ? Derrière chaque modèle se trouvent des choix économiques, politiques et culturels qui ne sont jamais totalement neutres. À la bataille des blocs étatiques décrite plus haut répond ainsi une bataille plus discrète, à l’échelle de l’entreprise : qui gouverne réellement le modèle, indépendamment de l’État qui l’héberge ou le régule ?

Cette interrogation rejoint désormais celle de l’acceptation sociale, et celle-ci se mesure déjà. Selon un rapport McKinsey, jusqu’à 57 % des heures travaillées aux États-Unis pourraient être exposées à l’automatisation par l’IA ; selon Gartner, 40 % des applications d’entreprise intégreront des agents autonomes d’ici la fin de l’année, contre moins de 5 % un an plus tôt, une multiplication par huit. Ces agents, capables de planifier et d’exécuter des tâches avec une intervention humaine de plus en plus limitée, pourraient transformer en profondeur les métiers du droit, de la finance, du conseil, de l’administration ou du développement informatique, c’est-à-dire le cœur des économies de services. Le rejet social suit la même courbe : aux États-Unis, l’opposition locale a bloqué ou retardé, sur le seul premier trimestre 2026, 75 projets de centres de données représentant près de 130 milliards de dollars, avec plus d’une centaine de moratoires proposés à l’échelle locale, régionale ou fédérale ; le mouvement s’étend aux Pays-Bas, à la Malaisie, au Royaume-Uni, à l’Espagne, au Brésil et à l’Australie. Près des deux tiers des Américains jugent désormais le développement de l’IA « trop rapide ». En France, l’enthousiasme mesuré par le baromètre du numérique est retombé de 36 % à 22 % en un an, tandis que 62 % des Français perçoivent l’IA comme un risque pour leur emploi. L’article publié par Le Monde diplomatique de juillet 2026, « Tout le monde déteste l’IA », résume ce basculement : l’intelligence artificielle n’est plus seulement associée au progrès ; elle devient aussi synonyme de déclassement, de concentration des richesses et d’incertitude professionnelle. Ce phénomène n’épargne pas la Chine, où l’on pourrait croire la question moins sensible. Alibaba a réduit ses effectifs d’environ un tiers depuis 2025, passant d’un pic proche de 250 000 salariés à un peu plus de 124 000, en remplaçant notamment près de la moitié des postes de service client de Taobao par des agents IA ; en interne, des ingénieurs du groupe témoignent d’une réduction déjà engagée des effectifs, davantage par attrition graduelle que par plan social massif. Le risque ne réside donc pas uniquement dans les emplois susceptibles de disparaître, mais dans la rapidité de la transformation et la manière dont les gains de productivité seront répartis. Si ceux-ci profitent principalement aux détenteurs des modèles, des infrastructures et du capital, tandis que les travailleurs supportent seuls le coût des reconversions, les inégalités pourraient s’accentuer et nourrir de nouvelles tensions sociales et politiques.

L’enjeu dépasse donc largement la technologie, selon Olivier Dellenbach, qui dans son intervention, précisait que la puissance numérique ne se mesurera pas uniquement à la performance des modèles, mais à la capacité des États, en Occident comme en Chine, à anticiper ces mutations, investir dans les compétences, accompagner les transitions professionnelles et faire en sorte que les bénéfices de l’intelligence artificielle soient suffisamment partagés pour préserver la cohésion des sociétés. La véritable question est peut-être ailleurs. Pendant longtemps, le progrès technique était conçu comme un moyen mis au service de l’homme. Avec l’intelligence artificielle, le risque apparaît inverse : adapter progressivement les sociétés aux contraintes des technologies plutôt que développer des technologies au service des sociétés. C’est sans doute là que réside le véritable enjeu de la gouvernance. Réguler l’intelligence artificielle ne consiste pas seulement à encadrer des algorithmes ; c’est préserver la capacité des sociétés à décider que la finalité du progrès demeure l’être humain.

L’Afrique, de l’atout stratégique à la puissance numérique

Chaque État se trouve ainsi placé devant une responsabilité de positionnement qu’il ne peut plus éluder : entrer dans une logique de bloc, choisir l’émancipation en négociant au cas par cas avec chacun, ou inventer d’autres formes d’alliances encore peu explorées. Tous ces choix doivent aussi être pris au regard de l’impact social et politique de l’IA sur leurs populations. Pour l’Afrique, le constat immédiat est net : dix États participent à la Waico, aucun ne figure aujourd’hui parmi les trente-cinq membres de Pax Silica. Le continent est donc représenté dans un seul des deux blocs naissants, une asymétrie à surveiller, sans être surinterprétée. La signature du Sénégal est éclairante à cet égard. Doté d’une des politiques numériques les plus structurées du continent, on l’a vu avec le financement chinois du data center de Diamniadio, sa couche logicielle confiée à Microsoft et son exploitation assurée par des ingénieurs nationaux, Dakar a construit sa stratégie sur la diversification des partenaires plutôt que sur un alignement idéologique. Rejoindre la Waico s’inscrit vraisemblablement dans cette continuité : moins une affirmation identitaire face à l’Occident qu’un choix pragmatique consistant à s’asseoir à la table où s’écrivent les règles plutôt que de les subir une fois fixées. Les deux lectures, émancipation symbolique et calcul stratégique, ne s’excluent d’ailleurs pas : c’est précisément dans cette zone grise que se joue, pour la plupart des États africains, la vraie marge de manœuvre de la souveraineté numérique.

L’Afrique ne peut être analysée comme une simple extension de la lutte de bloc et peut au contraire tracer son propre chemin. Certes, le continent reste confronté à des déficits d’infrastructures, de capacités de calcul, de connectivité et de formation, tout en demeurant largement dépendant de technologies étrangères. Mais cette lecture occulte plusieurs atouts stratégiques. Le premier est démographique. Avec la population la plus jeune du monde, l’Afrique aborde la révolution de l’intelligence artificielle sans le poids d’économies entièrement construites autour des métiers de services. Elle possède surtout une forte capacité de résilience et d’adaptation à ses propres réalités. Son histoire récente montre qu’elle sait parfois contourner certaines étapes de développement en adoptant directement les technologies les plus récentes, comme elle l’a fait avec la téléphonie mobile ou les services financiers numériques. L’intelligence artificielle pourrait ainsi devenir moins un outil de substitution qu’un levier d’augmentation des capacités humaines, notamment dans la santé, l’éducation, l’agriculture, la justice ou l’administration. Cette opportunité ne pourra toutefois être saisie qu’au prix d’investissements massifs dans les compétences, les infrastructures et l’innovation. Le second atout est matériel. L’Afrique concentre une part importante des ressources indispensables à la transition numérique (cobalt, cuivre, lithium, manganèse, graphite, bauxite, platine ou terres rares). Mais posséder ces ressources ne suffit pas. Le véritable enjeu consiste désormais à construire sur le continent la chaîne de valeur, du raffinage à la transformation industrielle, en passant par la recherche, la fabrication et le développement des compétences. La souveraineté numérique dépendra autant des politiques minières, énergétiques et industrielles que de la maîtrise des données et de l’intelligence artificielle.

Cette analyse rejoint les travaux du Dr Issa Isaac Sissokho présenté dans son livre intitulé « Réguler en Afrique à l’ère des innovations disruptives du numérique ». Il nous expose que la souveraineté numérique repose sur la maîtrise des infrastructures critiques, des réseaux, des données, des capacités de stockage, des algorithmes et de la cryptographie. Mais elle suppose surtout de résoudre un dilemme majeur : demeurer attractif pour les investisseurs internationaux tout en développant des capacités technologiques endogènes. Cela implique d’exiger des transferts de technologie, de former les talents locaux et de faire émerger un véritable écosystème africain de l’innovation. L’Afrique dispose, pour cela, d’une marge de manœuvre souvent sous-estimée. Les États-Unis, la Chine, l’Union européenne, la France, l’Inde, la Turquie ou encore les pays du Golfe cherchent tous à renforcer leur présence sur le continent. Cette concurrence constitue une opportunité stratégique. Elle permet aux États africains de négocier non seulement des financements, mais aussi des transferts de technologies, des centres de recherche, des infrastructures de calcul, la localisation d’une partie de la valeur ajoutée et la montée en compétences de leurs entreprises. L’enjeu n’est pas de choisir un camp, mais de transformer cette pluralité de partenaires en levier de développement. Cette ambition dépasse naturellement l’échelle nationale. Peu d’États pourront, seuls, développer des capacités de calcul, des clouds souverains ou des modèles linguistiques compétitifs. La coopération régionale apparaît dès lors indispensable. Des infrastructures partagées, des marchés numériques intégrés, des normes communes ou des pôles régionaux d’intelligence artificielle offriraient une masse critique plus crédible face aux grands acteurs internationaux.

La géopolitique numérique offre à l’Afrique une occasion historique. Le continent réunit une jeunesse nombreuse, des ressources critiques, un marché en pleine croissance et l’intérêt de toutes les grandes puissances. Mais ces atouts ne produiront de puissance qu’à travers une stratégie cohérente reliant énergie, infrastructures, industrie, données, compétences et intelligence artificielle. L’enjeu est désormais clair : rester un fournisseur de minerais, de données et un marché de consommation, ou capter une part croissante de la valeur créée sur son territoire. Dans cette nouvelle géographie du pouvoir, la souveraineté ne consiste ni à s’isoler ni à choisir un protecteur. Elle repose sur la capacité à s’émanciper, c’est-à-dire à négocier d’égal à égal en fonction de ses intérêts propres, à obtenir des transferts de technologie et à maîtriser progressivement les maillons essentiels de la chaîne de valeur. Les frontières du XXIᵉ siècle ne se limiteront plus aux cartes ; elles passeront aussi par les réseaux, les centres de données, les laboratoires de recherche, les modèles d’intelligence artificielle et par une coopération africaine capable de transformer ces atouts en puissance.

Recommandations pour l’Afrique

  1. Penser la souveraineté numérique comme une chaîne de valeur intégrée. articuler les six piliers interdépendants (énergie, semi-conducteurs, infrastructures, données, modèles d’intelligence artificielle et gouvernance des normes) et appliquer la même logique aux ressources critiques (cobalt, lithium, terres rares) : construire sur le continent le raffinage et la transformation industrielle plutôt que d’exporter la matière brute. Dans les deux cas, la valeur se crée moins dans la possession de la ressource que dans sa transformation.
  2. S’émanciper et transformer la concurrence des puissances en levier de développement. ne choisir ni camp ni protecteur, mais négocier d’égal à égal avec les États-Unis, la Chine, l’Union européenne, la France, l’Inde, la Turquie ou les pays du Golfe, pour obtenir financements, transferts de technologie, centres de recherche, infrastructures de calcul et localisation de la valeur ajoutée.
  3. Participer à l’écriture des règles de gouvernance mondiale de l’IA. s’engager, au cas par cas et sans exclusivité de bloc, dans les enceintes en construction (Waico, Pax Silica ou toute autre à venir) pour peser sur les normes plutôt que de les subir.
  4. Développer les compétences et un écosystème d’innovation endogène. conditionner l’ouverture du marché à la formation des talents locaux plutôt qu’à de simples transferts de technologie ponctuels, et faire de l’intelligence artificielle un levier d’augmentation des capacités humaines dans la santé, l’éducation, l’agriculture, la justice et l’administration.
  5. Veiller au partage des gains pour préserver la cohésion sociale. accompagner les transitions professionnelles et s’assurer que les gains de productivité de l’intelligence artificielle profitent aussi aux travailleurs, et pas seulement aux détenteurs des modèles, des infrastructures et du capital.
  6. Bâtir une coopération régionale africaine. mutualiser infrastructures partagées, marchés numériques intégrés, normes communes et pôles régionaux d’intelligence artificielle, pour atteindre une masse critique crédible face aux grands acteurs internationaux.

Par Christophe Ravel

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