En Afrique-subsaharienne, au Sénégal en particulier, la science est souvent restée  marginalisée par la communauté scientifique internationale moderne, le terme « pays non industrialisés » n’est pas anodin en ce sens.

En effet, le progrès scientifique et technologique n’a juste été jusque-là qu’une consommation du produit d’ailleurs. Le continent a toujours nourri un espoir de développement futur fondé sur le partenariat avec les pays développés. Cette réalité modélisée par plusieurs concepts contemporains tels que l’aide au développement, l’annulation de la dette, les accords de partenariat peut être une illusion ou un cercle vicieux plongeant nos pays dans un perpétuel recommencement.

Aujourd’hui depuis maintenant plus de 2 mois que le premier cas testé positif au covid19 a été signalé au Sénégal, dans un contexte où les pays développés, partenaires commerciaux ont limité leurs exportations vers le Sénégal, le gouvernement et la population n’ont eu d’autre choix que de reprendre le destin du pays en main. Dans cette situation de crise sanitaire mondiale chaque pays se replie sur soi et tente de trouver des solutions propres à sa survie, c’est ce qu’a compris les pays exportateurs en choisissant de stocker leurs produits alimentaires, pharmaceutiques, etc.

La guerre menée contre l’ennemi invisible aura le privilège au moins d’avoir réveillé ou augmenté l’esprit de créativité qui siestait en nous. En effet, en période de crise, l’ingéniosité humaine a toujours brillé, la révolution industrielle  des pays occidentaux dans les années 1840 s’était considérablement accélérée durant l’entre guerre (1914-1945) et elle s’est poursuivie.

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On pourrait facilement observer que les catastrophes ont toujours participé à attiser l’intellect humain, les inventions avaient facilité l’autonomie de plusieurs pays par la recherche de solutions propres aux difficultés du quotidien.

Serait-il l’occasion pour les pays africains de se libérer des diverses dépendances économiques et d’investir sur l’expertise locale ?

De nos jours avec la situation qui sévit dans le monde, le Sénégal a su saisir sa chance, et comme un déclic, les universitaires se sont approprié le combat. En effet, avant de parler des inventions technologiques, il faut noter que dès le début de la crise les universitaires ont créé des groupes de travail par champs de compétence. Selon l’économiste et écrivain Felwine Sarr, un groupe a été monté en économie afin d’anticiper l’impact au niveau des transports, du tourisme, du commerce, de la culture et du secteur informel très exposé en ce moment. Des réflexions à des mesures qui pourraient aider l’État à garantir aux individus des revenus plus durables et stables ont été initiées, allant plus loin, on serait tenté de dire que c’est une aubaine pour nos économistes d’appliquer un modèle économique intrinsèque indépendant, basé par exemple sur les concepts de microfinances. Cette synergie s’est aussi produite dans le domaine du droit, de la gestion, de la science et de la médecine, et même chez les activistes ou chez les leaders communautaires. C’est une excellente démonstration de l’impact que la société civile peut avoir.

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Revenant ainsi dans le domaine de la science et des inventions, on assiste dorénavant à une renaissance du génie africain. Allant du respirateur artificiel et du Dr Car produits par des professeurs et des étudiants de l’université polytechnique de Thiès au lavabo mobile et gels hydro-alcooliques (UCAD), nos scientifiques ont relevé les défis.

Des initiateurs particuliers se sont distingués sur des ébauches de confection de masques et autres équipements de protection. Ils ont participé de ce fait à donner un certain souffle d’autonomie au pays.

Ces inventions et innovations sont attendues aussi dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie, de la pharmacie et de la médecine, etc.

Le Covid19 aura permis la valorisation des talents africains et le sentiment de patriotisme comme stratégie de survie, enfin les autorités africaines en général et du Sénégal en particulier à travers ces exemples nombreux devraient s’atteler à la promotion et à l’encouragement des initiatives et des expertises locales. Car enfin on commence à comprendre que nous devons faire les choses par nous-même et au-delà protéger notre économie.

 

Par Philippe Nelson Ndiaye 

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