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LFR 2026 : plusieurs projets présentés comme « supprimés » figurent toujours dans le texte

Agropoles, électrification rurale, GTE : plusieurs projets présentés comme supprimés dans le projet de LFR 2026 y figurent toujours, avec ou sans crédits.

Illustration LFR 2026 : plusieurs projets présentés comme « supprimés » figurent toujours dans le texte
Montage SocialNetLink (photos : archives SocialNetLink)

Des visuels largement relayés sur les réseaux sociaux affirment que le gouvernement a « supprimé » une série de projets dans le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. Une analyse du document officiel les juge inexacts et trompeurs : plusieurs de ces projets y restent inscrits, parfois avec plusieurs milliards de FCFA.

L’essentiel

  • Le constat : l’Agropole Sud, l’Agropole Centre et plusieurs volets de l’électrification rurale conservent des crédits dans le texte.
  • Les projets en attente : le Grand Transfert d’Eau et l’Agropole Nord restent dans la nomenclature, sans financement extérieur programmé en 2026.
  • Le contexte : le projet réduit de 555 milliards de FCFA les dépenses d’investissement.
  • Le calendrier : la plénière est prévue le mardi 27 octobre, après le rejet du texte en commission.

Les listes de projets présentés comme « supprimés » circulent depuis plusieurs jours. L’une d’elles a été publiée sur Facebook par Khadim Bamba Fall, membre de Pastef, selon Senego. Elles se diffusent alors que la commission des finances de l’Assemblée nationale a rejeté le texte le vendredi 23 octobre.

Des crédits maintenus pour les agropoles

Selon l’analyse, l’Agropole Sud conserve 7 milliards de FCFA en autorisations d’engagement (AE) et en crédits de paiement (CP) : 3 milliards de la BAD et du Fonds africain de développement (FAD), 4 milliards de la Banque islamique de développement (BID).

L’Agropole Centre, consacré à la promotion de l’entrepreneuriat durable dans le Sine-Saloum, dispose de 2,5 milliards de FCFA, dont 1,5 milliard de la BAD et du FAD et 1 milliard de la BID.

Plusieurs composantes de l’électrification rurale figurent aussi dans le texte :

  • Électrification solaire : 2 milliards de FCFA apportés par le Fonds d’Abu Dhabi.
  • 177 villages : plus de 4 milliards de FCFA de la BID et de la BOAD pour des mini-centrales photovoltaïques.
  • PUELEC 1 : 25 milliards de FCFA en autorisations d’engagement.

Inscrits, mais sans décaissement en 2026

D’autres projets restent dans la nomenclature sans financement extérieur activé cette année. Le Grand Transfert d’Eau (GTE) figure au portefeuille du ministère de l’Hydraulique (Annexe XII, page 108) sans montant affecté pour l’exercice. L’Agropole Nord (PZTA-Nord) n’a pas non plus de décaissement extérieur prévu. Ces projets ne sont pas radiés, mais leurs décaissements extérieurs ne sont pas programmés dans ce texte.

Sur le GTE, le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan a qualifié samedi de fausse information l’annonce de sa suppression, rapporte Seneweb. Selon le ministère, les 20 milliards de FCFA prévus pour engager les indemnisations ont été retirés, faute de recensement des personnes affectées, et 13,8 milliards ont été reprogrammés dans le projet de budget 2027. Le vice-président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, avait pour sa part dénoncé une amputation de 50 milliards de FCFA sur ce projet.

Des opérations fondues dans des programmes

Certaines opérations citées dans les visuels, comme la route Mékhé-Pékess-Thilmakha, la construction de 35 centres de santé ou les filières mil et arachide, ne sont pas listées nominativement. La loi de finances fonctionne en budget-programme : elle les regroupe dans des lignes globales, comme les programmes « Offre de soins de qualité » ou « Développement des infrastructures routières ». Leur absence nominative ne suffit donc pas à établir une suppression.

Une baisse de 555 milliards, pas une radiation

L’exposé des motifs du projet de loi de finances rectificative fait état d’une réduction globale de 555 milliards de FCFA des dépenses d’investissement : 315,7 milliards sur ressources internes et 239,3 milliards sur ressources extérieures. Elle cible les projets à faible rythme de décaissement ou jugés non prioritaires. Une réduction ou un report d’échéancier de trésorerie ne signifie pas pour autant la suppression juridique ou définitive d’un projet, souligne l’analyse.

Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo doit présenter les arbitrages du texte ce dimanche à 16 heures, selon Le Soleil. Le chef de l’État avait demandé lors du Conseil des ministres du 13 octobre que l’examen du texte se déroule dans les meilleures conditions. Les montants cités restent ceux du projet : ils pourront évoluer si le texte est amendé lors de la plénière du mardi 27 octobre.

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