L’Institut Panafricain des Sciences Mathématiques (AIMS) a donné le coup d’envoi, le 8 décembre 2020, de la toute première édition virtuelle du Next Einstein Forum Global Gathering (NEF-GG) – rencontre internationale du Forum du prochain Einstein -, qui est le plus grand rassemblement scientifique d’Afrique actuellement.

Organisé dans le contexte de la pandémie de COVID-19 et placé sous le thème « Renforcer la résilience de l’Afrique à travers l’éducation, la recherche et l’innovation » , l’événement de cette année, du 8 au 10 décembre 2020, et qui s’est tenue via la plateforme de visioconférence Airmeet.
« Nous sommes ravis d’accueillir la rencontre mondiale du Next Einstein Forum pour la troisième fois, suite à la deuxième édition qui a été organisée en 2018 à Kigali, au Rwanda, et à la première édition qui a été organisée en 2016 à Dakar, au Sénégal. Nous nous apprêtions à accueillir le NEF-GG 2020 à Nairobi, au Kenya, en mars dernier, mais l’événement a été reporté en raison de la pandémie de la COVID-19, ce qui nous a conduit à réajuster nos plans », a déclaré Lydie Hakizimana, PDG d’AIMS.

« Toutefois, conscients de l’envergure du NEF-GG, le plus grand rassemblement scientifique d’Afrique, nous ne pouvions pas laisser cette année s’achever sans convoquer cette assemblée biennale de grands noms de la science, de la technologie, de l’industrie, de la société civile, de la politique et de tant d’autres domaines qui ont des répercussions directes et indirectes sur notre vie quotidienne. Il y a beaucoup de jeunes aux quatre coins de notre continent et ailleurs, qui n’ont peut-être pas pu assister aux éditions précédentes, mais qui seront à l’écoute cette fois-ci ; ne serait-ce que pour cela, tous nos efforts valent la peine.

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Cette édition virtuelle est placée sous le thème « Renforcer la résilience de l’Afrique à travers l’éducation, la recherche et l’innovation ». Au vu de tous les événements que le monde traverse en ce moment, je n’aurais pas pu imaginer un thème plus approprié. La résilience et la transformation de l’Afrique ne sont pas mises en question et doivent continuer à être notre priorité commune. Si vous voulez voir ce qu’est une véritable mise à l’épreuve, regardez comment le continent s’en est sorti face à la pandémie de la COVID-19 ; regardez combien de pays repensent et redéfinissent leurs institutions universitaires et leurs lieux de travail en général. Si l’année 2020 nous a appris quelque chose, c’est que ceux qui réussissent sont ceux qui sont prêts à faire face au changement.

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Et la force du changement se présente sous des formes différentes : créer, modéliser, tester, expérimenter, essayer, jusqu’à ce que l’on trouve quelque chose qui fonctionne – par le biais de l’Afrique et pour l’Afrique », a-t-elle déclaré dans ses observations préliminaires. Dans son discours d’ouverture, le Ministre de la Santé du Rwanda, l’Honorable Daniel Ngamije, a donné le ton de l’événement, en soulignant la collaboration entre l’Institut Panafricain des Sciences Mathématiques et le Gouvernement du Rwanda, en particulier dans la lutte contre la COVID-19 : « La nation que nous sommes a hâte de voir une nouvelle génération de jeunes Rwandais et de scientifiques africains brillants travailler pour le progrès de leur continent.

Le Rwanda investit considérablement dans l’éducation de ses jeunes et les encourage à poursuivre des carrières qualifiées dans les domaines de la science et de l’innovation afin de créer des emplois et d’améliorer le niveau de vie. Le Rwanda se réjouit de son partenariat avec AIMS. Le Ministère de la Santé du Rwanda a travaillé en étroite collaboration avec des scientifiques, notamment le Professeur Wilfred Ndifon d’AIMS et le Professeur Leon Mutesa de l’Université du Rwanda, dans le but de lancer de nouvelles méthodes de dépistage des infections à la COVID-19, qui ont été récemment publiées dans une revue internationale ».

Le Ministère de la Santé a collaboré étroitement avec les scientifiques et les chercheurs d’AIMS, avec le groupe de travail conjoint dédié à la COVID-19 du Rwanda et l’Université du Rwanda, qui ont récemment publié un article dans Nature Magazine intitulé « A pooled testing strategy for identifying SARS-CoV-2 at low prevalence », qui présente une méthode efficace et économique pour optimiser le dépistage du SARS-CoV-2. Trois prix Nobel et un lauréat de la médaille Field se sont joints à une conversation animée par le Fondateur et Président du Conseil d’Administration d’AIMS, le Professeur Neil Turok, lors de la première séance plénière de l’événement, où ils ont débattu du thème « Trouver le prochain Einstein, préparer l’Afrique à devenir leader dans la découverte scientifique ».

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Cette session a eu lieu de 14 h 45 à 15 h 45 (heure d’Afrique centrale) et s’est composée d’interventions en direct et préenregistrées. La session NEF Fellows Spotlight (présentation des boursiers du NEF) a été également l’occasion de mettre en avant la promotion 2019-2021 et la façon dont ces boursiers utilisent la science pour avoir un impact sur leurs communautés.

En mettant l’accent sur les groupes vulnérables tels que les jeunes et les femmes, la deuxième session de la journée a examiné les conséquences de la COVID-19. Elle a été vouée à permettre l’élaboration de mesures de réponse nuancées qui tiennent compte des inégalités existantes. Parmi les intervenants, citons Dr Herine Otieno-Menya, Directrice du programme de formation des enseignants d’AIMS (AIMS-TTP); Foster Ofosu, spécialiste du développement des connaissances, de l’innovation et des capacités, AfDB, et Eunice Baguma Ball, Fondatrice de l’Africa Technology Business Network (ATBN). Parallèlement à cela, lors d’une réunion placée sous le thème « Lutte contre les épidémies : Prévenir les chocs futurs – Se concentrer sur le virus Ebola et la COVID-19 », de grandes voix mondiales mettront en lumière la nécessité d’interventions sanitaires coordonnées en complément des stratégies africaines de prévention des futures épidémies.

Cette session a été dirigée par Dr Sara Suliman, NEF Fellow, avec des interventions du Dr Francisco J. Marmolejo Cossío, chercheur en développement de carrière en informatique, de l’Université d’Oxford ; Professeur Jeanine Condo, Professeur associée de santé publique à l’Université du Rwanda et Robert deGraft Kwame Agyarko, conseiller principal des épidémies et flambées (O&E selon l’anglais), d’African Risk Capacity (ARC).

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La science a joué un rôle majeur pour informer la société des politiques de réponse à la COVID-19 et pour assurer la mise en œuvre réussie des politiques conçues et l’orientation à prendre pour la sortie de crise. C’est pourquoi le prochain groupe d’experts appréhendera le rôle de la science dans l’orientation de la sortie de crise, en particulier dans le cas de la COVID-19. Parmi les intervenants figuraient la Professeure Agnes Binagwaho, Vice Chancelier de l’University of Global Health Equity, Dr Tolullah Oni, Co-directrice de Global Diet and Activity Research Gro, unité d’épidémiologie du MRC (Medical Research Council), Université de Cambridge, ainsi que Dr Zaheer Allam, associé de recherche à l’Université Deakin, Australie.

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Enfin, les experts du groupe dédié au « Leadership pendant la COVID-19 : bonnes pratiques et recommandations pour des politiques futuristes » ont partagé leurs expériences, les bonnes pratiques et les leçons apprises de la gestion de la COVID-19 dans leurs environnements respectifs, en particulier en Afrique. Ce groupe d’experts comprenait le Professeur Mama Foupouagnigni, Directeur Académique chez AIMS, et Mme Aurelia Calabro, représentante de l’ONUDI, Éthiopie, Organisation des Nations unies pour le développement industriel. Les rencontres mondiales biennales du NEF sont l’événement phare du NEF.

Loin d’être un forum scientifique ordinaire, les rassemblements internationaux du NEF placent la science au centre des efforts mondiaux de développement. En présence de scientifiques (lauréats du prix Nobel et du Fields Medal), de dirigeants politiques et industriels, de la société civile et des médias, et en mettant l’accent sur les jeunes et les femmes, les voix des leaders scientifiques mondiaux ont la possibilité de se faire entendre et d’avoir un impact majeur sur l’avenir scientifique de l’Afrique.

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