Si le climat des affaires s’est nettement amélioré en Afrique, au regard des dernières éditions du classement Doing Business, il le doit en grande partie à ces entreprises engagées dans la legaltech qui simplifie les démarches administratives et juridiques pour les entreprises. Legafrik, fondée par Youssouf Ballo, surfe sur une vague qu’il a en grande partie créée. Déjà opérationnel en Côte d’Ivoire, la startup tente de s’imposer dans d’autres pays de la sous-région.

124 000 FCFA contre 300 000 FCFA pour un acte juridique au Burkina Faso. Il faut dire que les offres ne laissent pas insensibles un secteur privé qui tend à se formaliser bien qu’il ne souhaite pas débourser d’importantes sommes d’argent dans l’élaboration d’actes juridiques.

Legafrik, fondée par Youssouf Ballo, est un véritable pionnier en la matière. «Les démarches administratives locales sont un véritable casse-tête. C’est pourquoi la centralisation sur une seule et même plate-forme est un gain de temps pour les entrepreneurs», indique-t-il.

La legaltech serait-il alors un formidable outil dans la lutte contre les phobies administratives? Assurément pour Youssouf Ballo: «Nous constatons une double tendance sur le terrain. D’une part, il y a un nombre croissant de personnes qui veulent entreprendre. D’autre part, les formalisations sont à la hausse d’au moins 30% en Afrique de l’ouest comparée aux années précédentes», affirme Youssouf Ballo.

Les régulateurs au centre du jeu

Capable de produire de manière automatique et instantanée une centaine d’actes juridique quotidiennement, Legafrik s’impose sur un marché dont l’expansion tient à la volonté des régulateurs télécoms nationaux. «Ce sont eux qui donnent leur feu-vert pour le déploiement sur un territoire national. Nous devons les rassurer en leur expliquant les bienfaits pour les Etats de voir s’implanter ce genre de solutions sans menacer l’emploi des avocats classiques». Si rien n’indique que cette exercice de pédagogie parvienne à ces résultats, il n’empêche que les résultats demeurent saisissants. «Nous produisons plusieurs dizaines d’actes différents. Parmi nos clients, ce sont des entrepreneurs locaux à 70% et 30% pour la diaspora».

Une hyper-croissance réellement maîtrisée ?

Si Legafrik surfe sur une vague positive, c’est parce que les pouvoirs publics font tout ce qu’ils peuvent pour normaliser les business. «Aujourd’hui, l’informel se réduit car même les petites entreprises ont parfois besoin de micro-crédits. Et les instituts demandent que les entreprises soient inscrites au registre du commerce». Ce serait ainsi l’une des causes de l’éclosion de l’écosystème. Poussée par cette dynamique, l’entreprise poursuit sur une croissance positive. «Depuis juin, nous avons déployé nos activités en République Démocratique du Congo, au Bénin, au Sénégal. Nous visons une croissance à 300%», s’enthousiasme-t-il.

«Les problématiques de ces entrepreneurs dans ces pays-là se ressemblent. Il y a des complexités administratives et les coûts des prestations sont aussi élevés auprès des professionnels du secteur. En RDC, un acte notarié peut grimper jusqu’à 600 euros», indique-t-il.D’ici cinq ans, lui et son associé Daouda Diallo espère accompagner 500 000 entrepreneurs. Un succès que les Finances Publiques des Etats de la zone OHADA ainsi que les entrepreneurs verraient d’un très bon œil pour des raisons bien évidemment complètement différentes…

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