Technologie

L’Afrique a beaucoup à apporter en termes de contenus ( expert Icann )

Pierre Dandjinou-ICANN

Le vice-président de l’Icann pour l’Afrique décline les contours du développement de technologies de l’information et de la communication en Afrique au premier salon international de l’économie numérique et de l’innovation du Gabon.

Gabon économie : Comment l’Afrique peut- elle tirer profit de l’essor des technologies de l’information et de la communication ?

M. Pierre Dandjinou : L’Afrique peut tirer grand profit de ces technologies ; la communication et internet lui apportent déjà beaucoup c’est-à-dire en termes de contribution au PIB et de croissance, on parle d’une moyenne de 5 à 6%, mais on peut faire plus. La contribution va être axée davantage sur le développement. En revanche il est intéressant de savoir qu’on peut faire plusieurs choses avec internet, par exemple améliorer la gestion de l’administration, on parle de l’e-administration. Ce système permet au citoyen d’obtenir facilement des services et à moindre coût, cela est valable pour d’autres secteurs à l’exemple de la santé, l’éducation, la banque…

Comment l’Afrique peut-elle faire ?

Il faut déjà avoir une stratégie afin de profiter de ça et investir dans les infrastructures, la formation, les financements, bref cet ensemble de choses qu’elle doit essayer d’embrasser dans le cadre d’une stratégie bien réfléchie.

Que faut-il mettre en place pour que le numérique génère davantage de profits sur le continent ?

Comme je l’ai dit, il faut avoir une stratégie, et la bande passante en constitue l’un des éléments. Aujourd’hui, internet est beaucoup plus utilisé pour les transferts des fichiers et un peu pour faire les vidéos. La vidéo, les images sont gourmandes de bande passante et la stratégie consiste à augmenter la bande passante en densifiant les réseaux, en mettant plus de fibre optique un peu partout dans le pays pour faire un maillage. Quand on a fini de mettre en place l’infrastructure, il y aura les contenus, les applications ; c’est là que l’Afrique a beaucoup de choses à apporter et à faire. Je pense que c’est une politique qui devrait englober tout cet ensemble d’éléments. Et on sait ce qu’il faut faire aujourd’hui, en matière d’infrastructures, on sait comment y aller, il est bien vrais qu’il y a des problèmes de financement, certains pays y vont petit à petit, d’un jour à l’autre l’ensemble des pays africains comprendront et emboiteront le pas.

Quels sont les mécanismes de financements à mettre en place pour développer le secteur du numérique en Afrique ?

Vous savez, aujourd’hui ce secteur est financé davantage par les opérateurs qui investissent dans le pays, c’est de l’argent qui provient de l’extérieur de temps en temps par des prêts que certains pays comme la chine le font, les financements sont aussi parfois fait par le gouvernement qui peut mettre un peu d’argent sur son budget national.

Nous, Africains, procédons ainsi depuis des années, il est temps de changer cette manière de faire, nous devons penser à d’autres types de financements, dit innovants ; il s’agit là des investissements qui prennent en compte la possibilité de lever des fonds au niveau national ou régional. Aussi, il y a des business angel ou capitaux-risqueurs, qui sont des hommes d’affaires locaux qui investissent leur capital directement dans des sociétés innovantes avec un risque de perte non négligeable et une chance de gains importants.

Il est à souligner que dans ce domaine, au-delà des équipements et autres, les banques ne font pas confiance aux jeunes entrepreneurs et donc comment y remédier ?

Je crois qu’il faut concocter un panier de financement, qui soit non seulement composé de bailleurs de fonds internationaux, des prêts au niveau des banques mais aussi de la contribution des acteurs locaux, qui peuvent aussi participer à la mise en place d’un mécanisme de gouvernance qui va assurer le développement du secteur numérique en Afrique.

Propos recueillis par Chimène Sandra Assengone

(Source : Gabon Economie, 17 décembre 2015)

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