Lors du Africa CEO Forum Annual Summit à Kigali, une déclaration a particulièrement retenu l’attention des décideurs et acteurs du numérique : « L’intelligence artificielle ne peut pas bénéficier à toute l’humanité si l’Afrique n’est pas incluse. »
Prononcée par Emmanuel Lubanzadio, responsable Afrique de OpenAI, cette phrase a donné le ton d’un des échanges les plus stratégiques du sommet consacré à l’avenir de l’intelligence artificielle sur le continent.
Face à un public composé de chefs d’entreprise, d’investisseurs et de responsables publics africains, Emmanuel Lubanzadio a insisté sur l’importance d’une approche inclusive du développement de l’IA. Selon lui, l’enjeu ne réside plus uniquement dans l’accès à la technologie, mais surtout dans la capacité des populations africaines à s’approprier concrètement ces outils pour créer de la valeur, innover et transformer les économies locales.
Aujourd’hui, OpenAI revendique plus de 900 millions d’utilisateurs hebdomadaires dans le monde, dont une part croissante en Afrique. Mais pour l’entreprise américaine, la démocratisation de l’IA ne peut se limiter à la simple disponibilité des plateformes. Elle doit s’accompagner d’investissements dans les compétences, l’éducation numérique et l’écosystème des développeurs africains.
Trois initiatives majeures structurent actuellement cette stratégie sur le continent. La première est ChatGPT Go, une version plus accessible financièrement, pensée pour les marchés sensibles au prix. La deuxième concerne OpenAI Academy, un programme lancé en premier lieu au Nigeria afin de renforcer la culture et les compétences en intelligence artificielle. Enfin, le programme OpenAI Codex Ambassador vise à soutenir directement les communautés de développeurs africains à travers des rencontres, des formations et des initiatives locales.
À ce titre, un rendez-vous communautaire prévu cette semaine à Nairobi suscite déjà un fort engouement, avec plus de 300 inscriptions enregistrées.
Le message envoyé depuis Kigali montre que la prochaine phase de l’intelligence artificielle en Afrique sera portée moins par les plateformes elles-mêmes que par les développeurs, entrepreneurs et créateurs africains capables de transformer ces technologies en solutions concrètes adaptées aux réalités du continent.

