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DPG : cloud souverain, IA… le gouvernement veut passer des annonces à l’exécution du New Deal technologique

DPG : cloud souverain, IA… le gouvernement veut passer des annonces à l’exécution du New Deal technologique

Illustration DPG : cloud souverain, IA… le gouvernement veut passer des annonces à l’exécution du New Deal technologique

Le gouvernement veut donner une nouvelle impulsion à la transformation numérique du Sénégal en faisant du cloud souverain et de l’intelligence artificielle (IA) deux axes majeurs du New Deal technologique. Mais derrière les annonces, la Déclaration de politique générale (DPG) introduit surtout une exigence : les projets numériques devront désormais franchir le cap de la faisabilité, du financement et de la démonstration de leur impact avant leur mise en œuvre.

Le changement est moins dans l’ambition affichée que dans la méthode revendiquée. Le gouvernement maintient le cap de l’Agenda Sénégal 2050, tout en affirmant vouloir modifier la manière de conduire les politiques publiques et les projets qui en découlent.

Le cloud souverain comme pièce maîtresse

Dans le volet consacré au numérique, la Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo du 8 septembre 2026 présente le New Deal technologique comme le principal cadre de transformation du secteur. Son objectif est de construire « une société numérique et un pays de services à forte valeur ajoutée ».

Le cloud souverain occupe une place particulière dans cette stratégie. Le document prévoit qu’il puisse héberger sur le territoire national les données sensibles de l’État, faisant de l’infrastructure cloud un enjeu qui dépasse la seule modernisation informatique de l’administration. Cette orientation est directement rattachée à la notion de souveraineté numérique. La DPG prévoit notamment de sécuriser les données publiques et les identités numériques, de poursuivre la dématérialisation des services et de protéger les infrastructures critiques.

Le gouvernement veut  que la performance numérique puisse être mesurée à partir d’indicateurs concrets : disponibilité des services, utilisation effective, réduction des délais et des coûts, interopérabilité des systèmes et maîtrise nationale des données et des infrastructures.

L’IA appelée à irriguer les politiques publiques

Deuxième marqueur fort de cette orientation : l’intelligence artificielle. Le PM  indique que l’IA sera « au centre » des projets numériques à travers une stratégie accélérée d’usages sectoriels. Le document ne détaille toutefois pas, à ce stade, les différents cas d’usage ni leur calendrier de déploiement.

Cette formulation laisse entrevoir une approche davantage tournée vers l’application de l’IA aux politiques publiques et aux secteurs économiques que vers la seule création d’un écosystème technologique.

Pour le Sénégal, l’enjeu sera donc de transformer cette ambition en applications concrètes, notamment dans les services publics, l’éducation, la santé ou encore la gestion administrative. Dans l’éducation, le gouvernement  prévoit notamment la construction de 15 000 salles de classe connectées et de 45 Espaces numériques ouverts, tout en annonçant la poursuite de la transformation numérique du secteur. Dans la santé, la télémédecine figure également parmi les services appelés à être renforcés sur l’ensemble du territoire.

« Quinze projets » plutôt que cinquante annonces

C’est probablement l’un des passages les plus significatifs de la DPG du PM pour comprendre la nouvelle approche gouvernementale. Les projets du New Deal ne seront pas exécutés au même rythme, prévient le gouvernement. Surtout, aucun projet ne devrait entrer en exécution avant l’achèvement des études, la sécurisation du montage financier et la démonstration de son impact. Ils doivent également passer par une « banque de projets » et être intégrés dans une matrice qui doit être publiée dans différentes langues.

Le Premier ministre résume cette logique par une formule destinée à marquer la rupture avec une culture de l’annonce :

« J’aime mieux vous annoncer aujourd’hui quinze projets et vous en livrer douze, que vous en annoncer cinquante et vous en livrer six. »

Pour le secteur numérique, cette promesse constitue un changement important de grille de lecture. La question ne sera plus seulement de savoir quels projets sont annoncés, mais lesquels disposent d’un financement, d’un calendrier, d’une architecture technique et d’indicateurs permettant d’en mesurer les résultats.

De la souveraineté des données à la cybersécurité

Le choix du cloud souverain s’inscrit par ailleurs dans une conception plus large de la sécurité numérique. La DPG considère les données de l’État, le cloud souverain et les systèmes essentiels comme des actifs devant être protégés au même titre que d’autres infrastructures stratégiques. Les câbles sous-marins, les installations énergétiques et d’autres infrastructures critiques sont également cités parmi les éléments nécessitant une protection renforcée. La souveraineté numérique devient ainsi à la fois un sujet de transformation administrative, de protection des données et de sécurité nationale.

 

La transformation numérique apparaît aussi dans la stratégie de mobilisation des recettes. Le PM annonce  notamment la digitalisation des procédures douanières ainsi que la taxation des prestations de services numériques fournies par des entreprises étrangères. Ces mesures sont présentées dans le cadre de la poursuite du Plan de Redressement Économique et Social (PRES), après évaluation et recentrage vers davantage d’efficacité. Le numérique est donc appelé à jouer un double rôle : infrastructure de transformation de l’État et levier de modernisation de la fiscalité.

La DPG donne finalement une clé de lecture à l’ensemble de cette feuille de route : le gouvernement affirme vouloir être jugé non pas sur ses intentions, mais sur son efficacité et ses résultats. Chaque ministre doit être lié à un contrat de performance et chaque projet faire l’objet d’une évaluation publique.

Pour le New Deal technologique, le message est donc relativement clair : le temps des grandes orientations doit désormais laisser place à celui de leur matérialisation. Cloud souverain, données publiques, identités numériques, IA et services dématérialisés constituent les principales briques annoncées. Reste maintenant à connaître les projets qui seront effectivement retenus, leurs financements, leurs échéances et surtout les premiers résultats mesurables.

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