À l’occasion de la 6e édition de Bpifrance Inno Génération qui s’est tenue à Paris début octobre et a bénéficié de la présence d’Emmanuel Macron et d’Uhuru Kenyatta, respectivement président de la France et du Kenya, le secrétaire d’État français chargé du Numérique, Cédric O, et son homologue kenyan, Joseph Mucheru, ont accepté d’explorer, à travers une interview croisée, les opportunités de connexion entre les écosystèmes tech de la France et du Kenya, mais aussi plus largement de l’Europe et de l’Afrique. Alors que la crise du Covid-19 met la pression dans un environnement où les géants numériques américains et asiatiques dominent le marché, il convient de réfléchir à l’espace et aux utilisations qui vont permettre les développements les plus adaptés et la meilleure inclusivité, entre autres défis.

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Le Point Afrique : Le BpiFrance Inno Génération appelé BIG a été organisé à Paris début octobre. Il se veut LE lieu de rencontre français de l’innovation. Quels enjeux avez-vous perçus dans le contexte particulier de son édition de 2020 ?

Cédric O : Il est important de parler d’innovation, particulièrement en cette période, puisque le numérique nous a aidés à gérer le confinement, par exemple. C’est dire que le numérique n’a jamais été aussi important dans notre vie de tous les jours. Le digital et les innovations sont des éléments importants du package que nous sommes en train de mettre en place pour aider la société à traverser cette crise. C’est donc le moment d’accélérer, le moment d’investir plus pour aider notre économie, notre société et nos entreprises à se relancer.

À travers une importante délégation, le Kenya a marqué sa présence. Pourquoi ?© Fournis par Le PointJoseph Mucheru est ministre chargé du Numérique au Kenya. © DR

Joseph Mucheru : Pour le Kenya, c’est une très belle opportunité que de rencontrer la communauté internationale en France, de pouvoir participer et d’être des acteurs de la communauté numérique mondiale. Nous avons beaucoup de petites entreprises et cherchons à être plus ouverts sur le marché africain et international, et à poursuivre la transformation numérique. C’est une opportunité que de mettre en avant nos entreprises, de trouver des investisseurs, des mentors, des conseillers ou simplement d’identifier des collaborations. Durant cette période du Covid-19, il nous faut être solidaires et avancer en partenaires. Notre président a rencontré le président français, et nous sommes très heureux que nos deux pays travaillent ensemble et améliorent leurs relations au sortir de cet événement.

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Le Kenya se positionne comme un hub numérique dans la région est-africaine. Vingt ans après l’adoption de la stratégie Kenya 2030, où en est le pays dans ses ambitions numériques ?

Joseph Mucheru : J’étais dans le secteur privé quand le projet Kenya 2030 a été lancé. L’un des piliers de ce programme est de transformer l’économie du Kenya en une économie digitale basée sur les connaissances. Une économie qui permette à nos jeunes de trouver des emplois et de faire passer notre pays dans la catégorie des pays à revenus intermédiaires. Ayant travaillé à la fois dans le privé et maintenant au gouvernement, j’ai vu les deux faces des actions engagées. D’abord, avec les politiques qui ont assuré les conditions de la libre concurrence sur le marché et qui ont rassuré les investisseurs. De notre côté, nous devons nous assurer que nous avons les bonnes infrastructures concernant les réseaux Internet, des data centers de qualité, par exemple. Nous avons, avec la France, réussi à organiser des « élections » numériques et à enregistrer l’ensemble de nos concitoyens à l’aide d’un système biométrique. Nous avons bâti une ville numérique ; dans nos écoles, on passe progressivement au numérique par la fourniture des équipements nécessaires et par l’installation, par exemple, de la fibre? Nous voyons émerger de plus en plus d’innovateurs et de start-up qui attestent que nous sommes dans une bonne période. Pas de doute que cet événement, le BIG, nous aidera, nous poussera à faire grandir notre écosystème.

Quelles sont les connexions déjà existantes et celles à mettre en place entre la French Tech et l’écosystème technologique kenyan, puis africain ?

Cédric O : L’Afrique en général et le Kenya en particulier sont en pleine émergence dans le monde numérique et de l’économie numérique. C’est donc un champ d’opportunités pour les Français comme pour les Africains, et bien évidemment pour les start-up kenyanes. C’est aussi une opportunité pour les sociétés et les économies africaines parce qu’il y a eu des retards dans la numérisation, mais nous voyons aujourd’hui qu’elles font des bonds. Ce que nous voyons en termes d’innovation dans la FinTech est très intéressant sur tout le continent, mais aussi et surtout au Kenya, qui est l’un des leaders dans le domaine. Énormément de partenariats gagnant-gagnant peuvent être construits entre les deux gouvernements, mais aussi entre les start-up des deux pays. Le Kenya peut présenter des opportunités pour certaines start-up françaises, tout comme la France peut faire de même pour des start-up kenyanes qui souhaitent s’installer sur le continent européen. Il y a déjà une communauté French Tech à Nairobi depuis 2017. Ce sont donc des choses que nous voulons encourager afin d’améliorer les relations entre les mondes numériques français et kenyan. Il y a aussi Digital Africa présentée par le président Macron lui-même. Il pense que les nouvelles relations que nous devons construire avec l’Afrique, avec l’Afrique de l’Ouest, mais aussi l’Afrique de l’Est, passent par le numérique, et cela peut être une réelle opportunité de créer des ponts.

Joseph Mucheru : Je ne peux qu’être d’accord avec ce qui vient d’être dit. Nous avons de très belles communautés tech au Kenya, et lorsque je travaillais à Google, nous avions des relations avec la France. Je pense que nous avons beaucoup à apprendre d’elle, et notamment sur la manière de créer des liens en Europe. Tout comme elle, nous sommes au c?ur de l’initiative Smart Africa, donc il y a un mariage possible qui nous permettrait de découvrir de nouveaux marchés. Nous devons réfléchir à comment orienter les investissements et comment nous pouvons grandir. Nos start-up ne sont pas seulement dans le secteur de la tech, mais aussi dans la création de films, les arts, le tourisme. Il nous faut informer et expliquer ce qui se passe dans nos différents pays, et il y a énormément d’échanges culturels entre nous, et pas seulement au niveau de l’expérience, mais aussi dans les arts, la gastronomie? Nous avons une très bonne relation avec la France depuis de nombreuses années. Des écoles françaises sont présentes au Kenya, et c’est l’occasion de voir comment nous pouvons grandir. Et les innovations qui pourraient sortir de ces partenariats seraient bénéfiques non seulement à la France et au Kenya, mais aussi au monde entier. Donc, regardons comment nous pouvons atteindre ce but ! Vous savez, c’est aussi l’opportunité de se rencontrer, de partager, c’est déjà une bonne raison.

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Lors de la crise du Covid-19, l’Afrique a révélé sa capacité de résilience et d’innovation, en particulier les jeunes qui ont offert des solutions aux problèmes rencontrés par leur communauté pendant la pandémie. Quelles leçons pour la France ? En retour, y a-t-il des actions ou des idées récentes pour aider les start-up françaises à devenir plus résilientes ?

Cédric O : Ce qui est très intéressant pour toute l’Europe, c’est la capacité de résilience face au Covid-19. Et le fait que l’innovation a été une solution pour faire face à la crise. J’ai lu, par exemple, qu’au Kenya certaines start-up ont utilisé l’impression 3D afin de produire du matériel de santé et faire des prototypes de respirateurs que le monde entier recherchait. Je pense que c’est très important. Nous avons vu en Afrique une capacité à très vite coopérer entre tous les acteurs, avec des réactions plus concrètes. C’est très intéressant pour nous.

En France, nous avons été capables de faire appel à nos start-up pour le gel hydroalcoolique ou des masques, mais je pense que nous avons eu du mal à créer des liens entre les lois autour de notre santé, les lois qui régissent la production de matériel de santé, et notre système d’innovation. Sur le plan strictement financier, une initiative mise en place récemment est le French Tech Bridge, un fonds de crédits-relais qui permet à de jeunes entreprises, avec un business model considéré comme solide et dont les levées de fonds ont été retardées en raison de l’état actuel du marché, de renforcer leur trésorerie durant la crise. Nous sommes en train, avec le concours de Digital Africa et de Proparco, d’avancer sur un projet similaire, le Digital Africa Bridge Fund, dédié aux start-up africaines.

Ce qui est intéressant en France, c’est la capacité des différents gouvernements français lors des dix dernières années à créer un écosystème à partir de rien. Il y a quelques années, la France n’était pas sur la carte en termes de technologies, de start-up, et nous sommes maintenant leader européen en termes de nombre de start-up, de capitaux mobilisés par les start-up, et c’est quelque chose que nous essayons de promouvoir à travers le monde. J’étais récemment avec des entrepreneurs de la diaspora africaine, et c’était très intéressant, puisque ces personnes étaient venues en France pour faire leurs études d’ingénierie. Ils ont été capables de créer des start-up qui ont une offre qui peut aussi intéresser le marché français. Je pense qu’être capable de créer cette marque de la French Tech et d’attirer des personnes du monde entier qui viennent en France est important, parce que nous ne sommes pas un géant, nous ne sommes pas les États-Unis, nous ne sommes pas la Chine, mais nous avons cette capacité d’accélérer l’innovation avec le concours des plus grosses entreprises, et cela doit être reconnu.© Fournis par Le PointEn visite en France, le président Uhuru Kenyatta est intervenu lors du BPIFrance Inno Generation (BIG) de 2020 où l’Afrique a occupé une place d’une grande importance. © DR

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Joseph Mucheru : Laissez-moi dire d’abord qu’en termes d’innovations, nous allons très bien ! Nous l’avons vu lors de cette période de Covid-19. Les innovations venaient de personnes qui constataient des problèmes et travaillaient à les résoudre. La traçabilité des personnes infectées, la fabrication de ventilateurs? Nous avons eu de nombreuses et très bonnes solutions. J’ai créé un comité de conseil autour du Covid-19 et nous avons reçu plus de 700 projets innovants. Nous leur proposons du mentorat, un peu de capital, des méthodes pour se développer et comprendre les logiques du marché, déposer des brevets, essayer de s’assurer qu’ils vont dans le bon sens avec leur business plan, leur recrutement? Donc, je dirais que le type d’accompagnement que nous voulons mettre en place, c’est d’abord pour mieux ouvrir le marché de manière à ce que nos concitoyens puissent facilement obtenir tel ou tel produit. Nous avons quelques très bonnes entreprises, comme récemment le français Rubis, qui travaille dans l’énergie et qui cherche de nombreuses solutions numériques. Notre but est de voir comment nous pouvons offrir à nos start-up un accès aux dépôts de brevets, à des conseils juridiques, leur offrir tout le mentorat dont ils ont besoin, la 4G, la 5G, afin d’utiliser ces services, communiquer, former et faire en sorte que nos jeunes, une fois bien formés, puissent aller sur le marché du travail. C’est ce que nous faisons au Kenya et plus largement en Afrique, un continent qui comptera bientôt plus de 1,3 milliard d’habitants. On ne peut pas s’occuper seulement du Kenya et de ses 50 millions d’habitants. Nous voulons faire partie de cette Afrique numérique.

Comment mieux soutenir cette innovation et finalement répondre aux défis de l’inclusion qui se posent au Kenya, mais aussi en France ?

Cédric O : Je pense que la France et l’Europe ont deux problèmes. Le premier est économique : l’État doit créer un environnement. C’est ce que nous essayons de construire depuis les dix dernières années. Il y a l’environnement économique, l’environnement scolaire, le cadre juridique qui permet aux start-up d’émerger et de grandir. Ce sont des points sur lesquels nous sommes assez optimistes. S’il est compliqué de faire émerger un écosystème, à partir du moment où il est là, il grandit. L’écosystème est aujourd’hui assez mature en Europe pour grandir, et je pense que nous verrons dans les deux à trois prochaines années de plus en plus de licornes émerger, de plus en plus de grandes entreprises numériques émerger en Europe. Donc voilà le premier problème à résoudre, ce n’est pas à l’État de créer de la valeur, mais c’est à lui de créer un environnement favorable à l’émergence des start-up. Par ailleurs, et c’est le deuxième problème : je pense qu’il y a une question un peu plus délicate en Europe de l’Ouest. Elle concerne la société. Le numérique est évidemment nécessaire, mais il est aussi une partie de la colère qui grandit à travers toute l’Europe. Il y a des questionnements sur le progrès, sur la manière dont le monde évolue. En France, un sixième de la population n’utilise jamais un ordinateur, un tiers n’a pas les connaissances basiques pour le numérique. Et si nous n’arrivons pas à rallier cette partie de la population, à la rassurer sur sa participation dans les transformations à venir et le monde qui est en train d’arriver, il y aura plus de Brexit, plus de colère, plus de Gilets jaunes en France et plus de votes en faveur des extrêmes. Il y a un équilibre à trouver entre ces deux tendances, l’une qui nous pousse à accélérer, à investir dans la technologie, et l’autre qui représente une partie de la population dont nous devons prendre soin en l’accompagnant dans ces grandes transformations.

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Concrètement, comment mieux orienter les investissements vers les start-up numériques ? Quels exemples, leçons apprises et bonnes pratiques ou idées en France pourraient éventuellement inspirer les écosystèmes africains et vice versa ?© Fournis par Le Point© Fournis par Le PointLe président Emmanuel Macron lors de son intervention au Bpifrance Inno Génération (BIG) de 2020 où l’Afrique a occupé une place de grande importance. © DR

Cédric O : Pour être honnête, je ne pense pas qu’il y ait de solution miracle qui transforme un écosystème entier en une nuit. Construire un écosystème, que ce soit en Afrique ou en Europe, ça prend du temps. Cela nous a pris dix ans pour que la French Tech passe de rien à 5 milliards d’euros d’investissement par an. Cela prendra du temps pour faire émerger des écosystèmes en Afrique, mais cela fonctionne toujours de la même façon. Au début, il y a un secteur d’attractivité ; ensuite, cela se diffuse à la totalité du pays. Tout le monde a besoin d’adapter ses législations et son environnement, mais il n’existe pas de solutions miracles. En France, si nous voulons atteindre 20 milliards, cela nous prendra du temps. Créer un écosystème, et c’est l’idée principale que je veux partager, prend du temps.

Joseph Mucheru : Je suis d’accord sur le fait que le plus important que nous puissions faire en tant que gouvernement est de créer l’écosystème. Mais cet écosystème doit être attractif pour les sociétés locales, les compagnies internationales et les investisseurs internationaux. Donc les réglementations sont importantes : il faut avoir des lois que chacun comprenne, avoir le bon langage. En ayant cela en place, il faut également assurer que les investissements sont protégés. Il faut aussi mettre en avant des entreprises qui ont eu du succès, qui ont eu à présenter un produit en partant de rien et à qui elles ont pu faire atteindre un certain niveau, et qui sont toujours en train d’étendre leur marché. Et nous devons tenir nos promesses en tant que pays et faire en sorte que le système financier fonctionne afin que la confiance soit là. Car, ensuite, quand quelqu’un se présente avec un business plan, on peut rassurer les investisseurs. Donc l’écosystème est très important, mais les exemples de réussite sont également cruciaux. De nombreuses compagnies sont venues chez nous, ont investi et ont pu s’étendre. De nombreuses entreprises ont leur siège à Nairobi : Microsoft, Google, Intel, des entreprises de la Silicon Valley? On peut voir que ces entreprises créent une forme de climat de confiance, ce qui peut encourager des entreprises françaises à venir s’installer. Comme exemple, je citerai Carrefour, entre autres.

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Pour conclure, l’économie numérique peut-elle être un moyen pour l’Afrique de mieux s’intégrer dans l’économie mondiale ?

Joseph Mucheru : Les économies numériques sont une partie essentielle de la stratégie du Kenya, et de l’Afrique. Nous nous sommes réunis il y a cinq ans afin de créer un marché numérique unique qui dépasserait les politiques en même temps que, de l’autre côté, on était en train de négocier pour la mise en place de la zone de libre-échange. L’alliance Smart Africa, car c’est de cela qu’il s’agit, réunit aujourd’hui 750 millions de personnes. Et avec la zone de libre-échange, nous avons désormais un énorme marché et l’Afrique devient très attractive. Cela dit, si vous voulez unir l’Afrique, vous devez le faire par la technologie pour que, lorsqu’une entreprise arrive, elle puisse atteindre tout le monde par le mobile. Par exemple avoir des numéros de téléphone qui fonctionnent dans tous les pays, cela unifie le continent. Notre autre atout, c’est la jeunesse, l’âge médian en Afrique est de 19 ans. Cela signifie que nous allons avoir 700 millions de personnes âgées de moins de 19 ans. Le marché est très grand et cela crée beaucoup d’opportunités pour des emplois dans le numérique pour le reste du monde. C’est donc une très belle opportunité pour le continent, pour le Kenya, pour ses partenaires comme la France, qui peut nous aider à créer des ponts plus importants avec l’Afrique de l’Ouest francophone. J’ai hâte de voir ces dix prochaines années pour l’Afrique et le Kenya.

De la même manière, en guise de conclusion, et si, finalement, c’était par le biais des startupeurs et du secteur du numérique que s’opérait ce nouveau partenariat Europe-Afrique tant attendu et nécessaire pour faire face, ensemble, aux géants américains et asiatiques du numérique ?

Cédric O : Nous voyons qu’il y a deux modèles leaders dans le monde, un modèle américain très privé et un chinois, qui n’a pas la même vision de la démocratie que nous. Ce que nous voulons, c’est créer notre propre modèle. Et je pense que c’est une idée que de nombreux pays, comme le Kenya, partagent. Nous voulons, évidemment, créer une puissance numérique pour des raisons économiques et de souveraineté. Mais nous voulons construire notre modèle en prenant en compte nos valeurs, notre vision du monde et de la démocratie. Mais pour créer cette troisième voie, nous devons construire des alliances, bien sûr avec des pays européens, mais aussi avec des pays asiatiques et africains. Tous ensemble, nous pouvons créer une troisième voie. Cela est vrai dans le domaine numérique, mais également autour de technologies plus sensibles, comme l’intelligence artificielle, qui posent de nombreuses questions sur l’équilibre entre les droits humains et l’économie, et qui doivent être particulièrement surveillées. Et je pense que nous pouvons créer cela avec l’Afrique.

Par Le Point

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