Un réseau d’escroquerie numérique de 3 milliards FCFA démantelé autour de la plateforme HICASH

La Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (DSC) a mis au jour un vaste système d’escroquerie numérique impliquant la plateforme de crédit HICASH, opérée par la société Level Technologie. L’enquête, ouverte à la suite de nombreuses plaintes enregistrées entre décembre 2025 et avril 2026, a révélé un dispositif structuré de prêts à des conditions particulièrement abusives.

Selon les éléments de l’enquête, les utilisateurs accédaient à des crédits dont les modalités réelles s’avéraient extrêmement pénalisantes. Pour un montant annoncé de 10 000 FCFA, seuls 6 500 FCFA étaient effectivement versés aux emprunteurs, avec une obligation de remboursement intégral sous un délai de sept jours. Ce mécanisme correspond à un taux hebdomadaire de 53,8 %, soit près de 2 800 % sur une base annuelle.

Au-delà des conditions financières, les pratiques de recouvrement ont particulièrement retenu l’attention des enquêteurs. En cas de retard, les opérateurs exploitaient les données personnelles des clients — notamment leurs contacts téléphoniques et leurs photos — afin d’exercer des pressions et de procéder à des campagnes de harcèlement ciblé.

Les investigations techniques ont permis de localiser un centre opérationnel à Liberté 6, où fonctionnait une structure assimilable à un centre d’appels. Sur place, 70 employés ont été identifiés, dont une majorité affectée aux opérations de recouvrement. Les enquêteurs ont également relevé l’utilisation de dispositifs SIMBOX destinés à contourner les circuits traditionnels de télécommunication, ainsi que le recours à des agrégateurs de paiement permettant de dissimuler les flux financiers transitant par les services de mobile money.

L’exploitation des données de la plateforme a permis de mesurer l’ampleur du dispositif : plus de 100 000 demandes de crédit traitées, un volume global de transactions estimé à 3 milliards de francs CFA et un préjudice provisoire évalué à 1 milliard de francs CFA. Lors des opérations, plusieurs dizaines de millions de francs CFA en espèces, du matériel informatique et de nombreux téléphones portables ont été saisis.

Les enquêteurs ont en outre établi que la structure exerçait ses activités sans autorisation de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), en violation des règles encadrant les activités financières dans l’Union.

La directrice générale de la société ainsi que quatre autres responsables ont été déférés devant le procureur du Pool judiciaire financier, pour les suites de la procédure.

Cette affaire relance le débat sur l’encadrement des plateformes de crédit numérique et les risques associés à l’exploitation des données personnelles dans un contexte de forte expansion des services financiers digitaux en Afrique de l’Ouest.

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par Socialnetlink

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