Le numérique pour tous et pour tous les usages en 2025 au Sénégal, avec un secteur privé dynamique et innovant, dans un écosystème performant, est un véritable sacerdoce et à la fois une vision généreuse, réaliste et réalisable pour un pays soucieux des enjeux de l’industrie 4.0 à venir.


En mon sens, pour faire du numérique un véritable levier de croissance au Sénégal, il faudrait à priori miser sur un engagement plus déterminant de la mise en œuvre des politiques publiques nationales harmonisées par une vision stratégique des organisations sous régionales africaines.

Certes, de très belles initiatives se font depuis des années au Sénégal. Ainsi, de très grands projets sont engagés et ont été également pilotés par des Hommes intègres dotés d’un niveau intellectuel et de compétences avérées.

Pour preuve, le Gouvernement du Sénégal, se préoccupant de sa souveraineté numérique sur le cyberespace, a témoigné de son engagement en élaborant la Stratégie Nationale de Cybersécurité SNC2022. Ce document de référence définit la vision qui identifie les risques liés à la sécurité et en même temps tous les moyens utilisés pour leur éradication au niveau national sans oublier la  Stratégie Sénégal Numérique 2025 SN2025 et les volontés politiques qui vont avec.

Malgré les efforts consentis, il serait judicieux de se poser la question : quel est le niveau de mise en œuvre (qualitatif et quantitatif) de toutes ces stratégies, à travers une évaluation à mi-parcours ?  Autrement dit, a-t-on évalué à ce stade, l’impact social à des différents projets et programmes déployés depuis le lancement de cette stratégie ? 

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L’évaluation à mi-parcours a en effet l’avantage de permettre le marquage d’un temps d’arrêt afin d’analyser les résultats obtenus et d’apporter les améliorations nécessaires avant l’échéance définie.

En outres, admettons que l’innovation n’est point l’affaire des entreprises, mais c’est une culture qui doit être épousée par tous les secteurs d’activités y compris le public. La conduite du changement serait en mon sens plus réaliste et plus durable comme investissement pour les générations futures. La dimension matérielle n’est pas à négliger certes, mais elle ne saurait garantir des acquis compétitifs devant les grandes nations du numérique, à l’image du Bhoutan.

Utopique, me dira-t-on !

Alors, pourquoi ne pas miser sur l’humain ? Nous aurions pu convenablement redéfinir l’apport du numérique dans le PIB en intégrant le concept du «  bonheur national brut«  comme indice servant au gouvernement à mesurer le bien-être ressenti par la population à travers les usages favorisés par le numérique et portés par l’économie numérique.

En effet, la question des usages du numérique  commence par une formation solide et efficiente qui s’inscrit sur la base d’un programme homogène et harmonisé. A ce propos, il serait d’ailleurs constructeur et plus bénéfique pour les universités et écoles de formations supérieures sénégalaises de travailler pour un curriculum unique  des compétences solides en numérique  autour du système LMD (licence, Master et doctorat) ou APC (approche par les compétences).

Il faut le reconnaître, un des véritables défis à relever est la mesurabilité de la qualité des enseignants et apprentissages du numérique ainsi que du taux d’insertion des diplômés.

Enfin, la production de données qualitatives devrait être à l’état actuel, un des axes clés d’intervention des acteurs de l’économie numérique au Sénégal. Il s’y ajoute des études d’impacts portant sur les projets et programmes du secteur, déroulés jusqu’à ce jour. La disponibilité de ces données fiables, traduites sous forme de registres de capitalisation, aiderait les parties prenantes à mieux réorienter les efforts financiers et intellectuels  vers des chantiers à plus grande valeur ajoutée et à impact transformationnel.

 

Malick FAYE

CEO m6informatique

ICT Teacher-Trainer

IT & Digital Project Manager

http://m6informatique.com

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