Grâce aux technologies de l’aviation, une start-up veut rattraper le retard accusé dans la modernisation de l’agriculture au Cameroun. Elle propose des drones destinés au traitement et à l’irrigation rapide des cultures. Un procédé qui permet de réduire les dépenses et de booster la production.

L’agriculture est l’un des secteurs clés de l’économie camerounaise. Avec sa richesse climatique et ses terres arables, le pays se positionne en Afrique centrale comme une mamelle nourricière pour toute la sous-région. Cependant, le secteur rencontre encore des difficultés. Au rang de celles-ci, les obstacles techniques liés à la production qui condamnent la plupart des exploitants à une pratique rudimentaire.

Flavien Kouatcha, promoteur de Save our agriculture
© PHOTO. SAVE OUR AGRICULTURE
Pour y apporter un début de solution, Andolain Lomokem, ingénieur agricole à la tête d’un collectif d’ingénieurs, a créé en 2015  une start-up de technologie agricole spécialisée dans la production d’intrants. Elle se base sur «un puissant réseau de producteurs encadré par une équipe dynamique d’ingénieurs agronomes», confie son promoteur à Sputnik.Suivant son ambition de modernisation du monde agropastoral, la jeune pousse fabrique depuis février 2020 des drones destinés aux meilleures pratiques agricoles. À la tête de ce projet, Steve Kamte, 25 ans, ingénieur aéronautique, fait partie de la structure. L’utilisation de cette solution technologique, précise-t-il, «permet de résoudre plusieurs problèmes liés au traitement phytosanitaire».

«Nous faisons par exemple des cartographies et un examen préalable (avec des capteurs) sur la plantation. Ceci nous permet de détecter des parcelles à problèmes et d’apporter aux plantes le traitement dont elles ont besoin au moment opportun et la bonne dose de produit, rendant ainsi plus efficace la lutte contre les maladies et les parasites», souligne l’ingénieur contacté par Sputnik.

Ingénieur agronome et homme politique, Bernard Njonga est un ardent défenseur du monde agropastoral.
© PHOTO. BERNARD NJONGA
En plus de faciliter l’implémentation des techniques de traitement phytosanitaire, les drones, «qui peuvent voler jusqu’à 30 mètres pour le traitement des arbres», permettent également d’optimiser les dépenses en eau et de réduire les délais d’arrosage pour des rendements plus importants.

«On utilise 18 à 25 litres d’eau par hectare avec le drone, contre 375 à 600 litres avec les moyens traditionnels, un atout pour les zones plus sèches. Un hectare de plantation est traité en 1 heure maximum, contre plusieurs heures habituellement», détaille-t-il.

Faciliter la vie aux agriculteurs locaux

Si ces drones, qui suscitent déjà beaucoup d’espoir dans le monde agricole, ont pu être conçus, c’est dans la petite enfance de Steve Kamte qu’il faut aller chercher l’élément déclencheur. Tout jeune, l’entrepreneur avait l’habitude d’accompagner son oncle dans les champs à Bameka, un village situé dans la région Ouest du Cameroun. De là est née une passion pour l’agriculture qui a débouché sur cette innovation.

«Notre oncle était producteur de tomates. Nous aidions au traitement de son exploitation, au transport de l’eau. C’était un travail pénible et les rendements n’étaient pas toujours au rendez-vous. Depuis ce temps, j’ai cherché une solution efficace et surtout accessible à toutes les exploitations qui se trouvaient dans les mêmes conditions que mon oncle pour leur permettre de limiter l’effort physique intense tout en optimisant les rendements», se réjouit-il.

Rhamane Bidima parmi ses cultures.
© PHOTO. RHAMANE BIDIMA / RHAMANE BIDIMA PARMI SES CULTURES.

Étant encore au stade d’introduction de cette innovation, le jeune ingénieur doit surmonter les écueils que sont la formation du personnel –pour faire face à la demande croissante– et l’accès au financement –pour développer l’activité.À moyen et à long terme, la start-up veut installer ses agences dans les principaux bassins de production et nouer des partenariats public/privé afin de faciliter la vulgarisation de cette technologie. Malgré les retards accusés dans la modernisation de l’agriculture au Cameroun, le secteur reste un pilier de l’économie et emploie plus de 60% de la population active.  L’initiative de Steve Kamte apparaît comme une bouffée d’oxygène pour une agriculture qui a besoin d’une cure de modernisation pour atteindre son plein potentiel.

Avec sputniknews.com

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