Starlink – Le gouvernement veut connecter gratuitement un million de sénégalais

Le Sénégal amorce une nouvelle séquence de sa transformation numérique. À travers le déploiement opérationnel du New Deal technologique, l’État engage une accélération structurante de sa stratégie de connectivité universelle, portée notamment par l’arrivée d’opérateurs satellitaires de nouvelle génération. Une évolution qui marque un tournant dans l’aménagement numérique du territoire et dans la volonté des autorités de réduire durablement la fracture digitale.

Première traduction concrète de cette ambition : connecter gratuitement, dans une phase initiale, un million de Sénégalais à Internet, y compris dans les zones les plus reculées.

Selon le MTCN, pour soutenir cet objectif, un programme d’acquisition de 5 000 kits satellitaires a été négocié, dont 1 000 mis à disposition sans coût pour les bénéficiaires. Cette infrastructure doit permettre un déploiement rapide de la connectivité haut débit dans des territoires jusqu’ici faiblement couverts par les réseaux terrestres, souvent confrontés à des contraintes de relief, d’accessibilité ou de rentabilité économique.

La connectivité satellitaire s’inscrit ainsi comme un complément stratégique aux technologies déjà déployées comme la fibre optique, ADSL ou réseaux mobiles dans une approche intégrée de couverture nationale. Les priorités de déploiement traduisent cette logique d’impact social et territorial : zones blanches à travers des dispositifs de Wi-Fi communautaire, établissements d’enseignement, structures sanitaires, collectivités territoriales, zones frontalières, mais aussi régions ciblées par des programmes spécifiques comme le Plan Diomaye pour la Casamance ou certains pôles touristiques à fort potentiel.

Cette accélération intervient dans un contexte où l’accès à l’Internet fixe demeure encore limité. Selon les données de l’Observatoire national du numérique publiées par l’ARTP en juin 2025, le taux de pénétration s’établit à 40,12 %. Dans ce paysage, les constellations satellitaires en orbite basse apparaissent comme un levier de rupture, permettant une couverture quasi intégrale du territoire indépendamment des contraintes géographiques, avec des délais de déploiement nettement plus courts que les infrastructures terrestres traditionnelles.

Au-delà de la couverture, les performances techniques constituent un facteur déterminant. Débits élevés, latence réduite : ces capacités ouvrent la voie à une généralisation des usages numériques avancés. L’enseignement à distance, la télémédecine, la dématérialisation des services administratifs ou encore l’essor des services financiers digitaux devraient connaître une accélération significative.

Pour les populations rurales, l’accès continu à Internet devient ainsi un levier d’inclusion économique, facilitant le développement d’activités génératrices de revenus et l’intégration aux marchés numériques.

Conscient des enjeux de souveraineté numérique, l’État sénégalais a intégré l’exploitation de ces services dans un cadre réglementaire strict rappelle le Ministère dirigé par Alioune Sall.

L’octroi d’une autorisation de fournisseur d’accès Internet soumet les opérateurs satellitaires aux mêmes obligations que les acteurs télécoms locaux : respect des licences et cahiers des charges, conformité aux normes de qualité de service, exigences en matière de cybersécurité et protection des données personnelles. Des mécanismes de contrôle, d’audit et de traçabilité des flux viennent compléter ce dispositif afin de garantir l’alignement des opérations avec les intérêts nationaux.

L’arrivée de Starlink s’inscrit toutefois dans une logique de complémentarité plutôt que de concurrence. Les opérateurs télécoms historiques conservent un rôle central dans le développement et l’exploitation des réseaux terrestres, tandis que la connectivité satellitaire vient étendre la couverture dans les zones où les déploiements restent techniquement complexes ou économiquement contraints. Le régulateur veille, dans ce cadre, à préserver un équilibre de marché fondé sur la concurrence loyale, la transparence et la coopération entre les différents acteurs de l’écosystème.

Pour atteindre l’objectif du million de Sénégalais connectés, plusieurs mécanismes opérationnels ont été définis.

Le déploiement prioritaire concernera les écoles, universités et centres de formation, ainsi que les structures de santé. Les zones frontalières et territoires enclavés feront également l’objet d’une couverture renforcée. Des dispositifs de connectivité partagée, tels que le Wi-Fi public ou communautaire, permettront d’élargir l’accès à un plus grand nombre de bénéficiaires au-delà des sites directement équipés.

Au-delà de la performance technologique, c’est une transformation structurelle qui se dessine. En facilitant l’accès au savoir, aux soins, aux services publics et aux opportunités économiques, la connectivité satellitaire s’impose comme un instrument d’équité territoriale. Pilier du New Deal technologique, elle participe à la construction d’un écosystème numérique plus inclusif, plus résilient et mieux aligné sur les ambitions de développement du Sénégal.

Partager :

Socialnetlink

Retrouvez toute l'actu Tech et des Nouveaux Médias en Afrique  sur Socialnetlink.

Évènements à venir

Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.