La bataille sera rude entre l’Afrique et l’Europe pour le poste de directeur de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Trois candidats africains sont annoncés pour briguer sa direction, dont deux femmes, l’une partant favorite. Voici leurs profils. »

Amina Mohamed serait pressentie parmi les candidats en pôle pour remplacer Roberto Azevêdo après son annonce de quitter ses fonctions à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en août prochain, au lieu d’août 2021. Cette kényane est née en octobre 1961. Diplomate de carrière, elle a occupé les fonctions de ministre des Affaires étrangères, de l’Éducation et des Sports sous l’autorité du président Uhuru Kenyatta. Entre 2000 et 2006, elle a été ambassadrice et représentante permanente auprès de la mission diplomatique du Kenya à Genève et a présidé le Groupe africain à la Commission des droits de l’homme de l’OMC. Elle a été la première femme à présider le Conseil général de l’OMC en 2005. Diplomate reconnue, Amina Mohamed capitalise une vaste expérience à l’OMC. Elle a été la première femme à présider les trois organes les plus importants de l’organisation. Une expérience peut-être constitutive d’avantage sur les autres candidats.
Amina Mohamed


Amina Mohamed serait pressentie parmi les candidats en pôle pour remplacer Roberto Azevêdo après son annonce de quitter ses fonctions à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en août prochain, au lieu d’août 2021. Cette kényane est née en octobre 1961. Diplomate de carrière, elle a occupé les fonctions de ministre des Affaires étrangères, de l’Éducation et des Sports sous l’autorité du président Uhuru Kenyatta. Entre 2000 et 2006, elle a été ambassadrice et représentante permanente auprès de la mission diplomatique du Kenya à Genève et a présidé le Groupe africain à la Commission des droits de l’homme de l’OMC. Elle a été la première femme à présider le Conseil général de l’OMC en 2005. Diplomate reconnue, Amina Mohamed capitalise une vaste expérience à l’OMC. Elle a été la première femme à présider les trois organes les plus importants de l’organisation. Une expérience peut-être constitutive d’avantage sur les autres candidats.

Ngozi Okonjo-Iweala, candidate du Nigeria à l’OMC.

Elle n’était pas annoncée avant que le président nigérian Muhammadu Bihari ne décide de la porter candidate à la place d’un autre Nigérian. Ngosi dispose d’atouts solides. En effet, l’ex-vice-présidente de la Banque mondiale, ex-ministre des Finances et ex-ministre des Affaires étrangères du Nigeria, est connue pour son combat contre la corruption. Actuellement, Ngozi préside le conseil d’administration de l’Alliance globale pour les vaccins et l’immunisation (GAVI).

Cette économiste du développement de 65 ans, diplômée des deux prestigieuses universités américaines, Harvard et Massachusetts Institute of Technology (MIT), a plus de 30 ans d’expertise dans le développement et la finance à son actif avec 25 ans passés au sein de la Banque mondiale et une ascension qui l’y a menée au poste de directrice générale de 2007 à 2011. Membre du conseil d’administration de Twitter, la Nigériane figure parmi les 4 personnalités de la task force mise en place par l’Union africaine pour obtenir un soutien des institutions et des pays développés pour faire face à la pandémie de Covid-19. Ngozi est certainement le favori africain.

Elle bénéficie du soutien du Nigeria et l’Afrique du Sud, les deux premières puissances économiques du continent, et bénéficiera certainement de l’appui des pays de la CEDEAO. La candidate vient d’obtenir le ralliement du Béninois Eloi Laourou, ex-candidat du Bénin à la direction de l’OMC. Celui-ci, fort de plus de 30 ans de carrière et président du Conseil du programme de Cadre intégré renforcé (CIR) de l’OMC, connaît bien l’institution dont il est co-président du groupe de travail «Commerce et Développement» du groupe des ambassadeurs francophones (GAF) à Genève depuis 2013. Abdel-Hamid Mamdouh, un Égyptien «technicien» du commerce international

Derrière la Nigériane Ngozi, il faudra compter sur la candidature de l’Egyptien L’Hamid Mamdouh.

Diplomate rompu aux négociations commerciales, il a longtemps servi au sein de l’OMC. Le Suisso-Egyptien a déposé sa candidature le mardi 9 juin courant, devenant le premier Africain à se porter candidat. Après une longue carrière diplomatique, il intègre le ministère de l’Economie et du commerce extérieur chargé des relations commerciales bilatérales. En 1985, il est nommé négociateur au sein de la mission permanente de l’Egypte au sein du GATT, l’ancêtre de l’OMC.

En 1990, il est recruté par le GATT pour effectuer du conseil juridique, puis assister le directeur général adjoint. Il y contribue à la négociation et à la rédaction de l’Accord général sur le commerce des services entré en vigueur en 1995, année de naissance de l’OMC. Il y occupera les postes de secrétaire du Conseil du commerce des services et ensuite chef de la division Services investissement. A 67 ans, ce diplômé en droit de l’université du Caire en 1974 quitte l’OMC après vingt ans de services pour rejoindre en 2017 le cabinet américain King & Spalding LLP à Genève.

Soutenu par l’Egypte, il pourra aussi bénéficier du soutien des pays du Golfe proches du Caire. L’Egypte compte peser de tout son poids pour obtenir sa nomination à la tête de l’OMC.

Toutefois, certains évoquent sa double nationalité (Suisse) comme un frein à un soutien unanime du continent africain.


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