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Ibrahima Lissa Faye, président Appel : « La presse en ligne est bien présente dans la vie du Sénégalais lambda »

Ibrahima Lissa Faye

L’équipe de Socialnetlink a rencontré Ibrahima Lissa Faye, journaliste, fondateur et Directeur de publication du journal en ligne PressAfrik.com et aujourd’hui Président de l’Association des Professionnels et Editeurs de la Presse en ligne. Dans notre entretien avec lui, il parle des débuts de son journal en ligne, l’état de la presse en ligne au Sénégal et ses regards sur le blogging et le Web 2.0 en tant que spécialiste des TIC et blogueur.

Qu’est-ce qui a motivé chez vous la création du journal en ligne PressAfrik.com en novembre 2008 ?

J’ai pensé à mettre sur place cette plateforme pour apporter un plus à la presse en ligne. J’avais fait une observation dans la presse et il n’existait que des portails et un site qui tentait de faire un peu du journalisme mais de manière très embryonnaire. Le journal PressAfrik.com est né avec un projet éditorial. A notre arrivée dans le paysage médiatique sénégalais, nous avons mis en place une rédaction et une commission bilingue français/anglais. Cela avait vraiment fait des émules. Rien que la partie anglaise faisait le triple ou même parfois le quintuple de la partie française.

Les gens s’étaient bien imprégnés et s’étaient bien accrochés. La presse en ligne, en ce moment, n’était pas très bien connue. Il y avait que quelques sites qui faisaient de l’offre, de l’information en ligne. Après la couverture des événements, il y avait une rapidité et une réactivité. Ce qui faisait que toute la concurrence avait eu déjà peur car tout le monde se disait que PressAfrik  veut être la vedette.

PressAfrik est l’un des premiers sites à révolutionner la presse en ligne en imposant carrément une rédaction et un travail professionnel. Donc, nous nous considérons comme un organe qui propulse dans la presse en ligne parce qu’à chaque fois nous essayons d’innover.

Que représente, aujourd’hui, la presse en ligne pour un Sénégalais lambda?

La presse en ligne est bien présente dans la vie du Sénégalais lambda. Aujourd’hui, nous constatons que la presse en ligne occupe la première place concernant l’information. Maintenant, les gens, quand ils se réveillent, prennent leurs smartphones ou tablettes pour se connecter. Certains préfèrent aller dans leurs bureaux et allumer leurs ordinateurs pour se connecter et lire certaines informations.

La presse en ligne, aujourd’hui, s’est valablement positionnée. C’est d’ailleurs pour cela que nous disons que la moitié des Sénégalais instruits visite la presse en ligne. Si nous faisons le cumul pour la presse en ligne sénégalaise au sein de l’Association des Professionnels et Editeurs de la Presse en ligne (APPEL), le nombre environne 2 millions de visiteurs par jour.

Aujourd’hui, avec la 3G, les smartphones et le mobile très présent, les Sénégalais ont adopté carrément la presse en ligne. Ce qui reste davantage, ce sont la publicité et l’accompagnement de l’Etat que nous ne sentons pas encore.

Vous êtes Président de l’APPEL, quels sont les natures de défis auxquelles vous devez faire face concernant la presse en ligne au Sénégal ?

Le défi majeur, c’est la professionnalisation. Il faut que le secteur soit beaucoup plus professionnel mais aussi que le pouvoir y mette du sien. Nous, à notre niveau, avons réfléchi et proposé quelque chose. L’Etat ne nous a pas encore suivis. Nous avons proposé une charte d’éthique et de déontologie de la presse en ligne et d’autres instruments pouvant être mis en place pour une presse en ligne plus professionnelle.

Nous avons constaté une floraison de sites. Certains sites ne sont là que pour copier et coller. Nous avons jugé cela anormal. Il y a aussi des sites qui placent de gros titres et ne mettent rien dans le contenu de l’article qui justifie les titres. Nous nous sommes dit que quelque part, cela décrédibilise notre profession et nous rend vulnérables. Nous allons faire le nécessaire. Nous ne pouvons pas interdire à ceux qui veulent créer des sites mais qu’ils respectent quand même les règles.

Vous êtes journaliste et blogeur, d’ailleurs meilleur bloggeur 2014 ayant remporté le Prix Ragnée, quelle lecture faites vous  sur cette pratique ?

Le blogging a une bonne marge devant lui. Ce qu’il faut comprendre avec cette pratique, c’est la liberté, l’envie, la passion. Les gens qui sont engagés et qui veulent percer dans ce domaine vont percer. Heureusement au Sénégal, il n’y a pas de blogueurs en prison. Les plateformes sont disponibles. Franchement, le terrain est vraiment ouvert pour les blogueurs et ouvert pour tous ceux qui sont férus d’interactivités.

Ce qu’il faut revoir, c’est la meilleure organisation pour des activités régulières. Déjà, il y a des espaces mais il en faut davantage d’autres. Il faut des bootcamps et d’autres activités qui pourraient faire vivre le Sénégal dans le milieu du blogging.

Avec votre profil de spécialiste des TIC et formateur Web 2.0, comment jugez-vous l’évolution du Web 2.0 au Sénégal et en Afrique de façon générale?

Au Sénégal, nous ne nous plaignons sérieusement pas trop. Les citoyens ont adapté le blogging Web 2.0 carrément même si l’utilisation est encore un peu trop parcellaire. Au Sénégal, les gens sont sur les réseaux sociaux et les utilisent allègrement.

Ce qui est à regretter, c’est la présence des institutions c’est-à-dire certains communicants qui sont de la vieille école et qui ne comprennent pas encore bien les astuces des réseaux sociaux. Aujourd’hui, ce n’est pas possible d’avoir une bonne communication sans une bonne utilisation des réseaux sociaux et des plateformes de blogging. Malheureusement, nous notons des gens à la tête des services de communication qui pèchent dans cela et ils ne prennent pas langue avec les blogueurs pour les aider à s’en sortir.

Je suis d’accord que l’on forme et renforce les capacités de ceux qui sont dans les administrations étatiques pour que l’information passe et que nous vivions l’ouverture. C’est cela qui va renforcer, selon moi, la démocratie et les connaissances et permettre aux gens de s’approprier, défendre et traduire en acte les politiques publiques. Tant que les gens ne savent pas ce qui se passe au niveau étatique, il ne peut pas y avoir d’appropriation.

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