Bientôt, les opérateurs ne seront plus les seuls à commercialiser leurs infrastructures de télécommunication au Sénégal. L’Agence de l’informatique de l’Etat a décidé « d’entrer en compétition » avec ces derniers par la commercialisation de  la surcapacité de ses infrastructures.

 C’est ce qu’a révélé Arouna Diallo, Manager des Opérations de la DRTS au sein de l’ADIE lors d’un webinaire organisé par notre confrère Ousmane Gueye. 

 Selon monsieur Diallo, l’Agence gouvernementale est en train de mener des activités  conduisant à une ouverture vers les autres acteurs pour le partage et la mutualisation de l’infrastructure. Plusieurs projets sont en cours pour pousser les acteurs à travailler ensemble.

Mieux, informe Arouna “ au-delà de la question de partage et de mutualisation, il y a une question opérationnelle qui se pose et l’infrastructure est souvent  victime d’incident. C’est la raison pour laquelle , il fallait trouver une solution en regroupant les acteurs pour pérenniser l’infrastructure.”

Un partenaire pour commercialiser les surcapacités de l’ADIE

La mise en place de cette proposition a toujours posé un  grand débat entre les acteurs constituant un blocage au niveau des prérogatives. 

« Mais, pour le partage des infrastructures, la loi permet à l’ADIE de commercialiser ses surcapacités » persiste -t – il.

Le DG de l’ADIE visite la Salle Multimedia de Pikine installée à la Mairie pour les besoins du Conseil des ministres

Nous allons commencer à mettre à disposition des acteurs nos surcapacités pour développer le secteur.  Pour les satisfaire , nous sommes à la  recherche d’un partenaire pour l’exploitation et la commercialisation  de nos surcapacités d’infrastructures ” dit-il tout en précisant que c’est le principe qui doit les guider pour arriver à leurs objectifs.

Il faut une analyse approfondie

L’optimisation de l’infrastructure numérique est une bonne chose pour le secteur. Mais, parler d’une commercialisation exige une concertation. C’est ce que pense Samba Koita, Directeur Technique de Free Sénégal.

Selon l’expert, « si nous prenons, par exemple, la fibre optique de l’ADIE , il est important de passer à une autre étape tout en regardant comment la commercialiser. Parce que, la fibre est sous utilisée dans un premier temps et dans un second temps, parce qu’elle atteint des localités qui ne sont pas couvertes par les opérateurs… Mais, la question est, comment le faire. Cependant, nous sommes persuadés que cette proposition doit être la meilleure approche. Il faudrait avoir un privé qui a un certain nombre d’obligations sur la question de qualité… avec un cahier de charges bien précis pour vendre ses surcapacités. Nous sommes dans l’attente pour savoir qu’est devenu l’appel d’offres qui a été fait dans ce sens.« 

Pour Achime Ndiaye, l’infrastructure de souveraineté est une bonne chose pour le Sénégal, la formule n’est pas mauvaise, tout dépend de l’approche .

Il faudrait une analyse approfondie, une très bonne organisation pour espérer vendre les surcapacités. Aujourd’hui, la capacité excédentaire de l’ADIE est éligible mais il faudrait que les dispositions ne gênent pas l’environnement du Doing Business. On est régie par des lois, un code de télécommunications , c’est pourquoi il ne faut pas décourager l’investissement par des mesures qui pourront rendre moins attractif la destination Sénégal. », précise le Directeur des TIC au Ministère de l’Economie Numérique.

Y a t-il un régulateur ?

Mettre en place une société privée pour gérer la commercialisation de la surcapacité des infrastructure de l’ADIE va demander l’implication de beaucoup d’acteurs notamment le Régulateur.

Même si l’ environnement juridique est favorable dans ce débat, ce n’est pas le rôle de l’ARTP de fixer les tarifs parce que l’opérateur d’infrastructures intervient dans le marché de gros.

Cependant, rassure Kalidou Gaye, le régulateur a tous les moyens pour faire son travail correctement si le besoin se présente. D’ailleurs, informe Monsieur Gaye  » l’ARTP a reçu des demandes d’opérateurs d’infrastructures qui sont en train d’être construits« .

Reste maintenant à savoir comment une telle proposition aura des résultats si l’on sait que plusieurs questions n’ont pas encore trouvé des réponses notamment dans la tarification, la concurrence…..

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