À 28 ans, Saran Kaba Wagué ne se contente pas de communiquer : elle structure des récits, aligne des visions et construit des passerelles durables entre les institutions africaines et les standards internationaux.
Consultante en communication stratégique et affaires publiques, modératrice et public speaker, elle appartient à cette génération qui a décidé de reprendre le contrôle du narratif africain — avec méthode, exigence et ambition.
Jeune, panafricaine et orientée impact, Saran évolue au croisement du business, des politiques publiques et de l’influence internationale. Elle accompagne gouvernements, institutions et leaders dans la définition de messages crédibles et puissants, capables de parler au monde sans se renier. Pour elle, la communication n’est pas un habillage. C’est un levier de transformation politique, économique et sociale.
Très tôt, le mouvement s’impose à elle. Bachelière à 17 ans, elle entre dans la vie professionnelle à 18 ans, portée par une urgence simple : apprendre, agir, avancer.
« Je ne voulais pas rester à la maison. Peu importe le poste, je voulais être dans l’action », confie-t-elle. Cette énergie la propulse, à seulement 23 ans, à un poste stratégique couvrant quinze pays africains au sein du West Africa Think Tank (WATHI). Une expérience décisive. « L’Afrique ne manque pas d’idées. Elle manque d’alignement, de coordination et de vision partagée », analyse-t-elle.
Son rapport à l’État, à la rigueur et au service public plonge ses racines dans le cadre familial. D’un père fonctionnaire, discret et exigeant, elle hérite du sens du devoir et de la discipline. De sa mère, elle retient la liberté d’être soi même quand cela dérange. Extravertie, visible, connectée à tout son quartier, Saran grandit en assumant sa différence. « Chez moi, tout le monde était plutôt réservé. Moi, j’étais le petit canard vert », sourit-elle aujourd’hui. Cette singularité est devenue sa force.
Chez APO Group, cabinet panafricain de référence en communication stratégique, elle affine son regard. Elle observe de l’intérieur la manière dont l’Afrique est perçue, simplifiée, parfois instrumentalisée. « J’ai compris que si nous ne produisons pas nos propres récits, d’autres le feront à notre place », tranche-t-elle. Maîtriser les standards internationaux, oui mais au service d’une vision africaine claire, assumée et souveraine.
Aujourd’hui chez Concerto Global Public Affairs, Saran évolue là où se rencontrent le politique et l’économique. Elle y défend une conviction forte : les affaires publiques ne sont jamais neutres. Elles façonnent le pouvoir, la confiance et la capacité des États à défendre leurs intérêts. Son rôle : aider les décideurs africains à dire juste, à dire vrai, et à dire fort.
Sur les scènes panafricaines, elle prolonge ce combat par la parole. Certifiée en prise de parole en public, modératrice et maîtresse de cérémonie, elle anime des panels réunissant ministres, investisseurs et leaders d’opinion. Son message est constant : l’unité africaine n’est pas un slogan, c’est une stratégie. « Les États-Unis d’Afrique ne sont pas une utopie romantique. C’est un horizon politique qui doit guider nos choix, nos investissements et nos discours. »
Formée intégralement au Sénégal et forte de certifications internationales, dont une délivrée par l’université de Stanford, Saran revendique une réussite enracinée. « Mon anglais, je l’ai appris ici. Je n’ai pas eu besoin de partir pour être compétitive à l’international. » Une affirmation qui sonne comme un manifeste.
Lucide, exigeante, résolument tournée vers l’action, elle avance avec une détermination assumée.
« Il faut en vouloir. Travailler dur. Ne laisser personne vous expliquer que vous ne pouvez pas tout avoir. »
Son cap est de créer des ponts entre le continent et la diaspora, renforcer les synergies interafricaines et faire émerger des champions africains capables de parler d’égal à égal avec le monde.
À 28 ans, Saran Kaba Wagué ne demande pas la permission. Elle écrit, déjà, une autre manière pour l’Afrique de se raconter et de s’imposer.