Women in Tech Sénégal a lancé, samedi à Dakar, un appel sans équivoque en faveur d’un accès élargi des femmes aux métiers des sciences, de la technologie, de l’ingénierie, des arts et des mathématiques (STEAM). Pour ses membres, la présence accrue des femmes dans ces domaines est désormais jugée indispensable à l’accompagnement de la transformation numérique qui s’opère sur le continent africain.
Dans les salles de l’Institut français, près de 150 participantes et des représentants de 14 institutions partenaires se sont retrouvés pour le sommet annuel organisé autour du thème : « Bâtir l’Afrique par les femmes dans les STEAM ». La journée a été ponctuée de conférences, d’ateliers et d’échanges, tous centrés sur un même objectif : renforcer les compétences féminines dans les secteurs technologiques.
Pour Aïssatou Diouf, présidente de Women in Tech Sénégal, le principal obstacle n’est pas le manque de talents féminins, mais leur faible visibilité. « Les femmes ont leur place dans la tech. Si on ne la leur donne pas, elles iront la chercher », affirme-t-elle, soulignant la nécessité de développer des programmes de mentorat afin que des professionnelles aguerries guident les jeunes filles vers les carrières scientifiques et technologiques.
« Les modèles existent dans ce pays, mais ils ne sont pas suffisamment mis en lumière. Nous voulons que davantage de femmes rejoignent le mouvement et que des professionnelles deviennent des mentors », insiste-t-elle.
Pour lutter contre cette sous-représentation, Women in Tech Sénégal articule son action autour de quatre axes : l’éducation, la formation, le mentorat, le développement de partenariats
L’association mène aussi des initiatives de terrain, comme un programme d’alphabétisation numérique à Keur Tamsir(région de Diourbel).
Au-delà de l’échelon national, l’organisation voit la question comme un enjeu stratégique pour l’Afrique : l’implication des femmes est jugée essentielle pour permettre au continent de peser dans les grandes transformations technologiques mondiales. Selon Aïssatou Diouf, la participation féminine doit s’intensifier dans les débats internationaux sur la gouvernance numérique, l’intelligence artificielle ou encore l’innovation.
Elle appelle ainsi les pouvoirs publics, les entreprises et les partenaires techniques à soutenir, de manière plus structurée, les initiatives féminines dans le secteur des technologies. Créée en 2024, la branche sénégalaise de Women in Tech revendique déjà plusieurs centaines de bénéficiaires accompagnés via des programmes de sensibilisation, de formation et de renforcement des capacités. Présente dans plusieurs dizaines de pays, l’organisation entend poursuivre son développement pour contribuer à une économie numérique plus inclusive au Sénégal comme sur l’ensemble du continent africain.