Portée par un marché de plus de 1,3 milliard d’habitants et l’adhésion de 54 pays, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) s’impose progressivement comme un levier majeur de transformation économique. Depuis son opérationnalisation en 2021, l’accord enregistre des avancées concrètes, avec en ligne de mire la suppression de 90 % des droits de douane et un volume d’échanges intra-africains estimé à près de 230 milliards de dollars à l’horizon 2026.
Entrée en vigueur en 2019, la ZLECAf constitue aujourd’hui la plus vaste zone de libre-échange au monde en nombre d’États participants. Elle ambitionne de renforcer l’intégration économique du continent en facilitant la circulation des biens et services. Dans cette dynamique, plusieurs progrès notables ont été enregistrés. La réduction progressive des barrières tarifaires est engagée, tandis que des initiatives pilotes, telles que la Guided Trade Initiative, ont permis de tester concrètement les mécanismes commerciaux entre pays partenaires et d’initier les premières transactions dans le cadre de l’accord.
Au-delà des échanges commerciaux, la ZLECAf est également perçue comme un outil stratégique pour répondre à des enjeux majeurs, notamment la sécurité alimentaire. Pour Wamkele Mene, Secrétaire général de la ZLECAf, l’utilisation des règles commerciales pour réduire les coûts et lever les obstacles intra-africains est essentielle afin de permettre aux petits producteurs, aux commerçants informels et aux acteurs agricoles d’accéder plus facilement aux marchés du continent.
Selon un rapport de la Banque africaine de développement publié en 2025, le commerce intra-africain, historiquement limité à moins de 18 % des échanges du continent, montre des signes encourageants de progression. Il pourrait atteindre environ 230 milliards de dollars en 2026, soit une hausse estimée à 10 %. Dans cette perspective, un plan d’action dédié au commerce agricole est en cours d’élaboration, avec pour objectif de structurer et dynamiser les échanges dans ce secteur stratégique.
Cependant, ces avancées restent inégalement réparties. Certaines régions, notamment l’Afrique centrale, peinent encore à tirer pleinement profit de l’accord en raison de contraintes structurelles persistantes : insuffisance des infrastructures, faibles capacités institutionnelles et maintien de barrières non tarifaires. L’harmonisation des politiques commerciales et le développement des réseaux logistiques apparaissent ainsi comme des conditions indispensables à une mise en œuvre effective.
La ZLECAf progresse donc de manière tangible, avec des impacts déjà visibles sur l’intégration régionale. Mais la réussite complète de ce projet structurant dépendra de la capacité des États africains à accélérer les réformes, lever les obstacles structurels et transformer cette ambition en un véritable moteur de développement économique pour le continent.

