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IA : la GSMA lance une alliance panafricaine pour intégrer les langues africaines

IA : la GSMA lance une alliance panafricaine pour intégrer les langues africaines

Illustration IA : la GSMA lance une alliance panafricaine pour intégrer les langues africaines
IA : la GSMA lance une alliance panafricaine pour intégrer les langues africaines

Plusieurs pays africains développent des modèles d’intelligence artificielle générative capables de comprendre leurs langues nationales. La GSMA entend désormais rassembler ces initiatives pour réduire le retard du continent dans ce domaine stratégique.

La GSMA, a annoncé le lancement d’Africa Umoja AI, également dénommée Atlas Umoja AI. Cette initiative panafricaine vise à renforcer la coopération pour développer des solutions d’intelligence artificielle adaptées aux langues, cultures et besoins du continent.

Le projet a été présenté à Abuja, au Nigeria, en parallèle avec la Conférence des plénipotentiaires de l’Union africaine des télécommunications (CPL-2026). L’initiative a été rejointe par les ministères du numérique du Nigeria, du Togo, du Kenya, de Namibie et du Bénin, ainsi que par les entreprises technologiques Awarri, Zindi, Pawa AI et Mozisha.

L’ambition d’Africa Umoja AI est de rassembler gouvernements, chercheurs et acteurs privés sur une même plateforme de coopération. Les partenaires pourront ainsi mutualiser leurs jeux de données, leurs compétences techniques et leurs bonnes pratiques pour concevoir des outils d’IA qui tiennent compte des réalités linguistiques et culturelles africaines.

Plus de 2 000 langues encore peu représentées

Plus de 2 000 langues existent en Afrique, soit environ un tiers des langues parlées dans le monde. Pourtant, la plupart d’entre elles restent peu représentées, voire totalement absentes, des technologies de traitement automatique du langage.

Cette situation empêche une grande partie de la population d’accéder aux assistants numériques, aux outils de traduction, aux services vocaux et, plus largement, aux nouvelles applications basées sur l’intelligence artificielle.

Africa Umoja AI entend utiliser l’expérience de N-ATLAS, considérée comme l’une des premières composantes techniques du projet, pour réduire cet écart.

Le Nigerian Atlas for Languages & AI at Scale a été lancé le 20 septembre 2025, en parallèle avec la 80ᵉ Assemblée générale des Nations unies. Il a été créé par la start-up nigériane Awarri en collaboration avec l’Agence nationale pour le développement des technologies de l’information (NITDA) et le Centre national pour l’intelligence artificielle et la robotique (NCAIR).

Ce modèle open source, construit sur l’architecture Llama 3 8B de Meta, a été entraîné sur plus de 400 millions de tokens de données multilingues. Il prend en charge le yoruba, le haoussa, l’igbo et l’anglais nigérian, et propose des fonctions de reconnaissance et de transcription vocales.

N-ATLAS reste toutefois à ce stade un outil essentiellement destiné aux développeurs et aux chercheurs. Aujourd’hui, aucune application grand public ne s’est répandue sur la base de cette technologie.

Des chercheurs africains déjà en mobilisation

L’idée d’Africa Umoja AI s’inscrit dans la continuité d’un mouvement qui dure depuis plusieurs années. Depuis 2019, la communauté panafricaine Masakhane réunit des chercheurs et des développeurs travaillant sur le traitement automatique des langues africaines. Le réseau, présent dans plus de 30 pays, a permis la création de plus de 60 modèles de traduction open source, dont l’igbo, le zoulou, le haoussa et le twi. Ces progrès ont souvent été accomplis avec des ressources bien moindres que celles des grandes entreprises technologiques mondiales.

Mozilla Common Voice contribue également de façon importante à la construction de bases de données vocales. En 2024, le programme a permis de rassembler plus de 5 000 heures d’enregistrements en haoussa, luganda, kiswahili et twi. Le volume devrait atteindre 12 000 heures d’ici 2027. L’originalité d’Africa Umoja AI tient donc à son double soutien : celui de plusieurs gouvernements et d’un acteur majeur du secteur mondial des télécommunications.

De plus en plus d’initiatives nationales voient le jour

Plusieurs pays africains sont en train de développer leurs propres modèles linguistiques. Depuis avril 2026, la Tanzanie développe un modèle basé sur le kiswahili, langue parlée par plus de 100 millions de personnes en Afrique de l’Est et dans la région des Grands Lacs.

Le projet a été annoncé par Angellah Kairuki, ministre tanzanienne de la Communication et des Technologies de l’information, et est mis en œuvre par la Commission tanzanienne des technologies de l’information et de la communication.

En Afrique du Sud et au Kenya, des programmes du même genre apparaissent. Dans ces deux pays, des chercheurs ont déjà consigné plus de 9 000 heures d’énoncés, dans les différentes langues locales, pour élargir l’accès aux technologies d’intelligence artificielle.

En combinant ces efforts, Africa Umoja AI vise à empêcher que les ressources soient dispersées et à accélérer la mise au point de modèles réellement adaptés aux populations africaines. Le succès du projet dépendra toutefois de la qualité des données collectées, de leur gouvernance et de la capacité des partenaires à transformer les avancées de la recherche en services accessibles au grand public.

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