En cette période de pandémie, le respirateur est incontournable pour une bonne prise en charge des personnes atteintes de la covid 19. Cependant, beaucoup de pays du continent n’en possèdent pas assez. Conscient de ce manquement, un groupe de chercheurs du Réseau panafricain Honoris United Universities s’est penché dans la conception d’un ventilateur non invasif (VNI) à imprimer en 3D.

« C’est grâce au télétravail et au confinement que l’idée a émergé », raconte l’initiateur et chef du projet. C’est un Tunisien,  Nidhal Rezg, docteur en automatique industrielle qui enseigne à l’Ecole polytechnique de Tunis et à l’Université de Lorraine, à Metz. « Entre collègues, on s’est rapidement dit qu’il fallait faire quelque chose pour contribuer à sauver des vies». Les échanges à distance aboutissent en quelques jours. Fin mars, un consortium se met sur pied. Par la suite,  une équipe de médecins tunisiens du réseau Honoris se lance pour l’élaboration du prototype.

En open source sur internet

Comme beaucoup d’innovation nées de cette crise sanitaire, l’idée est de la proposer le respirateur sur internet gratuitement. Cela, sans avoir à payer de droit d’accès à un brevet. L’objectif c’est un logiciel téléchargeable accompagné d’un manuel de fabrication, de recommandations de matières premières et d’imprimantes 3D, ainsi qu’un mode d’emploi complet. Conséquemment, c’est pour une utilisation aussi bien à domicile qu’à l’hôpital.

Selon Le Monde, les matériaux ont été choisis pour leur fiabilité mais aussi pour leur facilité d’accès. A l’arrivée, le défi est de permettre à n’importe qui, particulier ou Etat, de fabriquer rapidement des respirateurs pour moins de 400 euros pièce.

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« C’était intéressant d’être à la croisée de deux mondes : l’industriel et le médical », raconte le chirurgien Chadli Dziri, créateur et responsable du Centre de simulation médical de Tunis. Ainsi, il a participé au projet avec l’anesthésiste et réanimateur Mamoun Ben Cheikh. « En tant que médecins, nous savions exactement ce que nous voulions, mais nous ne savions pas ce que les ingénieurs pouvaient réaliser. En fait, nous sommes tous des techniciens : nous avons passé des heures à échanger par mails et visioconférence. Et en quatre jours, c’était plié ! »

Trois options de fabrication

La conception du VNI est d’autant plus intéressante qu’elle est comporte trois options de fabrication. La première consiste en un masque lavable en silicone avec filtre, qui permet de se protéger de la contamination. Les deux autres options ajoutent les éléments nécessaires à la respiration assistée simple. Ainsi, elles se fabriqueront avec un venturi, section qui permet de calibrer le débit d’oxygène. En plus, on aura un presseur qui actionne le ballon insufflateur en cas de motorisation du dispositif.

« Bien sûr, il s’agit d’une version simplifiée par rapport aux modèles industriels sophistiqués. Cependant, nous sommes en guerre contre ce virus et la pénurie de respirateurs nous oblige à proposer des solutions rapides et fiables, poursuit Nidhal Rezg. Tout est imprimable en 3D, sauf le moteur et la partie électronique, très faciles à trouver sur le marché. » De premières séries du respirateur seront imprimées par Tech3D et Level 1. Il revient ensuite aux Etats du continent, et au-delà, de s’emparer de cette technologie pour fabriquer leurs propres respirateurs.

 

Avec Le Monde

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