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« Le talent ne suffit plus » : Hugues Diaz et Basile Niane plaident pour des artistes mieux formés et plus structurés

À l’heure où les industries culturelles connaissent une profonde mutation sous l’effet du numérique, le talent, à lui seul, ne garantit plus une carrière durable. C’est le principal enseignement du premier panel…

Illustration « Le talent ne suffit plus » : Hugues Diaz et Basile Niane plaident pour des artistes mieux formés et plus structurés
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À l’heure où les industries culturelles connaissent une profonde mutation sous l’effet du numérique, le talent, à lui seul, ne garantit plus une carrière durable. C’est le principal enseignement du premier panel du Forum, organisé du 2 au 4 juillet, consacré au thème : « Créativité et innovation : les clés du succès pour les artistes entrepreneurs ».

Prenant la parole devant un public composé d’artistes, d’entrepreneurs culturels et d’acteurs de l’écosystème créatif, le directeur des Arts, Hugues Diaz, et l’entrepreneur tech  Basile Niane ont insisté sur la nécessité de professionnaliser davantage les métiers de la création.

Pour Hugues Diaz, l’art ne peut plus être dissocié des réalités juridiques, économiques et numériques. Il a notamment exhorté les artistes à mieux protéger leurs activités.

« Même lorsqu’une prestation est gratuite, faites toujours signer un contrat. Beaucoup d’artistes se produisent sans aucune protection juridique, et c’est une première faute. »

Le directeur des Arts a également mis en avant l’importance de la maîtrise des outils numériques. Selon lui, la visibilité des œuvres dépend désormais largement des plateformes digitales et des mécanismes de découvrabilité.

« Si vous ne maîtrisez pas ces outils, vous resterez des artistes de salon, sans véritable carrière permettant de vivre de votre art », a-t-il averti.

De son côté, Basile Niane a appelé les créateurs à dépasser le simple talent pour bâtir de véritables entreprises culturelles capables de se développer et de créer de la valeur.

« Le talent est là, mais nous ne sommes pas suffisamment structurés », a-t-il regretté.

Selon lui, de nombreux jeunes créateurs recherchent des résultats immédiats sans prendre le temps de construire un modèle économique viable et durable.

Pour illustrer son propos, il a cité l’exemple de Cheikh Mbacké Thiam, artisan reconnu pour la qualité de ses chaussures. Malgré son savoir-faire, sa capacité de production reste limitée tant que son activité repose uniquement sur ses compétences personnelles.

« Il ne peut pas produire cent paires de chaussures en une journée. Il faut industrialiser son activité, former d’autres jeunes et créer une véritable entreprise », a plaidé Basile Niane.

À travers leurs interventions, les deux panélistes ont convergé vers une même conviction : la réussite des artistes passe désormais par la formation, la structuration des projets, la maîtrise des outils numériques, ainsi qu’une meilleure compréhension des enjeux juridiques et économiques.

Un changement de culture qu’ils jugent indispensable pour permettre aux créateurs sénégalais de transformer durablement leur passion en une activité rentable et compétitive.

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