Dans le domaine social, la technologie «gadget» ne peut exister en tant que telle, elle doit se mettre au service des usagers pour améliorer leur quotidien. Paul Benoit et Miroslav Sviezeny, co-fondateurs de Qarnot, qui soutiennent cette idée, participeront aux journées Solutions Solidaires, dont «Libération» est partenaire.

La solidarité, c’est le thème du prochain Forum Libération diffusé en direct sur libération.fr et Facebook. Pour inscrire cet événement dans votre agenda et suivre toutes ses actualités : cliquez ici.

Tribune. Aucun projet ne voit le jour aujourd’hui sans revendiquer sa part d’innovation technologique, sociale, managériale, éducative… L’innovation est le phare de la nouveauté, la boussole du changement. Mais pourquoi innover ? En premier lieu pour répondre à des problématiques et des mutations qui traversent nos sociétés.

Dans le domaine des solidarités, les collectivités locales, les bailleurs sociaux, donnent souvent l’impulsion de ces solutions nouvelles, par le recours à l’expérimentation, et parce qu’il est du ressort de la puissance publique de tenter, d’oser. Ainsi parfois, les solutions novatrices d’entreprises privées viennent répondre aux besoins du public, de l’intérêt général. Dans cette injonction permanente à l’innovation, notons le regain d’intérêt pour les low-techs, ces solutions aux technologies peu sophistiquées, souvent valorisées pour leur pérennité, et défendues pour leur capacité à convoquer le «bon sens», la simplicité et l’indépendance vis-à-vis du tout technicien.

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Le «high-tech», le numérique et les technologies doivent-ils pour autant être condamnés ? Le progrès technologique ne saurait être une fin en soi, mais bien un moyen de parvenir à quelque chose. Au service de quoi, de qui donc ? Principalement des usagers, des locataires, des bénéficiaires, en améliorant leur vie quotidienne, en jouant sur des leviers concrets : budget, qualité de vie, organisation, éducation… Les besoins essentiels ont la vertu de passer les technologies au tamis de l’utilité, reléguant le futile et l’accessoire.

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Des associations et entreprises aux fondements technologiques se sont illustrées au cours des dernières années, tantôt sous des formes conventionnelles, tantôt «à mission» ou «Economie Sociale et Solidaire» («ESS»). Dans le milieu des start-up, si «for good» et «à impact» semblent être devenus des suffixes immanquables, certaines entreprises font florès pour leurs portées solidaires et environnementales. Parmi bien d’autres : Too Good To Go et Phénix, qui réduisent le gaspillage alimentaire, Eco CO2 et Fludia qui optimisent l’énergie, l’Arrondi qui encourage le don aux associations, Tous bénévoles qui invite à l’engagement…

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Autre exemple qui fait rimer technologie, social et écologie : Qarnot. Notre entreprise francilienne chauffe gratuitement et écologiquement des logements sociaux grâce à la chaleur dégagée par des serveurs informatiques. Cette solution d’économie circulaire numérique valorise le déchet des uns – la chaleur dans l’informatique – pour en faire la ressource précieuse des autres, la chaleur dans le logement. Ici, le progrès vient autant d’une technologie que d’un modèle inédit qui combine efficacité énergétique et impact social. Ni une panacée ni une solution miracle, la technologie peut être un outil précieux au service des solidarités et de l’environnement. Elle doit être maîtrisée, comprise et partagée, et ne doit pas être une valeur absolue.

 Paul Benoit et Miroslav Sviezeny

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