L’ancien président sénégalais Macky Sall a présenté une vision ambitieuse pour réformer le système multilatéral, appelant à une transformation en profondeur de Organisation des Nations Unies afin de répondre aux crises mondiales croissantes.
Dans un document détaillant sa candidature au poste de Secrétaire général, Macky Sall décrit un monde confronté à une « crise systémique » marquée par l’escalade des conflits, les tensions économiques et le poids de la dette pesant sur les pays en développement. Il estime que l’ONU, bien que toujours indispensable, souffre d’un déficit de confiance, d’efficacité et d’autorité morale.
Une ONU à réinventer
Pour y remédier, l’ancien chef d’État propose de « réformer, rationaliser et moderniser » l’institution, avec pour objectif principal de restaurer la crédibilité du multilatéralisme. Il insiste sur la nécessité de reconstruire la confiance entre États membres et de renforcer la capacité d’action collective face aux défis du XXIe siècle.
Sa vision s’articule autour de trois axes majeurs : une approche intégrée entre paix, sécurité et développement, la revitalisation du multilatéralisme, et l’amélioration de la gouvernance interne de l’ONU.
Paix et développement, un lien indissociable
Macky Sall souligne que la paix ne peut être durable sans progrès économique et social. Il appelle à une meilleure coordination entre les opérations de maintien de la paix, les agences de développement et les acteurs humanitaires afin d’éviter les duplications et d’accroître l’efficacité des interventions.
Il plaide également pour une approche plus proactive de prévention des conflits, basée sur le dialogue, l’alerte précoce et une coopération renforcée avec les organisations régionales.
Réformer un multilatéralisme sous pression
Face à un monde de plus en plus fragmenté, l’ancien président sénégalais défend un multilatéralisme « revitalisé » comme cadre central pour traiter les enjeux globaux, allant des crises sécuritaires aux défis liés aux technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle.
Il propose notamment une réforme du Conseil de sécurité afin d’en améliorer la représentativité et la légitimité, tout en préservant son efficacité opérationnelle.
Une gouvernance axée sur les résultats
Sur le plan institutionnel, Macky Sall met en avant une gestion plus transparente, fondée sur la rationalisation des structures et une utilisation optimale des ressources. Il insiste sur la nécessité d’un financement plus prévisible et d’une modernisation des méthodes de travail, notamment grâce au numérique.
Son approche repose sur trois principes : « rationaliser, simplifier, optimiser », avec une attention particulière portée à l’efficacité sur le terrain.
Un plaidoyer pour un leadership pragmatique
Fort de plus de quatre décennies d’expérience dans la gestion des affaires publiques, dont douze ans à la tête du Sénégal, Macky Sall met en avant un leadership basé sur le pragmatisme, le respect de la souveraineté des États et une gestion orientée vers les résultats.
« La confiance se construit par la constance, l’équité et l’efficience », affirme-t-il, appelant à une ONU capable de produire des résultats concrets et défendables par les gouvernements auprès de leurs citoyens.

